> Le 27 nov. 2014 à 16:39, JFC Morfin <[email protected]> a écrit :
> 
> Merci de tes réponses. Elles aident pas mal. 
> Je commente l'esprit qui est le mien à partir d'elles (long).
> 
> Tes critiques sont bien venues.
> 
> At 09:04 27/11/2014, Kavé Salamatian wrote:
>> Bonjour
>> quand on a mal aux dents ou ne va pas voir un plombier. Quand il y’a un 
>> problème politique on cherche pas une solution technique. La surveillance 
>> est intrinsèque aux réseaux.
> 
> La surveillance est aussi intrisèque au devoir politique de précaution. 
> L'utilisation politique de la technique s'appelle la polémique, qu'elle soit 
> une utilisation rationnelle d'arguments ou une utilisation sommatique 
> d'armements.
> 
>> Plus précisément et simplement l’augmentation d’information sur un message 
>> caché que permet croit plus rapidement dans un réseau que notre capacité à 
>> brouiller ce message.
> 
> Très bonne définition. Toutefois un mot manque sur lequel je peux fair un 
> qui-pro-quo : "que permet --?--". Si je lis "la technique" ….
Non. C’est des maths, pas de la techno. Je parle d’inférence informationnelle 
que tu fais par tout moyen.

> 
>> Donc pas de solution techno.
> 
> Cela ne tiendrait pas totalement : c'est à la technologie de défaire ce que 
> la technologie permet. Sauf si tu penses que c'est une part de la singularité 
> technologique : la technologie en est venue à dépasser nos capacités 
> technologiques ? Dans la compréhension d'Engelbart et de Kurzweil cette 
> supériorité vient d'un surcroit d'intelligence de la technologie, pas d'un 
> enfermement général dans une technologie abétie ?

C’est pas la techno qui le permet. C’est le réseau qui permet (à cause de la 
possibilité théorique qu’il offre) de construire des technos. La techno ne 
pourra jamais dépasser les limites théoriques(sauf à changer de paradigme par 
exemple en passant à du calcul quantique). Mais si les limites théoriques te 
laisse des espaces entre ce que tu observe aujourd’hui et ce qui est 
théoriquement possible, une techno sera potentiellement invité qui comblera 
cette distance. 

> 
> Je suis certainement d'accord avec toi sur la démarche que j'appelle 
> ethitechnique (comment construire une technologie qui facilite l'éthique 
> recherchée) et que tu abordes à partir de la pratique épistémique "It is 
> therefore mandatory to develop an epistemic foundation for ethics of 
> algorithms and people that develop them. This is indeed a large and hard task 
> that will need a multidisciplinary involvement. The aim of this talk is to 
> discuss about these questions and to begin a reflexion of the fundamental 
> challenges that exists in this area. »


Non, je souhaite construire une éthique qui limitera l’utilisation des techno 
que nous développons. L’éthique ça sert à ça. S’empêcher de faire quelque chose 
qu’on pourrait faire. La techno peut faciliter (comme le coupe faim qui 
facilite la tache de l’obèse qui a suit régime), mais c’est l’éthique qui 
conditionne l’utilisation de cette techno (c’est la décision de maigrir qui 
conditionne la perte de poids et non pas l’existence de coupe-faim).


> Toutefois, je n'abrège pas la multidisciplinarité des disciplines techniques 
> comme tu semblerais le faire en enlevant la diktyologie digitale ? (NB. je 
> préfère le mot général de Paul Mathias à la seule "web science" pour parler 
> de l'internet au sein des télécoms au sein de etc.)
> 
>> L’encryption des communications comme l’IAB le suggère, ne résoudra pas le 
>> problème (la NSA peux demander à Facebook ou Google de donner accès à ces 
>> serveurs ou la données n’est pas encodé).
> 
> Nous sommes entièrement d'accord.
> 
> C'est pourquoi l'appel de l'IAB ne me parait à prendre que comme une 
> reconnaissance déguisée sous forme de solution impossible d'incapacité 
> actuelle de l'ingénierie. C'est ce que l'on observe de façon générale dans 
> les contributions des uns et des autres, et les conclusions maintenant 
> pratiquement définitives du WG/IANAPLAN sur ce que devrait (et donc en 
> filigrane ce que ne devrait pas laisser) faire l'IETF dans tout ce qui se 
> passe. Une abdication cachée.
> 
>> Ou est la solution.
> 
> Face à cette incapacité ont peut 
> 
> 1. continuer à jouer à l'autruche (statUS-quo) [IETF], 
> 2. crier "au voleur" ... c'est à dire :
> 
>> Augmenter le cout politique de la surveillance en sensibilisant tout le 
>> monde. Faire en sorte qu’on se rendent compte qu'un organe de sécurité qui 
>> fait de la surveillance est en position de faire un coup d’état et de tuer 
>> la démocratie. C’est pas du court terme.
> 
> Comme tu le dis "ce n'est pas du court terme" et on sera tous morts d'ici là. 
> Ce n'est pas ce à quoi mon grand-ancien Castex m'a habitué.
> 
> Je préfère prendre le toreau par les cornes que le tirer par la queue.


Je préfère rendre la corrida inacceptable comme cela le taureau restera dans 
son champs et je n’aurai pas à lui tirer la queue. 
> 
> D'abord en analysant le phénomène. La focalisation sur la NSA est une 
> manoeuvre US intéressante à plus d'un titre. Une étude objective de la 
> contribution de l'officier traitant d'Edouard est à faire. Mais elle est 
> politiquement significative et techniquement insignifiante. La NSA, comme 
> tous les pays, comme toute les agences privées de connaissance, comme chacun 
> de nous doit prévoir avant de voir. C'est ce que j'appelle l'intellition 
> (l'information que je n'ai pas reçue et qui fait sens). PRISM tombe sous le 
> coup de la liberté de la presse. Ce qui lui es reproché est d'être une presse 
> à lectorat exclusif et d'utiliser des moyens d'investigation dont les autres 
> n'ont pas (1) les moyens et (2) eu l'astuce de se ménager. L'USG a sû se 
> ménager des oreilles en construisant les murs de tout le monde.


Non, ce qui lui est reproché est d’avoir abuser de son pouvoir, et on ne 
gouverne pas seulement avec la force mais avec l’assentiment des populations. 
Le scandale sur la surveillance est politiquement significatif. Plus personne 
ne croit le discours « free Internet, free speech » des US et d’ailleurs les US 
l’utilisent de moins en moins.

> 
>>> Le 27 nov. 2014 à 02:57, Jefsey <[email protected] 
>>> <mailto:[email protected]>> a écrit :
>>> Au WG/IANAPLAN j'ai aussi perçu cela pour l'IETF (forte influence de John 
>>> Curran) : une démission collective devant ses capacité de cogestion et ses 
>>> responsabilités d'accompagnement des suites de ses RFC. Ceci nous laisse 
>>> dans une situation où les politiques sont dépassés, les architectes sont 
>>> limités à leur technologies (soit un peu dépassées soit en devenir), les 
>>> ingénieurs cherchent la continuité de leur salaire à moindre coût/risque 
>>> pour leurs employeurs, les militaires font de la tactique mais n'ont pas de 
>>> stratégie. J'ai donc engagé une approche d'emm... voulant forcer l'IETF à 
>>> dire franchement s'ils se débandent ou pas. Histoire qu'ils ne gènent pas 
>>> en plus une reprise par ailleurs.
>>> 
>>> Mon outil habituel :
>>> 1. un Draft avec d'autres idées et appel à un plug-in "MYCANN" pour chacun. 
>>> Mais je suis tombé sur une période cut-off astucieusement jouée qui m'a 
>>> obligé à lancer un WG innatendu pour le porter. Leur faute, maintenant j'ai 
>>> à/je peux le faire vivre et l'utiliser (http://iuwg.net <http://iuwg.net/>)
>>> 2. et un appel qui viendra calendairement retarder les choses (janvier) 
>>> pour que leur réponse prenne suffisament visiblement (NTIA/presse) la 
>>> responsabilité du fork probable. J'irai cette fois jusqu'à l'ISOC (le NTIA 
>>> m'a devancé l'année dernière).
>> 
>> Ca sert pas à grand chose. Ce sont des plombiers, j’ai mal au dent !
> 
> J'en suis d'accord, mais je fais comme toi. Que les gens prenne conscience 
> que ces plombiers coupent l'eau à mon dentiste. J'ai besoin de leur part de 
> deux choses :
> 
> 1. qu'ils abdiquent clairement si ils veulente le faire.
> 2. qu'ils documentent clairement ce qu'ils ont fait. 8.000 RFC c'est trop 
> pour qu'un seul homme (l'utilisateur intelligent) s'y retrouve.

Je n’ai pas besoin de comprendre les RFC puisque je peux toujours me 
débrouiller en les court-circuitants.

> 
>>> Pour l'instant tout ce que je peux faire dans mon coin est de pousser :
>>> 1) sur les aspects d'utilisation intelligente de moyens peu fiables, 
>>> surveillés et soumis à beaucoup d'aleas politiques possibles. Donc visant 
>>> une sauvegarde technique de mon implantation locale - une AS et mon DNS.
>>> 2) sur la nécessité pour la reconstruction que sera un état des lieux des 
>>> couches moyennes (IETF) vu des couches hautes manquantes.
>> 
>> Le problème n’est pas un problème de couche. Il est plus fondamental.
> 
> Exact.
> Mais il se présente d'abord pour moi utilisateur par l'absence de couche six 
> et un bordel à la couche sept. La première des choses est de colmater les 
> trous dans la coque.
> 
> Ensuite, il faudra évaluer quelle architecture est possible à partir de ce 
> que l'on veut et de ce que l'on a.
> 
> Ensuite, il faudra très certainement faire le point sur l'architectonique de 
> tout cela, car au départ il y a un tremblement de terre que l'on a 
> soigneusement évité de considérer car il remet en cause le droit fondamental 
> du sol. En Californie on dit que l'on sait où on achète, mais pas où on va 
> payer ses impots - en raison des glissements de terrain. C'est ce qui nous 
> arrive et que les politiques ont du mal à suivre.


La vision par couche est totalement dépassé. On parle de Clean-Slate, de 
middle-box, de SDN qui se fichent royalement des couches. Un boitier de cache 
netflix c’est dans quel couche ? Dans toutes les couches. Y’a plus grand monde 
qui réfléchi en couche, on réfléchit en terme de fonctionnalité et on transpose 
si possible à des couches et ce qui n’est pas transposable on le met dans 
l’application.
> 
>>> Questions :
>>> 
>>> 1) nous avons à Montpellier un fort investissement à "laFrenchTech.com 
>>> <http://lafrenchtech.com/>" mais pas encore, à mes connaissances, vers 
>>> "leFrench.Net <http://lefrench.net/>". Je veux tenter de l'utiliser pour 
>>> faire un trou structurel pour le Libre. Nous avons un meet-up sur les 
>>> web-sciences où il y a des gens inscrits mais qui ne fonctionne pas, le 
>>> responsable cherchant d'autres initiatives que les siennes. Aurais-tu des 
>>> suggestions concernant des intervenants possibles dans mon coin ? Par 
>>> ailleurs, je crois que tu tiens un colloque annuel chez toi : quand est-ce ?
>> 
>> Pas grand monde à Montpellier. C’est pas les priorités de la Fac.
> 
> Je sais. C'est pourquoi je voudrais en faire une priorité du Libre par le 
> réseau local, car c'est une priorité de la "ville augmentée" FrenchTech. En y 
> établissant le siège de l'association du French.Net je voudrais asseoir le 
> concept de la Libre "France autonome" (en réponse à la dialectique France 
> métropolitaine/France périphérique très bien vue par Guiluy). 
> 
> Ce que j'ai vu lors du CoWork Ephémère que nous avons fait à La Paillade : 
> c'est une grande diversité de gens, d'origine (de Montpellier métropole aux 
> villages de 80 habitants) et de métiers et une base d'outil commun : le PC 
> portable. L'emploi, passe par le réseau et l'unification digitale. Quand mon 
> opérateur départemental me dis "pas de problème, vous aurez la fibre - et 
> donc la capacité d'une connexion edge - en 2025, je sais que le village sera 
> une dortoir cabanes à bobos avant. 
> 
>> Je vous informerai quand il y’a un événement chez nous.
> 
> Merci !
> 
>>> 2) il faut commencer par quelque chose pour construire une documentation de 
>>> développement de référence pour utilisation de l'internet. La première des 
>>> choses pour mon propre village et pour lui monter un réseau local me paraît 
>>> de comprendre et documenter BGP dans ce contexte. Que conseillerais-tu 
>>> comme documents/cours et comme outils pour une expérimentation pratique 
>>> (dans mon garage au départ).
>> 
>> Pour BGP, il y’a des choses principalement en anglais 
>> https://www.nanog.org/sites/default/files/tuesday.tutorial.birhanu.bgp101.48.pdf
>>  
>> <https://www.nanog.org/sites/default/files/tuesday.tutorial.birhanu.bgp101.48.pdf>
>>  
>> https://www.nanog.org/sites/default/files/tuesday.tutorial.birhanu.bgp102.49.pdf
>>  
>> <https://www.nanog.org/sites/default/files/tuesday.tutorial.birhanu.bgp102.49.pdf>
>>  
>> https://www.nanog.org/meetings/nanog50/presentations/Sunday/NANOG50.Talk33.NANOG50-BGP-Techniques.pdf
>>  
>> <https://www.nanog.org/meetings/nanog50/presentations/Sunday/NANOG50.Talk33.NANOG50-BGP-Techniques.pdf>
>>  
>> http://www.sanog.org/resources/sanog16/sanog16-routing-workshop.tar.gz 
>> <http://www.sanog.org/resources/sanog16/sanog16-routing-workshop.tar.gz> 
>> 
>> En Français il y’a ça
>> 
>> https://www.nsrc.org/route-bgp-ixp.html 
>> <https://www.nsrc.org/route-bgp-ixp.html>
> Merci !
> 
> Mon ambition est de faire émerger une communauté de la documentation et 
> comprise aux côtés des communautés du nommage, des adresses et des paramètres 
> protocolaires. Le blocage est du côté de la réputation que se donnent les 
> constructeurs du net. Le seuls qui peuvent se penser en droit et capacité de 
> les contester sont : 
> 
> -  les gens du Libre (qui sont plus orientés Linux/ordinateur qu'OSI/réseau), 
> d'où http://technoslibres.net <http://technoslibres.net/> les technologies 
> libres du net.
> -  ou tout le monde une fois que tout le monde reconnait peu à peu que la 
> technologie est un problème.
> 
> Vont donc dans mon sens trois échelons solides pour aller pratiquement plus 
> loin/activer la prise de conscience collective de notre sort funeste.
> 
> 1. accepter comme l'USG que le problème est l'incapacité structurelle de la 
> technologie IETF à nous protéger de la surveillance (Il n'a jamais transité 
> un message secret sur Milnet) même si l'USG se sert de notre crédulité pour 
> nous imposer un outil aisément surveillable. La datamasse est bien plus 
> productive que les surveillances ponctuelles laissées aux commerciaux. 
> 
> 2. se retourner vers des architectes pour qu'ils voient comment il serait 
> possible de corriger les choses à moindre coût/délais - au moins au niveau 
> personnel (un peu plus qu'un firewall)  et le cas échéant de construire 
> autrement. Bougrement plus rapide dans tous les cas que d'attendre que les 
> gens se rendent compte et votent sur la façon dont ils vont voter la façon 
> dont ils vont choisir la solution.
> 
> 3. se tourner aussi vers les architectoniciens c'est à dire les scientifiques 
> fondamentaux de la politique dans sa polytechnique, car nous voyons aussi que 
> ce qui est en jeu n'est pas une technologie ou une autre, mais la 
> modification profonde de la conceptualisation de la société humaine. Ce que 
> d'aucuns appellent la "singularité digitale".
> 
> 
> Mon identification de la solution pratique est le besoin d'une architecture 
> intellitive - troisième strate après le struturel et le transport, 
> l'intelligence maillée et compactée.

Ca existe depuis que l’humain parle. Au dessus de la physique des gaz et de 
l’acoustique, il y’a une couche structurelle qui s’appelle la langue, le palet, 
la glotte et les fibres vocales, qui construisent une intelligence maillée et 
compactée: la société humaine. Elle existe que tu parles en Français, en 
chinois, en javanais, en java, en C++, en TCP, ou en HTTP.

> On ne peut pas surveiller les données que tu n'envoies pas. 

SI on peut les inférer. C’est l’effet réseau et la NSA n’a rien inventé. Lire 
le chapitre de l’art de la guerre de Sun Tze sur les espions.
> 
> De façon concrête la première des choses me parait ce que j'appelle la 
> "cyberagora" et le "cyberagorique" : l'intégration du soutien digital au 
> relationnel local (lieu, sujet, commune, communauté, entreprise, 
> association). Intégration par le fait qu'il s'intègre, intégration par le 
> fait qu'il est intégré et simple à comprendre (ce qui est compliqué à 
> imaginer).
> 
> But : en donner plus en communiquant moins et mieux. 
> 
> Mieux voulant dire aussi en remplaçant/distribuant la bande passante réelle 
> (qui est surveillé dans son utilisation autant que dans son contenu) par de 
> la bande passante virtuelle (différents canaux d'accès, différentes 
> technologies, référentiels, stéganographie relationnelle, intelligence 
> artificielle, etc.). Je résume cela par:
> 
> - le prise à prise électrique
> - le bout en bout volontairement stupide
> - le frange à frange intelligent

Ca a toujours été le frange à frange, même dans l’architecture actuelle. Quand 
tu regarde la photo d’un chat sur Facebook et que tu t’attendris c’est bien ton 
cerveau reptilien qui est impacté !

A+

Kv

> 
> qui correspond très exactement à la description de l'architecture internet de 
> la RFC 1958 et au principe de subsidiarité en réponse à la diversité qui 
> ressort de la RFC 5895 (sur les IDNs).
> 
> jfc
> 
> 
> 

_______________________________________________
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[email protected]
http://cafedu.com/mailman/listinfo/comptoir_cafedu.com

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