Emmanuelle, peux-tu dire quel texte ci-dessous te semble le plus clair ? ou du moins le moins "pas clair" ;-)
 
Philippe
 

1er texte

Les 3types et les 3nanas oeuvrent pour que les enfants apprennent à entreprendre par eux-mêmes, c'est à dire à gérer leurs activités et leurs apprentissages. Tous s’efforcent de mettre en place un environnement le plus stimulant possible, non pas dans le seul but d’instruire, mais également d’amener les enfants à produire une pensée personnelle.

Ils s’intéressent de près à la circulation et à la transformation de ce qui se passe dans la classe (réalisations, échanges) ; cette circulation engendrant les apprentissages. Pour arriver à cet objectif, les 3 types ont des cheminements différents. Chaque classe est le lieu de recherche de chacun. La liste de diffusion [email protected] permet des échanges entre pairs qui sont capitalisés sur le site http://3type.marelle.org

Au fil des évolutions, ils tendent à permettre aux enfants de s'engager par eux-mêmes dans des activités et à laisser le groupe réorganiser la classe ou l'école (emploi du temps, organisation des activités, affichage). Bien entendu, cela ne les empêchera pas de :

  • proposer au groupe des activités en argumentant et en exerçant leur influence, mais c’est le groupe qui décidera au final (ils garderont cependant un contrôle important si nécessaire dans le domaine du "vivre ensemble" et de la gestion des conflits)
  • imposer à un enfant à un moment donné une activité pour l'aider à franchir un cap.


2ème texte

Pour moi, le 3ème type, c’est un peu comme un voyage...

1) Déjà ce n’est pas l’éducation traditionnelle, le courant qui me semble encore majoritaire dans l’Education Nationale, à savoir la supériorité de l’adulte sur l’enfant, qui croit encore savoir mieux que personne ce qui est bon pour tous les enfants en même temps, qui s’imagine encore être le seul à l’origine de ce que l’enfant apprend et qui veut se dépêcher d’en faire un « adulte », que ça lui plaise ou non, parce que c’est le modèle à atteindre (« et parce que c'est comme ça et c'est tout ! et puis, c'est qui qui commande à la fin ??!!» )
L’enfance est vue comme un état sans trop d'intérêt, l'enfant comme un être vide qu'il faut «remplir» (c’est dégueulasse !). C’est le courant du colonialisme, de la «nationale éducation» ( Juluc Ferry notamment)

2) Ca aurait plus à voir avec l’Education Nouvelle, ce courant parti, peut être, de Platon et formulé avec Rousseau : l’enfance n’est pas une simple préparation à la vie adulte mais elle a une valeur en elle-même, positive. L’enfant est bourré de ressources, animé par un élan vital qu’il faut déjà commencer par entretenir. « L’enfance a des manières de penser, de sentir, qui lui sont propres ». Plus longtemps l’enfant sera enfant et meilleur il sera homme, femme, humain. L’adulte n’est plus LE modèle à atteindre (ouf ! ça devenait difficile, certains adultes ne donnant pas vraiment envie de grandir) et la hiérarchie, la domination ou la compétition n’ont plus de sens. L’Education Nouvelle est un courant international (Dewey, Decroly, Montessori, De Failly, Freinet, Korczak, Claparède, Cousinet, Oury, Ferrer, Deligny, etc.)

3) Le 3ème type en serait le prolongement. On quitterait la planète cette fois, tel Spielberg !
Les chercheurs du 3ème type sont les praticiens, ceux qui sont avec les enfants et non de soi-disant experts bien au chaud dans des bureaux climatisés. « Parler de taureaux n’est pas la même chose que d’être dans l’arène » (proverbe espagnol). Ce sont aussi tous ceux qui sont intéressés (étudiants, parents, élus...) par cette voie.
Les enfants passent devant, deviennent véritablement « au centre », le gavage n’existe plus et c’est la Vie toute entière et la société dont sont déjà membres les enfants qui éduquent. «Pourquoi demander de boire aux animaux qui vivent dans l’eau ?» (proverbe Africain).
Ce sont les enfants, le groupe et l’environnement dans lequel ils vivent qui entraînent les processus d’apprentissage. Le maître ne fait plus obstacle, il ne « gère » plus mais aide, permet, vit avec ce groupe, libère les énergies. « Les maîtres ouvrent la porte mais c’est à toi d’entrer » (proverbe chinois).


 

Alors, le 1er type, on sait ce que c’est, c’est très facile à comprendre, ne serait ce que parce qu'il y a de grandes chances que nous l'ayons vécu nous mêmes enfants (d'où la tendance à la reproduction et les difficultés pour nous en défaire), c'est aussi facile à filmer, il suffit d’aller voir « Etre et Avoir » par exemple. Ca n’a pas l’air de marcher si bien que ça si on en croit les analyses et les statistiques des … chercheurs et des universitaires ! Il suffit aussi de regarder vivre les enfants là dedans et d’être un temps soit peu préoccupé par leur bien être pour s’en rendre compte.
Et ça a l’air d’être de plus en plus difficile à faire : les conséquences du 1er type en sont des résistances, sans doute saines, et des rapports de force de moins en moins à l’avantage des adultes. En plus de la violence, de l’illettrisme, de l’échec scolaire, de l’exclusion, ce sont aussi des personnes (les enfants) à qui on ne permet pas de se construire une identité, une idée de vie, une envie de vie d’où drogues, suicides, dépendances à un gourou… Les profs non plus n’ont pas l’air très heureux là dedans.

Le 2ème type, on sait aussi un peu. Ce sont les « méthodes actives »; vous savez, celles qu’on nous explique à l’IUFM… d’une manière hyper passive !
Mais l’enseignant étant toujours le principal acteur, ce sont aussi des folies de préparation pour inventer des «situations problèmes» (parce que c’est sans doute efficace), créer des «projets» (parce que c’est une démarche formatrice...à condition qu'elle soit à l'initiative de la personne qui la vit) qui deviennent si vite impossibles à mettre en œuvre pour un humain normalement constitué que beaucoup retournent vite dans le « confort » du 1er type, en faisant semblant d’être dans le 2ème, et que tout va très bien comme ça. Les chercheurs ne trouvent toujours pas de méthodes miracles, ne serait ce que pour apprendre à lire, et j'ai l'impression que pas mal se masturbent le cerveau et compliquent tout pour essayer de se donner un peu de contenance et de bonne conscience.


Le 3ème type, par contre, on ne sait pas vraiment ce que c’est. (C’est d’ailleurs ça qui fout un peu les pétoches). C’est comme pour les planètes du système solaire, peut être qu’il y a de l’eau. C’est comme pour les trous noirs de l’univers, peut être qu’il n’y a pas de méthode pour tous les connaître. Si l'inconnu fait peur, il attire aussi, une fois que le désir qui se cachait derrière la peur a pu être démasqué. En tout cas des « utopies » deviennent tout à fait « possibles » et envisageables (Serres, Illich, Jacquard…), les étoiles se rapprochent ! L’universalité aussi : on observe des convergences entre l’éducation, l’agriculture, l’économie…

Quelques explorateurs ont tenté l’aventure et sont partis vers ce troisième type. Ce sont les Collot, Gautreau, Drevet, D’Affroux, Brivet, Calvi…à bord de leur soucoupe appelée «CREPSC». Ils ont posé quelques jalons. Ils ont montré qu’il était possible d’aller de l’avant et que pratiquement sans programme, sans « fiches de préparation », sans devoirs, sans leçons, sans problèmes de « motivation » ou de discipline, de rythmes scolaires, de « pédagogie différenciée », de méthode, etc.…les enfants pouvaient notamment apprendre à lire, tous, devenir des individus autonomes et responsables, poursuivre leur scolarité, et même avoir de meilleurs résultats scolaires que ceux issus des ces « usines à drôles » du 1er type.
Jalons tels que «la communication est le fondement de la construction des personnes, des groupes et des territoires», un raisonnement en terme de « langages » complexes et non plus en « compétences » compliquées, la mise en œuvre de « processus » et non plus l’application de « méthodes », la co-formation entre adultes, des fonctionnements en réseaux, des petites structures à dimensions humaine, le constat que la vie regorge à l'infini de «situations-problèmes», l'ouverture (enfin !) aux parents, la recherche de l'association parents-élus-enseignants, etc… et pas mal de bon sens, aussi…

Ces explorateurs dont le cerveau n’a pas explosé en vol en sont revenus vivants et pensent avoir vu de l’eau. Dans le doute, nous allons essayer de voir s’il n’y aurait pas aussi des structures et des systèmes vivants à découvrir. Nous fabriquons une nouvelle soucoupe en profitant des essais de nos prédécesseurs qui commence, peut être, avec ce site. Notre carburant n’est pas le pétrole, mais le doute et nos erreurs. Parce que dans le 3ème type, on peut faire des erreurs, les enfants aussi parce que c’est comme ça qu’on apprend et qu'on avance, à condition de les voir et d'en tenir compte. On le sait et on en est conscient, et ça s'applique aussi bien aux enfants qu'à nous mêmes. Et ça ne nous intéresse pas trop de connaître à l’avance toutes les erreurs possibles et imaginables, assis derrière un bureau, peut être parce que c’est impossible d’ailleurs. On verra bien (bien sur que je parle de « la didactique » et des « trucs » comme ça…).
Bien sur, notre carburant c'est aussi le plaisir que nous prenons dans ce que nous faisons, dans ce que nous observons et essayons, le sens que nous donnons à nos actions, le fait de chercher avec des pairs, de vivre avec ces enfants et d'avoir parfois des retours de leur part nous indiquant qu'on est peut être plus si loin que ça de l'essentiel, pas si loin en tout cas qu’on aurait pu croire en restant les 2 pieds (et la tête, gentille alouette) enfoncés dans le sol...
Ces explorateurs nous ont confirmé que de là où ils viennent, ils n’ont trouvé ni hiérarchie, ni modèles, ni jugements de valeur. Alors si ça vous dit d’aller vous balader un peu avec nous et de transformer leurs essais…

« La Terre est le berceau de l’humanité

mais on ne passe pas toute sa vie dans un berceau »
(je ne sais plus qui a dit ça, je cherche et je vous dirai…)

Laurent Bellenguez


PS: Le "pour moi" du début ne demande qu'à se transformer en "pour nous" une fois que chacun aura pu faire part de ses commentaires, désaccords, améliorations, etc.

 


3ème texte

 

L'école du 1er type était celle avec ses niveaux homogènes, ses rangées d'élèves, un maître maîtrisant emploi du temps et progressions, des élèves exécutant le plus exactement possible des consignes.

L'école du second type est celle des méthodes dites actives. Les élèves y sont moins passifs, le maître fait appel à leur motivation, cherche par tous les moyens à rattacher son enseignement à la réalité. Mais l'enseignant en reste le véritable acteur.

Dans l'école du 3ème type, c'est la présence des enfants dans un groupe et dans un environnement réels qui entraîne les processus d'apprentissages et la construction des langages. Ce n'est plus l'enseignant qui déclenche les processus.

 


4ème texte

Les 3types tendent à mettre au centre du système les projets personnels des enfants, c’est-à-dire tout ce qu’entreprennent les enfants. De chacun de ces projets émanant donc des enfants, découlent des activités personnelles qui peuvent être également proposées par l’instit pour aider chacun à mener à terme son projet, à le maîtriser et à aller plus loin. Pour l’aider à passer un cap ou pour montrer à l’enfant qu’il en est tout à fait capable, il peut également imposer une activité en lien avec le projet personnel de l’enfant.

Permettre et développer la capacité à entreprendre par eux-mêmes, à gérer leurs activités et leurs apprentissages est l’objectif primordial dans l’école du 3ème type.

Pour cela, ils tentent de mettre en place un environnement le plus stimulant et le plus riche possible, et ils s’intéressent de près à la circulation de l’information (réalisations, échanges, réussites, moyen de s’organiser, …) ; cette circulation engendrant les apprentissages.

Ils ne décident plus, mais participent à une auto-organisation : le groupe peut donc réorganiser la classe ou l'école (emploi du temps, organisation des activités, affichage).
Ils peuvent, bien entendu et au même titre que chacun des enfants, proposer au groupe des activités en argumentant et en exerçant leur influence, mais c’est le groupe qui décidera au final (ils garderont cependant un contrôle important si nécessaire dans le domaine du "vivre ensemble" et de la gestion des conflits).

 

*********** Fin du message transféré ***********

Répondre à