Je me remets en page pour la savourer la réponse TRES intéressante, voire clé, d'OA.

At 19:03 10/09/2014, olivier auber wrote:
Je copie colle ci-dessous quelques portions de la (très généreuse)
tirade de jefsey qui
me semblent concerner ce fil de discussion, puis je réponds en incise.

====

Voici un long monologue du Taulier face aux verres amoncelés par
Thierry, Myriam, Olivier, Patrick (le verre de Guillaud m'a fait
descendre à la cave de Jorion pour siffler sa bouteille de Morozov, et
j'ai encore à engager le digestif de Deutsh mariné par Sussan).

Le droit Libre

... des problèmes d'incomplétude des textes, et d'ignorance
... inventaires longs et fastidieux, et des droits d'auteurs conjoints
... conserver aux conservateurs des biens intellectuels leur libre
capacité de décision équilibrée...
 ... la société en réseau n'est pas seulement pour les ordinateurs.
.... "code is law" s'applique dans les deux sens ; "law is code"...
... la loi "Libre" existe aussi
...  s'asseoir tous ensemble et réfléchir pour accorder les innovations
... il y a là un problème de gouvernance ... de la loi.


OA  : Ce serait amusant de mettre à l'épreuve des critères de
légitimité A, AB, ABC, le droit et le réseau qui est censé le
représenter et l'appliquer. Bref de se demander si le droit est
"légitime".

Très bonne question. L'extension du monde le fait passer à l'échelle. Par principe notre chaos universel est déterministe (il a des lois) et fractal (ses lois ne dépendent pas de l'échelle). Est-ce que nos lois humaines sont en phase avec les lois de l'univers et passent donc à l'échelle ?

Je laisse Myriam Criquet répondre à cette question.
Un cas concret se pose avec la succession de Yann Le Guennec, mon
compère artiste dont j'ai annoncé ici le décès en juillet dernier.
Notez qu'il laisse derrière lui une œuvre sous Licence Art Libre ; une
licence qui résout une partie du problème de la transmission de sa
mémoire, à mon sens de manière "légitime".

Preneur.

Les réseaux et le droit vus par Einstein

 ...La mise en réseau des choses et des autorités réclame des
protocoles/procédures et bonnes conduites/usages que l'on a de plus en
plus traités à l'usure du temps dans le juridique,
... Un notaire ne connait plus le fond des textes qu'il sort de son
ordinateur et qui sont maintenant à la disposition de tous sur
internet.
... C'est notre univers agorique où les effets peuvent appartenir aux
causes. Passionnant, et on pourrait sans aucun doute pousser
l'analogie avec les taxis.
... Einstein parlait de relativité générale, nous de mise en réseau
... j'utilise volontiers l'image agorique

OA : qui dit relativité dit choix de référentiel. Il me semble qu'en
matière de réseau comme de droit, le référentiel absolu, c'est
l'homme, comme l'a entériné la devise du SMSI que tu rappelles souvent
: "people centered, à caractère humain, centrada en la persona". D'où
l'idée d'équiper l'individu de critères simples pour déterminer si les
perspectives/réseaux auxquels il a affaire son légitimes dans son
référentiel. C'est l'idée des critères A, AB, ABC, qui en l'état sont
sans doute encore imparfaits.

OK.
Je continue. La citation que je fais est pour souligner que ceci définit une esthétique dont j'apelle l'éthique de mise en oeuvre technique l'éthitechnique. Comment concevoir une technique qui va naturellement trouver son équilibre en phase avec la poursuite (si possible rapide mais non brusque ou par trop rugueuse) de cette esthétique. Nous retombons, je crois, sur Patrick Yeu.

L'économie mathématique de la complexité non darwinienne

Une suggestion mathématique que j'aurais à Olivier Auber est d'étendre
la proposition de Jean-Paul Delahaye que l'univers est un ordinateur
quantique qui calcule l'évolution comme une complexité organisée. Une
complexité organisée est une complexité que l'on peut calculer et dont
on mesure le degré de complexité non pas à la longueur de son
programme comme pour une complexité aléatoire ou de Kolmogorov, mais à
la durée de son traitement (ce qui est appelé la profondeur de
Bennet). Soit 14,6 milliards d'années entre le Big Bang et le PSN-HSS
(processeur sémantique naturel, modèle homo sapiens sapiens).

Je suggérerais alors que les "chocs du futur" (cf. Alvin Tofler)
seraient alors le fait des singularités humaines : on réduit le temps
de calcul de l'évolution de ce qui nous concerne : on appelle cela
l'innovation qui porte non pas sur la complexité aléatoire ou
organisée (les résultats), mais sur une complexité de processus
algorithmique (on simplifie le programme du PSN-HSS en approfondissant
son architectonie - on circonvient ce dont on parle, on renormalise
les infinis : renormalisation digitale). Si on reprend Olivier Auber,
les réductions significatives (singularités) ont été l'arme, le
langage, le syllogisme et maintenant la mécanisation du syllogisme qui
nous fait sortir de la dialectique pour ajouter les perspectives mono
(cybernétique) et polylectiques (agorique) mathématiquement
rencontrées avec le problème des trois+ corps de Poioncaré puis
l'incertitude de Goêdel.

Je rappelle que pour les gens de Norman Hardy (Mark S. Miller et K.
Eric Drexler) la base des logiciels agoriques est qu'en informatique
la rentabilité est d'aller tout le temps à travers le réseau des
machines et des ressources cpu au moins cher/plus rapide, frais/délais
de transport compris. AMHA, c'est là où il faut faire attention à la
différence (cf. papier d'Olivier Auber) entre concurrence (traitement
parallèle) et compétition (traitement antagoniste).

Ceci remet le père Darwin dans son rôle d'observateur de ce qu'il a
appelé la sélection naturelle. Mais qui n'est que l'oubli des restes
des modulos. Le nettoyage de la mémoire du processeur universel. Le
recyclage des déchets. C'est confondre la ventilation et le
processeur. Certes il y a bien ventilation observable, mais c'est
comme le coq qui fait lever le soleil. La sélection naturelle rend
compte du phénomène, elle n'est pas le phénomène. Le phénomène est le
calcul naturel et son économie d'énergie selon le principe de moindre
action.

OA : je partage ton envie de faire un peu violence au père Darwin, ou
au moins à la manière dont il est usuellement compris. C'est pourquoi
j'ai tenté d'inverser la proposition selon laquelle la sélection
naturelle porte sur les individus, en la faisant porter sur les
systèmes quasi-vivants (autopïétiques) dont nous faisons partie, ce
qui nous laisse jouer le rôle de "sélectionneurs" participant au
"calcul naturel" que tu signales. Il y a dans cette histoire une
tentative d'injecter un modèle rétroagissant positivement sur le
comportement des agents. C'est pourquoi, je n'ai pas fait une œuvre
scientifique mais simplement un "manifeste".

Entièrement d'accord.

1. Mon espoir de premier développement Elixir si j'en trouve le temps serait un petit telemate (machine de Turing avec sémaphore) qui pourrait être attaché à un pixel et réagir agoriquement pour en voir l'autopoïèse d'un écran et de faire jouer les choses (vent digital, perspective, propagation, ajout d'intrications, dynamique, etc.)

2. dans l'affaire juridique dont j'ai parlé, ce qui est passionnant est le mécanisme de sélection naturelle (eccéite = sujet + objet + projet + rejet) sur le mécanisme de transition successorale évolutive lui-même et son souci de protection de ce mécanisme lui-même. Ce qui est en plus intéressant est que mes parents qui l'ont construit sur des lois nouvelles étaient opposés au concept de sélection naturelle qui est présentée comme tronquée = objet + mutation hasardeuse + rejet.

La monnaie et l'algorithme

... la monnaie comme la mesure du travail humain qui facilite le
travail de l'évolution naturelle et permet de l'organiser.


OA : l'essence du travail humain ne serait-il pas de devenir humain ?
Force est de constater que nous en sommes loin. D'où l'idée d'une
évolution, de l'atechnogénèse du genre Homo, à l'aethogénèse du genre
humain et de toutes les autres formes de vie

Très bonne question !

A titre individuel, collectif, culturel. L'évolution historique religion, phylia, amour, concurrence, compétition, individualisme et l'impact de la violence devient très intéressants dans cette vision du sens des choses que je pense fondamentalement retenir car il s'accomode :
- d'une vision métaphysique ou de son refus
- il explique que l'on ne puisse poursuivre à la fois ce travail et l'argent : en cas de conflit il faut choisir : le choix de l'argent dégrade alors le niveau humain.

Le désordre monétaire devient alors une manière de provoquer à la
catastrophe (cf. théories mathématiques de Thom) et à
l'autoréorganisation critique (Per Bak), une des formes connues pour
résoudre les crises monétaires est la guerre dont on ne sait plus
aujourd'hui si elle n'a pas atteint le niveau de l'arme suprême
remettant en cause l'humanité elle-même. D'où le besoin de la
maîtriser et de l'adapter par la terreur qui ne s'en prend pas aux
Etats, mais aux cerveaux par les personnes et la guerre cybernétique
qui s'en prend à leurs machines. Le passage de la valeur, à la
confiance, puis à la dette comme source de la monnaie a accru le
risque. Comme toute chose aujourd'hui on commence à fonder la monnaie
sur l'algorithmique mathématique (cf. bitcoin, etc.) en poussant à la
nouvelle compétition entre l'homme et l'algorithme (le code selon
Olivier Auber).


OA : Cela me rappelle le "banquier anarchiste" de Pessoa (1922), dans
lequel il montre qu'il n'y pas de meilleur dynamiteur de schémas
sociaux reproduits mécaniquement par la société (notamment la
"famille", le "travail") que les banquiers eux-mêmes, vus communément
comme des tenants du statu quo.

On est en train de s'en apercevoir !!!

On en revient à l'image suscitée par la remarque de Wiener sur la
machine créée à l'image de l'homme : Dieu a créé l'homme à son image
et à sa ressemblance, et l'homme a créé la machine à son image et à sa
convenance. Mais de même que l'homme (cf. la pomme) a voulu la
ressemblance à son avantage, les détenteurs de machines les veulent à
leur meilleure convenance (cf. Apple ? ) au détriment de celle de
chacun. Nous avons là la source d'un nouveau point de fuite pour
Olivier, la légende du "paradis perdu de l'internet démocratique" des
origines (la RFC 349 de Jon Postel créée la fonction démocratique de
"Czar" autoproclamé de l'internet "I propose that there be a czar (me
?) who hands out official socket numbers for use by standard
protocols".).


OA : A propos de czar, j'ai réalisé récemment que j'aurais pu l'être
si je n'avais pas existé, si si ;-)
<https://plus.google.com/+olivierauber/posts/XHRwhDuYriG>https://plus.google.com/+olivierauber/posts/XHRwhDuYriG

On est toujours très proche de quiconque ! mais si tu rajoutes les possibles des sept dimensions ....
Tu sais déjà que Cyrus est ton frère.

En fait que traite l'algorithme ? Il prend en compte la différence
entre le visible et l'invisible dont le monde est fait (qu'il soit
créé ou pas n'est ici d'aucune importance). Olivier Auber le voit sous
la forme de sa conséquence optique (cela passe par les photons à la
vitesse de la lumière et donc soumis au temps, ce que l'on appelle le
local) et anoptique (cela passe par l'agorique et donc indépendant du
temps qui devient une simple dimension sur les sept qui comptent pour
nous [trois usuelles, temps, données, métadonnées, syllodonnées de la
datamasse] et qui est en fait le global - sens français).


OA : je crois que l'algorithme automatise à l'extrême la fonction du
banquier anarchiste cité plus haut. Il cristallise les schémas sociaux
jusqu'à les rendre aussi durs et fragiles qu'un diamant, au point que
tôt ou tard ils explosent. Le vrai travail, à savoir le "devenir
humain" consiste à apprendre à sélectionner (ou modérer) ces codes
avant d'en arriver là...

Oui. Et c'est cela l'apport humain.
La nature suit son algorithmique agorique et ... naturelle.
Le libre arbitre humain est capable de modifier ponctuellement l'algorithme et donc le cours du calcul de la mécanique universelle par son influence sur les causes initiales de chaque pas du temps (de microétat quantique universel en microétat quantique universel).

Il faut absolument faire une synthèse Mioara Murgur Schater / Gregory Chaitin !
Sémantique quantique et métabiologie mathématique.

Les quatre grands problèmes

...la difficulté est de comprendre précisément ce qui est
fondamentalement humain (libre arbitre) d'une part et algorithmique
(intelligence déterministe soumise à un chaos fractal) d'autre part
pour les faire coopérer harmonieusement. Par exemple il est aberrant
que les adresses internet réclament une organisation comme les RIR:
elles devraient être algorithmiques. Les noms de domaines sont de
manière évidente une conjonction entre la machine et l'homme : ils
doivent être supportés par une machine à noms, premier venu, premier
enregistré. Pas besoin d'une industrie de poinçonneurs des Lilas. Le
IANA est une fumisterie qui cherche à politiquement centraliser un
contenu disponible partout séparément: de grâce un format JSONIA pour
tous et on en parle plus.


OA : il semble que humain n'avance qu'en se confrontant à ce qu'il
n'est pas (le non humain).

Et l'autre.

Pour info, dans la ligne de l'explication des choses pour mon village gaulois et du comptoir pour la découverte et la protection des idées personnelles sans brevet, etc. je me suis lancé dans l'exploration du projet ouvert http://wikischola.org. Pour l'instant tout est dans sa seule page. Enseigner aux autres ce que l'on sait, a imaginé ou cru comprendre, est une autopoïèse de la découverte humaine où l'enseignant est évalué par l'enseigné et reconnu par son enseignement conservé.

Je vais tenter de mettre cela en place. Le budget de Wikipedia est très conséquent. Il faut que je trouve une logique économique a WikiSchola. J'avais une idée sonnante mais pas trébuchante : que l'utilité de chaque page soit "payée" en appréciations positives et négatives (colonnes séparées) qui s'accumulent, avec un total de la "richesse" publiée qui soit inscriptible par l'auteur à son CV. La monnaie négative comme mesure de la confusion introduite.

Le problème manquant

Pour finir ces demi-commentaires sur le projet d'Olivier : une
composante me paraît manquer grave. C'est la poésie de l'autopoïèse.

OA : Raah non, je ne suis pas d'accord ;-)
Il y a dans le critère de légitimité une incomplétude radicale. Je m'explique :
Cela faisait longtemps que je cherchais une expression systémique pour
la légitimité substantielle.
Le critère ABC tente de le faire en posant la question de savoir s'il
suffit que les deux critères A et AB soient satisfaits pour que les
agents A B et C se reconnaissent comme pairs.
 - Si la réponse est "oui", nous sommes face à un réseau prétendant à
une certaine complétude, ce qui ne peut être réalisé théoriquement (il
n'existe pas de système autopoïétique isolé). Donc la description de
la perspective est incomplète.
-  Si la réponse est "non", l'incomplétude est objectivé, ce qui
invite à considérer un système plus vaste.

Dans les deux cas, on aboutit à un question fondamentale de
"substance" et de différence entre l'humain et le non humain, question
qui lorsqu'elle est partagée en tant que telle, est peut-être le
meilleur ciment symbolique pour faire société.

Je vais lire et relire et murir.

Je m'explique, les algorithmes et les machines sont précis, pas les
hommes et leurs langues. Olivier nous dit l'arme (et je conçois que
dans un combat de lions, taureaux, ou chimpanzés le Colt ou la
Remington fait la différence) puis la langue (et les avocats sont là
pour montrer comment on gagne de l'argent avec sa bouche). Puis la
monnaie. Mais les armes ont évolué, la monnaie fluctue sans cesse. Et
les langues évoluent tout le temps. Pas les algorithmes. 1-1 reste
valoir 0, à la milliardième décimale. Depuis le Big Bang. (en fait,
mais c'est une autre histoire : c'est le bit bang du Big Bang).

Or nous avons simultanément à parler aux hommes (la sémiotique des
langues - et des intelligrammes) et aux machines (la mathématique des
mécalangues - et des datagrammes). La conversion (que nous avons dans
le passage des noms de domaines linguistiques des hommes au xn-- du
DNS ASCII compatible NSA) est lourde de métadonnées impliquées - cf.
le débat à "mort" sur les majuscules non encore résolu, mais
délocalisé hors du réseau. C'est-à-dire le débat sur les données
non-transmises mais qui sont perçues par le sens contextuel :
l'intellition, 90% des informations que nous utilisons, qui sont comme
stéganographies dans nos énonciations. Comment gérer tout cela ?

Demandez à un psychiatre de traiter un patient par mail ! Il nous faut
passer de l'internet datagrammique à l'interplus intelligrammique
(presentation layer on the user side, plutot que comme applicatif
propriétaire), puis à l'intersem supporté par les algorithmes, mais
non algorithmique, de la pensée, nécessaire à l'intercompréhension
(entre humains) et du téléentendement du monde non humain.

Ce que tu décris là est un monde ayant atteint la complétude et qui,
précisément, aurait avalé la poésie.

Je n'en suis pas du tout sûr. Que fais-tu de la virtualité ?
N'aurait-il pas aussi atteint la complétude de la poésie ?

Comment la complétude pourrait-elle engendrer une absence de bien, donc un mal ?
Amitié
jfc


Amitié

Olivier
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