Elle est tr�s bien tourn�e,en effet,cette lettre.

J'avais moi aussi 12 ans en 1972 (ou plut�t 13...mais bon,on insiste pas)et
me semble avoir aussi suivi ce cours de g�ographie sur la pyramide
invers�e.M�me qu'� l'�poque on nous comparait � la Su�de...Et mon prof de
g�o avait tir� les m�mes conclusions.

Pas trop difficile,comme question d'examen.

C.


----- Message d'origine -----
De : "Alain Vadeboncoeur" <[EMAIL PROTECTED]>
� : "URG-L Mailing List" <[EMAIL PROTECTED]>
Envoy� : 17 janvier, 2002 23:57
Objet : URG-L: Fw: Lettre


> Voici une lettre fort bien du Coll�gue Rivard parue dans La Presse hier ou
> avant-hier.
> Alain Vadeboncoeur
> ----- Original Message -----
> From: "Claude Rivard" <[EMAIL PROTECTED]>
> To: "Alain Vadeboncoeur" <[EMAIL PROTECTED]>
> Sent: Thursday, January 17, 2002 11:52 PM
> Subject: Re: Lettre
>
>
>
> Nous sommes en 1972, j'ai 12 ans et je suis assis dans mon cours de
> g�ographie.  Mon professeur en avant nous montre notre premi�re
> courbe d�mographique et nous explique que nous sommes des der-
> niers enfants du "baby-boom".  Il nous  explique aussi que nous ris-
> quons d'avoir des probl�mes plus tard car nous allons nous retrouver
> avec une pyramide invers�e.  La majeure partie de la population sera
> plus �g�e, aura besoin de soins et il n'y aura pas beaucoup de travail-
> leurs pour s'occuper de ces personnes.  La tour risque de s'�crouler
> parce que la masse principale ne sera support�e que par une une petite
> base....
>
> Nous sommes en 2002, j'ai 42 ans et je suis m�decin d'urgence.  Il
> semble que nos "d�cideurs" n'aient pas suivi le m�me cours de g�ographie
> que moi ou encore qu'ils �taient des cancres et ont coul� ce cours.
>
> Je travaille dans une urgence qui est remplie � 200% depuis plus d'un an.
> Cette semaine, l'administration de l'h�pital o� je travaille a demand� �
la
> population de s'adresser � d'autres ressources du "r�seau" de la sant�
> parce que nous ne pouvions plus suffire � la demande de soins.  L'h�pital
> est occup� � plus de 104%, nos 350 lits sont tous ouverts et nos
infirmi�res
> sont us�es � la corde.
>
> Deux jours apr�s cette demande, l'urgence �tablit un record de patients
> couch�s, plus de 80 patients attendent sur des civi�res dans les corridors
> et la majorit� d'entre eux attendaient...un lit aux �tages.  Notre h�pital
a
> plus de 50 patients en attente de soins de longue dur�e dans des lits de
> soins aigus et autant de patients sont actuellement plac�s dans des res-
> sources priv�s,  � nos frais, aussi en attente de soins de longue dur�e.
>
> Aux nouvelles cette semaine, les h�pitaux de la m�tropole rapportaient la
> m�me situation, de 60 � 100 patients chroniques sont dans des lits de
soins
> aigus et attendent une place dans une centre de soins de longue dur�e.
> Ces lits de soins aigus bloqu�s expliquent pourquoi le "probl�me des
> urgences" est ailleurs, c'est un probl�me d'h�pital, un probl�me de
> r�seau...
>
> Si on nous donnait, demain, un centre de soins de longue dur�e de 200
lits,
> les deux h�pitaux de Longueuil le remplirait en une journ�e.  Malheureuse-
> ment, comme les infirmi�res font d�j� des 12 et des 16 heures pour com-
> penser le d�ficit de personnel soignant, nous n'aurions pas le personnel
> n�cessaire pour s'occuper des patients de soins de longue dur�e.
>
> Loin de moi l'id�e de me d�filer de mes responsabilit�s, nous devons avoir
> une approche de gestion plus "imaginative" et centr�e sur les besoins des
> usagers (pas malades, usagers....).
>
> Je suis d'accord avec vous lorsque vous dites que notre choix de soci�t�
de
> vouloir tout gu�rir et gu�rir vite nous am�ne une augmentation des co�ts
de
> soins de sant�.
>
> Je suis d'accord avec vous lorsque vous dites que nous avons un manque
> d'argent et que nous devrons trouver des solutions � ce probl�me.
>
> Mais il faut comprendre qu'une solution nous est d�j� appliqu�e de force.
> Le manque d'argent nous a amen� r�cemment � faire des choix qui ont un
> impact direct sur la qualit� des soins qui sont donn�s � la population.
Les
> bureaucrates qui ont "pens�" � fermer des h�pitaux et � mettre pr�coce-
> ment � la retraite un groupe d'infirmi�res qualifi�es (et, en
r�trospective,
> n�cessaires � la prestation des soins) n'ont de toute �vidence pas eu le
> m�me cours de g�ographie que moi.
>
> Malgr� les probl�mes que ces bureaucrates nous on amen�s, ceux-ci ont
> �t� tr�s probablement chaudement f�licit�s et r�compens�s car leurs pro-
> grammes de "rationalisation des soins" a fait �conomiser des millions �
> l'�tat. Nous vivons actuellement avec les cons�quences de ces choix et
> elles sont extr�mement inqui�tantes, une visite dans n'importe laquelle
> des urgences de la m�tropole vous en convaincra...
>
> Oubliez le scanner dernier mod�le ou encore la pilule miracle � $2.00 le
> comprim�.  On cherche le pr�pos� pour amener le patient � ce scanner ou
> l'infirmi�re pour donner ce comprim�!  La qualit� des soins est
actuellement
> compromise � cause du mode de gestion "� la petite semaine" que nous
> subissons.
>
> Selon vous, "L'�tat doit disposer d'un outil d'une haute expertise et
d'une
> grande cr�dibilit� qui choisira de mani�re publique, rationnelle et
raison-
> n�e, quels services et quels m�dicaments il doit payer".  Selon moi, m�me
> si l'�tat avait un tel outil, il ne pourrait appliquer ses recommandations
> car elles seraient trop co�teuses politiquement, nous allons rester dans
> la gestion des "crises" car c'est la seule qui est rentable politiquement
et
> � court terme.
>
> En attendant, il faudrait qu'un actuaire calcule tr�s s�rieusement combien
> nous co�te r�ellement les heures suppl�mentaires du personnel soignant
> et ajoute � ce montant combien nous co�te les prestations pour arr�t de
> travail prolong� (qui suivent invariablement apr�s).  Est-ce que nous
> avons sauv� tant d'argent que �a???
>
> Pour 2002, je vous souhaite de jamais n'avoir � me voir.
>
> Sant�!
>
> Claude Rivard, md
> Urgence CH Pierre-Boucher.
> Longueuil, Qc
>

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