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Je vous fais part (mots pour mots) de ce que pense mon fils Ludovic du fonctionnement actuel de la classe de Philippe :
- C'est bien parce qu'on sait qu'on pourra demander quelque chose au ma�tre pendant la r�union de notre groupe,
- maintenant pendant la r�union de groupe, le ma�tre pose des questions dures.
Isabelle MONTAGNIER
-------Message original-------
Date : 05/01/05 18:45:31
Sujet : [3type] Tentavives de descriptions de la classe de Philippe Ruelen
De retour dans la classe de Philippe jeudi et vendredi dernier, je vous propose une nouvelle tentative de description. Tout d'abord, il me semble important de souligner les �l�ments qui ont chang�s depuis ma visite de f�vrier:
- �l�ments personnels : la premi�re visite a �t� pour moi une surprise. Je n'imaginais pas qu'une classe pouvait fonctionner de la sorte. Certes, j'avais eu des �chos mais � vivre et a voir fonctionner c'est vraiment surprenant. Donc jeudi quand je suis arriv� chez Philippe, je savais � quoi m'attendre.
De plus depuis trois mois, je m'interroge beaucoup sur le 3type et notamment sur la classe de Philippe. J'ai ainsi, je pense pas mal avanc� sur ma repr�sentation de la classe.
- les changements dans la classe de Philippe:
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les groupes de besoin et l'organisation de la journ�e : les �l�ves sont r�partis dans quatre groupes. Chaque groupe passe en g�n�ral une heure avec Philippe. Par exemple, de 8h45 � 9h45 groupe des sportifs, 10h30 � 11h30 groupe des dragons, idem l'apr�s-midi avec les autres groupes. L'organisation de ce moment me semble tr�s important. En effet, Philippe leur demande si ils ont besoin d'aide sur un sujet particulier. Les �l�ves se mettent alors d'accord sur la notion qui va �tre abord�e. Ce moment me semble fondamental pour plusieurs raisons:
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Philippe se place beaucoup mieux dans sa classe. En effet, il "s'occupe" d'un groupe dans un lieu identifi�. Il ne se d�place donc plus dans la classe. Il ne "perturbe" donc plus les �changes entre �l�ves. Les �l�ves ne peuvent donc plus se tourner vers lui pendant le travail en autonomie et coop�rent donc plus entre eux. Il ne reproduit plus malgr� lui "l'image du ma�tre qui se d�place dans la classe pour surveiller de son oeil inquisiteur" (Philippe n'est pas comme cela mais l'image que nous v�hiculons est tr�s pr�gnante). Dans une classe comme celle de Philippe on ne sait pas forc�ment o� se mettre car les �l�ves sont tous en activit� sur des taches diff�rentes et en tant qu'observateur on n'est pas tr�s bien parce que les �l�ves n'ont pas besoin de vous (j'y reviendrais plus tard). Bref avec ces petits groupes de besoin, Philippe sait o� il doit �tre dans sa classe, les �l�ves aussi. L'environnement spatial est stabilis� et apporte de la "s�r�nit�" au groupe.
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"La r�union schtroumf�e": cette r�union se d�roule en fin de semaine. Elle permet de revenir sur la semaine (comment les �l�ves ont v�cu la semaine, qu'est ce qui n'a pas march�, pourquoi cela n'a pas march�, qu'est ce qu'il faudrait am�lior�). Ce moment permet au groupe classe de faire le bilan, de faire un "retour r�flexif collectif" sur la semaine. Au cours de cette r�union, on d�cide des innovations qui vont pouvoir �tre apport�es au fonctionnement de la classe (modifications du plan de travail, red�finition du r�le des copr�sidents pendant les r�unions, organisation du mobilier dans la classe...). Pendant cette r�union, Philippe est le pr�sident et se trouve dans le groupe avec les enfants contrairement aux autres r�unions o� il est en dehors du groupe comme je l'avais expliqu� dans ma pr�c�dente description. Le groupe classe est alors amen� � prendre de la distance par rapport � l'organisation de la classe. Cette "d�centration" ne peut �tre pour l'instant conduite par des �l�ves et n�cessite la pr�sence du ma�tre pour guider et faire avancer les d�bats. Avec cette instance Philippe ne peut donc plus faire de modifications sans en informer auparavant la classe au cours de la r�union hebdomadaire schtroumph�e. Enfin les �l�ves vont pouvoir mettre le hol�. Il �tait tant.
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Activit�s tous ensemble: � la fin de chaque journ�e, les �l�ves choisissent une activit� qu'ils vont pouvoir r�aliser tous ensemble. Cette activit� dure 30 minutes et me semble �galement �tre judicieuse. En effet, ce moment permet de finir la journ�e "tous ensemble" et rien que pour cela c'est g�nial. Les �l�ves ont l'initiative de l'activit�, vendredi c'�tait musique pour le plaisir. Les �l�ves avaient envie de chanter ensemble rien que pour le plaisir tous ensemble. Comment mieux finir une journ�e... Ce moment f�d�re la classe, rapproche les �l�ves entre eux mais aussi avec Philippe.
Pendant ces deux jours j'ai aussi avanc� sur d'autres points. En effet, vendredi j'ai pu filmer la classe. Or j'ai constat� en filmant que "ma vision globale" de la classe �tait beaucoup plus nette. En effet en se focalisant sur deux ou trois �l�ves, on comprend beaucoup mieux le fonctionnement de la classe. On fixe notre attention et on n'est plus submerg� par "la petite ruche" en activit�.
En effet les d�placements des �l�ves sont nombreux et il est assez difficile pour l'observateur de "comprendre la classe". Or en filmant et en m'int�ressant simplement � trois �l�ves pendant 40 minutes, j'ai pu me rendre compte des nombreuses coop�rations et communications entre les �l�ves. J'ai �galement pu m'apercevoir que les �l�ves ne "zappaient" pas et restaient sur leur travail malgr� les sollicitations (Nad�ge est � l'atelier mesure, elle est sollicit�e par Anthony, elle va l'aider puis retourne � son atelier).
J'ai �galement remarqu� que les �l�ves proc�daient de deux mani�res dans l'utilisation de leur pense b�te. Certains s'en servent pour marquer le "travail" qu'ils ont a faire. D'autres l'utilisent pour se souvenir de ce qu'ils ont fait. Ces deux fa�ons d'utiliser le pense b�te me semble �tre pratiqu�es par tous les �l�ves.
J'ai �galement constat� que les �l�ves n'avaient pas besoin de Philippe pour apprendre. Ce constat, je l'ai vraiment fait en observant les �l�ves � travers la cam�ra. Ils travaillent tous de fa�on autonome en sollicitant l'aide des copains quand cela s'av�re n�cessaire. Ils travaillent par deux ou trois parfois pour r�diger une pi�ce de th��tre ou faire "des phrases qui riment" et au bout du compte ils travaillent tous. Impressionnant et tr�s d�stabilisant pour moi... Je suis peut-�tre en train de basculer du c�t� obscure...
Bref au bout des 40 minutes o� j'ai privil�gi� de filmer quasiment en continue, j'ai finalement pu me rendre compte que j'avais grosso modo vu tous les �l�ves devant la cam�ra du fait des multiples d�placements et coop�rations. Je me suis rendu compte que je d�rangeais plus les �l�ves qu'autre chose avec mes quelques questions sur l'utilisation du plan de travail et sur se qu'ils �taient en train de faire et pourquoi ils le faisaient pr�cis�ment maintenant:
"Je fais cette activit� parce que j'en ai envi."
Une nouvelle visite tr�s instructive donc qui nous a permis �galement avec Philippe d'entrevoir l'importance des rep�res spatiaux pour l'enfant. En effet dans la classe, l'environnement est bien ma�tris� par les �l�ves en revanche dans des lieux comme la biblioth�que de l'�cole, la salle de motricit�, o� la cour les comportements d'auto-organisation sont encore � construire. De plus nous nous sommes interroger sur l'activit� EPS. En effet, les �l�ves s'auto-organisent pour choisir l'activit� sportive, pour la mettre en place (mat�riels, �quipes...). Mais certains �l�ves ne voulant pas faire d'EPS ont demand� si il n'�tait pas possible de faire de travailler en classe (c'est le monde � l'envers le 3type). Philippe lors de la r�union schtroumf�e a alors rappel� qu'il n'avait pas le droit.
Je me pose alors la question suivante: "Comment permettre � tous les �l�ves de faire de l'EPS sans les contraindre dans une activit� choisie par me groupe (le groupe choisissant souvent les jeux collectifs) ?"
Je pense que la solution serait peut-�tre de mettre en place des activit�s dans d'autres domaines d'activit�s tels que la danse, le jonglage, les jeux d'opposition duel (lutte), jeux de raquette... En multipliant les possibilit�s d'activit�s, l'�l�ve trouve forc�ment quelque chose pour lui (comme pour l'art plastique Philippe).
Laurent Lan�on
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