bonsoir, actuellement la région française la plus pres du "nouveau monde" ressent les effets de la "crise" médicale, les delais s'allongent (l'optimisme de mon compatriote erwan est sans doute "nostalgique") sur le centre hospitalier ou j'exerce (45000 passages/an) l'attente en secteur médecine frise les 5-6 heures le soir, avant prise en charge et il est "regulier" actuellement de "civièriser" les patients pour la nuit et de débuter la journée avec de 5 à 10 "civières" présentes (la duree de séjour à l'urgence avoisine alors les 24 h ....) le niveau de "remplissage" de CH est de 3 régulièrement depuis plusieurs mois avec 2 passages en plan blanc depuis le début de l'années . heureusement les fameuses civières "hill-roy" (présentées déjà sur la liste ) ont traversées la "grande mare" et nous permettent de dire à la famille qu'elles ont été conçues pour un séjour> 24 h....
et pour être tout à fait franc, je me sert assez régulièrement de la comparaison avec les urgences de chez vous pour montrer à nos patients qu'ils ne sont pas si mal lotis... je sais c'est une piètre excuse mais à défaut amitiés kénavo loic picault ch quimper > Message du 23/04/09 17:56 > De : [email protected] > A : [email protected] > Copie à : > Objet : URG-L: RE URG-L: Perceptions, réalités, privé, public... > > > Malgré la distance et l'Atlantique qui sépare la France du Québec, > > Malgré les différences de systèmes de santé et le fait que les durées de > prise en charge globale entrée-sortie sont, au moins en Bretagne ma région > d'origine, inférieures à 4 heures, tout niveau de gravité confondu, > > La perception qu'ont "Madame et Monsieur (presque) Tout le monde" et surtout > les politiques français (Bachelot et Sarkozy en première ligne) de la > différence "Privé-Public" est la même! > > C'est forcement mieux dans un lieu plus beau, plus propre, moins encombré... > et qui fait payer plus cher... et qui ne "prend pas le vieux et les très mal > portants" > C'est donc forcement l'exemple à suivre... > > C'est donc pour cela qu'il faut détruire le système de santé public français > actuel en l'alignant sur le fonctionnement du privé! > > Rendez vous dans dix ans! Peut-être aurons nous alors réussi à rattraper le > Québec en terme de problèmes dans la prise en charge des patients aux > Urgences? > > Dr Erwan L'Her, MD, PhD > Intensiviste et Urgentologue > Professeur au Dép. Médecine Familiale et Médecine d'Urgence > et titulaire de la Chaire de recherche en médecine d'urgence > Université Laval/CHAU Hôtel-Dieu de Lévis > > > > > "Alain Vadeboncoeur" > 2009-04-22 09:25 Veuillez répondre à > [email protected] > [email protected] cc ObjetURG-L: Perceptions, réalités, privé, public... > > > > > > > Julie écrivait: > > "En ce qui concerne les Médisys et Md Rockland, ce ne sont pas juste les > ministres et CEO qui les fréquentent. J’ai 2 ex-collègues qui ont chacun > ouvert leur clinique privé dans les Laurentides et qui sont désaffiliés de > la RAMQ et qui voient monsieur et madame tout-le-monde dans leur clinique où > ils doivent débourser. Et lorsqu’ils ne réussissent pas à les investiguer > et/ou traiter dans leur clinique, ils les envoient à l’urgence (bien sûr!) > et je peux vous assurer que c’est pas des CEO et des ministres. > > On est rendu à un point où les gens qui travaillent, les gens qui ont autre > chose à faire que d’attendre se payent des services privés avec rendez-vous > rapide plutôt qu’aller attendre à l’urgence pendant 12-15-20 heures (les > temps d’attente chez nous). > > Alors arrêtez de penser que ces cliniques sont justes pour les ‘grands’ de > ce monde, bien des gens ‘ordinaires’ se payent ces services, depuis > longtemps et de plus en plus." > > Puisque le débat lève... Julie écrit deux ou trois choses très importantes > et à mon avis, je m'excuse Julie, questionnables. > > D'une part, la seule et unique raison qu'il y a moins d'attente dans ces > cliniques privées, que l'on parle de rendez-vous, de SRV ou d'imagerie, > c'est simplement parce qu'il y a peu de volume, ce qui donne l'illusion de > l'efficacité. De ce que je comprends des cliniques RV de type Rockland MD, > c'est qu'ils prennent "X" minutes (disons 15-20) avec un patient, peu > importe, à un coût "Y". Comme il y a encore peu de monde qui les fréquente, > les gens ont "miraculeusement" un RV le lendemain, ou autre. > > Évidemment, c'est une illusion: s'il le volume était là, il y aurait autant > d'attente que dans le système public, il n'y a aucune raison qu'il en soit > autrement, les MD ne vont pas plus vite dans le privé (comme ils chargent > davantage, c'est probablement plutôt le contraire), les SCAN ne prennent pas > d'images plus rapidement, les infirmières ne font pas des prises de sang > plus vite. C'est uniquement une question d'offre et de demande, si on aime > parler "marché" et l'offre, aussi marginale soit-elle, dépasse la demande, > si on veut reprendre des termes du "marché". Or, l'offre est essentiellement > une offre médicale déterminée non pas par le contexte mais bien le nombre de > MD et leur "productivité". > > La question qu'on peut se poser est aussi: pourquoi si peu de gens utilisent > ces cliniques? Tout simplement parce que la vaste majorité des gens, > nonobstant ce qu'on dit, n'ont pas les moyens de se les payer. "Monsieur et > madame tout le monde" ne formeront JAMAIS la majorité des gens payant pour > consulter, parce que consulter un MD, cela coûte très cher et qu'une bonne > partie de la population ne peut se l'offrir. Il n'y a qu'à regarder aux USA: > 45 000 000 de personnes n'ont ni couverture publique ni assurance privée ni > les moyens ne se payer une assurance privée. > > Donc ces perceptions reposent sur une double illusion d'optique et > conduisent à conclure que "le privé est efficace" et "tout le monde utilise > ses services". Deux faussetés. > > Le privé en santé n'est PAS plus efficace, en fait, la littérature sur le > sujet montre plutôt le contraire, en plus de couter généralement plus cher > et d'être plus contraignant pour les médecins. > > Les gens ordinaires n'auront PAS les moyens de payer pour utiliser les > services de santé courante, c'est ce pourquoi un système de redistribution > social est essentiel pour avoir de bons indicateurs de santé, comme nous > avons d'ailleurs. > > Ce dernier point implique que, oui, l'établissement la médecine privée > parallèle conduit à un problème fondamental d'iniquité d'accès, justement > parce que la majorité de la population n'a PAS les moyens d'accéder, et que > cet accès est dès lors réservé à ceux qui peuvent sortir la centaine de $ > requis pour un simple RV de routine. Ici, c'est une question éthique de > jugement de valeur. Notre société a fait des choix d'équité en santé il y a > 40 ans. > > Tu mentionnes ensuite quelque chose de très intéressant, qui pourrait passer > inaperçu: lorsque "qu'ils" ne réussissent pas à les traiter/investiguer dans > leur clinique, "ils" les envoient à l'urgence. En fait, l'analyse est > beaucoup plus simple: tout ce qui est lourd, complexe, âgé, psychiatrique, > cancéreux, etc, bref, tout ce qui n'est pas de la médecine clean, rapide, se > retrouvera inévitablement dans le public, pour trois raisons évidentes: > d'une part, le système de santé public DOIT continuer d'exister, peu importe > les conditions dans lesquelles il réalise ses objectifs, d'autre part, seul > le système de santé public disposera des moyens LOURDS pour traiter les cas > complexes et à long terme, mais enfin et surtout, parce que le privé ne peut > exister que si une marge de profit peut être dégagée. Or, la littérature > médicale montre bien que, justement, les graves problèmes de santé ne sont > ni rentables ni rentabilisables. Et ces maladies chroniques sont justement > celles qui sont le plus négligées lorsqu'un personne n'a pas accès aux > soins. > > Qu'est-ce qui est "rentable" en santé? Les pathologies simples chez les gens > plutôt en bonne santé, qui n'ont pas besoin de suivi à long terme et qui > compliquent peu, et qui généralement comportent un geste technique. Facile à > trouver: ce qui marche généralement bien dans un hôpital, c'est la chirurgie > d'un jour, par exemple, les petits cas qui prennent quelques heures et qui > compliquent peu, ou les gestes techniques en série: imagerie, scopies, etc. > > Or, c'est justement le "modèle d'affaires" sur le quel tablent les > cliniques comme Rockland MD: prendre ce qui va généralement le mieux dans > les hôpitaux et en faire une spécialité: chirurgie d'un jour, gestes > répétitifs, etc. Bien sûr que c'est rentable: prévisible, chez des gens > aptes à se déplacer, pas trop vieux, pas trop malades. C'est d'autant plus > rentable si on charge un montant correspondant à une chirurgie moyenne mais > qu'on choisit des chirurgies sous la moyenne des coûts. Cela, n'importe qui > serait capable de le faire de façon "rentable", d'ailleurs l'hôpital le fait > déjà, on l'a vu avec les cliniques d'ophtalmo, où les coûts étaient de 20% à > 100% plus élevés que dans le public. Pour de l'ophtalmo (je ne parle pas de > chirurgie du cancer du colon chez les diabétiques, mais bien de l'ophtalmo). > > > Qui plus est, ces services privés ont avec eux une garantie contre le gros > risque: si le patient complique vraiment (je ne parle pas de la petite > déhiscence mais bien de l'embolie pulmonaire massive), où vous pensez qu'il > ira se faire soigner? La réponse est évidente. Or, une bonne partie du > risque "financier" découle des soins intensifs et de longue durée qui seront > associés aux complications, un autre "risque" qu'évidemment, puisque c'est > son rôle, le réseau public va assumer. Ainsi, en se réservant la part > congrue des soins plutôt techniques et prévisibles et en évacuant la notion > de risque, bien entendu, le privé "va fonctionner" et "même être rentable", > mais c'est une évidence que n'importe qui y arriverait avec ces paramètres > de base! > > Alors non, je regrette, les soins privés ne sont et ne seront jamais pour > "monsieur et madame tout le monde", services privés qui ne donnent > actuellement que l'illusion de la performance et qui ne peuvent tabler que > sur une portion congrue et sans risque des soins pour s'étendre. On pourrait > dire que nous sommes victimes d’une illusion d’optique, mais il serait plus > juste de dire que nous sommes manipulés par des gens qui ont un intérêt à > voir émerger cette « opportunité d’affaires ». > > > Alain Vadeboncoeur > > --- URG-L > Pour quitter URG-L, envoyez un message a la liste ([email protected]) > avec, COMME SUJET, le mot REMOVE (rien d'autre). > > > > >
