Une petite synthèse, forcément approximative et subjective, de la
discussion d'hier -- je laisse les intervenants corriger si j'ai
déformé des propos.  Bonne lecture, et merci à ceux qui ont pu se
rendre à la Cité des Sciences hier !

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Jean-Pierre Archambault (de l'association http://www.epi.asso.fr) a
rappelé qu'un consensus émergeait depuis peu autour de l'idée qu'il
était important que l'informatique fasse partie de la culture
générale.  Il a replacé la création de l'option ISN (Informatique et
Sciences du Numérique) dans cette perspective.  Il a aussi mentionné
la vidéo où Barak Obama, en décembre 2013, déclarait qu'il fallait que
les enfants apprennent « le code » pour que les US restent la première
nation.

Julien Dorra a insisté pour dire que c'était important de démêler les
implicites idéologiques derrière ce débat : par exemple, Julien n'est
pas motivé par l'argument économique mais il est motivé par l'idée de
la programmation comme nouveau rapport au monde, et par l'ambition de
donner accès à ce nouveau rapport à plus d'enfants.  Julien rappelle
aussi qu'on ne peut pas faire l'économie de choix importants sur les
formats pédagogiques.

Jean-Pierre répond à Julien sur le fait que, pendant la troisième
République, la volonté d'enseigner la lecture et l'écriture était déjà
motivée par le besoin de former des travailleurs, donc la perspective
économique n'était pas absente ; l'école a toujours eu la mission de
former des hommes, des travailleurs et des citoyens.

Bastien demande à Jean-Pierre si la question des formats pédagogiques
s'est posée pour la mise en place de l'ISN.  Jean-Pierre rappelle le
principe essentiel de liberté pédagogique.  Julien répond que c'est
une liberté toute formelle, qu'en réalité les enseignants sont soumis
à des contraintes de programmes et d'emploi du temps qui les empêchent
de mettre en oeuvre une réelle liberté pédagogique.

Sandrine (d'abord enseignante au primaire puis formatrice TICE) répond
qu'il y a effectivement beaucoup de contraintes et que les directives
au primaire étaient de ne jamais faire d'informatique en tant que
telle, mais d'utiliser l'outil de manière transversale, ce qui n'est
pas toujours possible en pratique.

Concernant le rapport entre initiatives informelles et enseignement
formel, Bastien rappelle qu'il y a de nombreux exemples dans d'autres
disciplines : par exemple, les mathématiques et la physique, et les
associations d'éducation populaire autour de ces sciences -- il se
tourne vers Julien de l'association Planète Sciences pour lui demander
si leur mission était de complèter les enseignements scolaires, et
s'ils se penchaient sur l'informatique.

Julien précise qu'il fait partie de l'association Planète Sciences
depuis peu mais qu'il s'agit surtout de faire du lien social autour
des sciences, pas de l'enseignement des sciences en tant que tel.

Bastien se dit que c'est le bon moment pour que les initiatives qui se
réunissent autour de jecode.org se demandent si leur objectif est de
faire du « lien social » autour de l'informatique ou de l'enseignement
de l'informatique sous des formats non-scolaires.

Pierre Boudes, enseignant-chercheur en informatique, propose une
analogie avec la chimie à la fin du siècle dernier (qu'il emprunte à
Roberto Di Cosmo) : quand la discipline n'est pas constituée en
science, l'enseignement porte sur des techniques de manipulation, et
le résultat apparaît comme « magique ».  Aujourd'hui plus personne ne
songerait à enseigner la chimie ainsi, les concepts à enseigner se
sont stabilisés.  Il pointe néanmoins une grande différence entre
l'informatique d'aujourd'hui et la chimie du 19ème, c'est qu'il y a
des enjeux important d'émancipation liés à l'informatique.

Jean-Pierre rappelle que les débats sur la loi HADOPI et, auparavant
sur la loi DADVSI, exigeaient de bonnes connaissances techniques, et
qu'il s'agit là encore d'une mission de l'école qui doit former des
citoyens, capables de prendre des décisions éclairées sur des sujets
politiques.

Julien indique que le système pédagogique actuel ne permet pas du tout
de former ces citoyens éclairés par rapport aux sciences, et que c'est
une raison de plus pour repenser la pédagogie.

Thomas indique qu'il a appris à programmer sur une calculatrice et
rappelle l'importance de proposer dès l'école des outils qui seront
librement programmable par les élèves (à l'image des XO d'OLPC dont
il a été question ce week-end.)

-- 
 Bastien
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