Bonsoir à tous,
Bonsoir Philippe,

PR : on ne met pas la même chose derrière le mot projet. Il
semblerait que tu distingues 2 parties à savoir
le "spécifiquement scolaire" et le "non spécifiquement
scolaire".
Pour ma part, est projet ce qu'un enfant entreprend par lui-
même, que ce soit la fabrication d'un livre, l'envoi d'un
message, une peinture, la volonté de réussir un brevet, un
exposé, un exercice de numération, un problème ...
Scolaire ou non scolaire, je ne m'en préoccupe plus d'autant
plus que je me suis aperçu que la limite est floue voire même
n'existe pas. Pourquoi l'envoi d'un message ne serait pas
spécifiquement scolaire ? Et puis, quel est le sens
de "spécifiquement scolaire" par rapport au développement de
l'enfant ou du moins à ses progrès (y compris scolaires) ?

SC : quand je parle d´activités spécifiquement scolaires, je
m´intéresse au travail que doit fournir un enfant au regard de
ce qu´il a précédemment mobilisé et en fonction de ce qui lui
reste à acquérir avant de poursuivre son chemin scolaire. Dans
une classe unique, c´est surtout très fort pour des CM2, en
particulier pour des domaines cognitifs tels que la grammaire,
la littérature ou la géométrie.
Je l´explique autrement. En maths par exemple, les créations
et recherches maths conduisent les enfants à découvrir puis
maîtriser une foule de petites compétences qu´ils parviennent
de la sorte à combiner pour entrer dans l´essence des
mathématiques, c´est à dire résoudre des problèmes que l´on a
fait siens. Pourtant, cela ne suffit pas pour dire que notre
métier s´arrête là parce que tous les outils que ces enfants
doivent avoir rencontrés ne l´ont pas nécessairement été par
tous. En fin de parcours, quelques mois avant le collège (et
pas seulement les derniers, en tout cas pour des enfants comme
ceux que l´on accueille dans notre école), je pense qu´on leur
doit de les conduire à cette rencontre, quitte à ce que cela
se fasse de manière décontextualisée de tout projet.

PR : Mais, du coup, comment fais-tu pour que les enfants font
ce que tu appelles le travail spécifiquement scolaire ? La
simple acquisition de nouvelles ceintures est-elle un intérêt
suffisant pour TOUS les enfants ???

SC : C´est tout l´intérêt des approches différenciées en
enseignement. L´important est de permettre une multiplicité de
chemins par un enrichissement de la structure de classe. Les
ceintures ne sont d´aucune aide pour certains, pas plus que
les situations de communication pour d´autres ou mon
intervention pour un autre groupe. Par contre, la mise à
disposition de ces trois approches (et il y en a d´autres), va
convenir à bien plus d´enfants que la meilleure d´entre elles.
Apprendre n´est pas du ressort de l´enseignant mais plutôt de
l´enfant et puisqu´il y a un programme pré-défini (celui pour
lequel nous sommes payés en tant que fonctionnaires et celui
sur lequel on va attendre ces enfants ne serait-ce qu´au
collège), il faut bien guider les sollicitations.
Pour la plupart des classes, ces programmes existent et nous
ne pouvons les nier. Ce que nous envisageons plutôt c´est de
faire en sorte qu´ils ne soient pas au centre de la structure
de la classe mais que s´y trouve au contraire l´activité de
l´enfant guidée par la permission de s´engager dans des
projets qu´il a initiés.

Coopérativement

Sylvain



Sylvain CONNAC
Ecole coopérative Antoine BALARD
123, rue de Salamanque
34 080 MONTPELLIER
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