On 28.05.13 12:43, JFC Morfin wrote: > At 13:28 27/05/2013, Max Klohn wrote: >> > Alors tu pourrais aussi parler du temps de transport domicile-travail >> > qui est aussi un temps non libre et contraint (2 fois 25 minutes selon >> > une enquête récente Ifop/Metro). Avec l'idée de rapprocher les lieux de >> > vie et de travail pour améliorer le bien vivre et réduire l'impact >> > environnemental. >> >> Bien plus efficace en termes d'impact carbone (pour tous ces jobs >> virtualisés en tout cas) la télématique. Grossièrement sous-développée à >> l'heure actuelle: les mentalités ne semblent pas mûres, voire >> franchement opposées... > > Tout à fait. Le problème est que comme tu le dis, c'est grossièrement > sous développé.
Je suis conscient que j'adopte une position assez divergente de la vulgate diffusée pour consommation générale. Mon approche est fondée: - sur la perception intrinsèque que les problèmes d'énergie se manifestent bien plus tôt, et bien plus brutalement, que les questions de déstabilisation environnementale. - sur la perception intrinsèque que la première priorité est d'augmenter la résilience à cet égard, et en premier lieu du point de vu alimentation et logement. - sur l'observation raisonnée de solutions dites "vernaculaires" des sociétés pre-industrielles (soit: à basse consommation d'énergie), actuelles et passées, ici et ailleurs. - sur les données historiques concernant la vulnérabilité respective aux crises et épidémies a) d'une population concentrée en zone urbaine b) d'une population repartie de façon plus homogène sur l'ensemble d'un territoire - sur la perception que l'exploitation des énergies renouvelables est mieux optimisée avec une distribution plus homogène de la population et de la propriété (et le système de défense contre l'accaparation oligarchique des surfaces de capture de rayonnement qui va avec) - sur la perception qu'une diminution de l'énergie injectée dans le système aboutit nécessairement à une relative de-différentiation, de-concentration ou "simplification" de la société. ... (cela fait beaucoup de perceptions je vous l'accorde), toujours est-il que j'arrive à des conclusions opposées à celles des l'urbanisme politically correct actel. Bloc-notes: - l'habitat pavillonaire (certes lié à l'essor des énergies fossiles mais aussi à la menace nucléaire lorsque les rendements se chiffraient en kilotonnes plutôt qu'en centaines de mégatonnes), cette bête noire de générations d'architectes-urbanistes, dans la mesure où il est associé à des surfaces individuelles de capture d'énergie et d'eau qui peuvent être optimisées, l'habitat pavillonnaire donc, pourrait s'avérer moins problématique que les centres à très haute densité de population, et offrir une plus grande résilience. - l'émergence de circuits locaux de fabrication et distribution est possible même dans un tel environnement à densité moyenne - à condition que les normes y soient propices (et en particulier les actuelles idées de zonage abrogées). - la consommation énergétique du ménage peut être diminuée d'un facteur deux ou trois avant que cela ne commence à influer sérieusement sur la qualité de vie - avec un soutien judicieux de la télématique. Compte tenu d'une redistribtion des activités productives vers la sphère individuelle cette diminution devrait être moins marquée. - les normes légales, communautaires et individuelles se rapportant au logement et à l'aménagement urbain sont désuètes, figées dans une peudo-esthétique ou passéisme hors de prix, et/ou inappliquables. Elles entraînent une hausse à froid du coût du logement (à l'origine de la crise), alors qu'il faut le diminuer radicalement. Il faut libéraliser l'emploi et le recyclage de matériaux industriels modernes et performants dans le logement individuel (regarder les coûts et méthodes de construction d'une halle industrielle, comparez aux coûts et méthodes de construction d'une villa bois béton tuiles et parpaings, et pleurez! le coût est aussi une approche sommaire de l'impact carbone) ... > Le problème est de trouver un référentiel documenté, > parlant et compris par tous. Jusqu'à présent le temps de travail par > l'intermédiaire des équivalents financier est ce qui semble le plus > efficace. essayons de le traduire en équivalent énergétique. Cela peut ouvrir des perspectives. > > C'est aussi un bon outil agorique, en ce sens que chacun perçoit la > hierarchie des impacts sur les logiques des uns et des autres en > fonction de leurs rémunérations. > >> >> En terme d'impôts societal, qui est en fait le moins bien vivre >> >> ensemble/mieux vivre d'être ensemble, le montant financier n'est qu'un >> >> indicateur. >> > >> > Si je comprends bien tu n'avais pas en tête une substitution entre les >> > deux temps, pourquoi alors prendre le revenu du travail comme >> indicateur >> > ? Pourquoi ne pas plutôt prendre en compte le coût de la fatigue >> générée >> > et de ses répercussions ? Dans ce cas on peut y ajouter plein d'autre >> > choses telles que les spams, la surcharge informationnelle, etc. >> >> Tout à fait. (plus d'autres aspects préoccupants comme l'impact sur les >> enfants et certaines consommations à long terme fondées sur la création >> de pseudo-normes) > > Absolument. Mais là aussi nous avons à faire une démarche agorique > d'équivalence pour tenter de mesurer/prévoir les impacts. Or jusqu'à > présent je suis un des rares à avoir engagé une réflexion sur l'agorique > en temps que discipline, les pionniers ayant considéré le développement > de logiciels ou de modèles agoriques. Je ne connais pas encore un seul > outil logiciel libre de simulation d'émergence ? La > compréhension/simulation de la complexité me paraît dans sa tendre > enfance ? > jfc > Pour l'instant, les questions se traduisent sous forme de revues de littérature (dans le meilleur des cas), qui sont ensuite passées sous la tête de fraiseuse des intérêts divergents des parties prenantes. Et sil en reste quelque chose après quelques passages (il y a des fortes chances que ce reliquat soit aussi inoffensif qu'inefficace), c'est placé dans le tiroir "à implémenter". Corollaire: on trouve du comportemental plutôt que du structurel. J'ai aussi entendu parler de logiciels d'aide à la prise de décision, mais (à ma connaissance - est-ce que quelqu'un ici a une expérience directe avec?) aucun ne semble s'être imposé ou offrir une approche supérieure au crayon-papier. Il y a également un embryon de systématique dans les Etudes d'Impact, mais elles tournent facilement en exercice bureaucratique et simulacre. Et il y a bien sûr des jokers qui permettent de couper court à toute discussion et aller direct à la case d'implémentation. Comme dans "il faut sauver telle ou telle industrie pharmaceutique et acheter tout de suite quelques millions de vaccins". 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