Le 17/07/2020 à 10:10, Stephane Bortzmeyer a écrit :
Combien consomme le numérique, où ça, et
comment diminuer cette consommation ?

Un point qui ne me semble pas abordé est le "gaspillage" des ressources numériques lié aux économies d'échelle des grands opérateurs. Par exemple : - Une réclamation chez un vendeur en ligne low cost (plusieurs dizaines d'échanges de mails avec des robots, pertes de temps, prises de bec, contact de forums et associations de consommateurs,etc...) - Un appel à la hotline d'un FAI : robot à reconnaissance vocale défaillant, "intelligence artificielle" qui détecte toute seul une panne, qui déclenche l'intervention d'un technicien, ainsi que la production d'un compte rendu (alors qu'il n'y avait aucune panne...) - Qui a eu ne serait-ce qu'une fois dans sa vie un problème résolu par un ChatBot ? Et pourtant, qui ne s'est pas pris au jeu d'y croire et de tenter le coup, avant que cela ne finisse en noms d'oiseaux...

A mon modeste niveau, une grande partie de mon temps d'exploitation quotidien est perdue en attentes ou tergiversations avec des outils ou process numériques conçus avec les pieds. Des problèmes triviaux, qui auraient été traités en quelques minutes par un être humain, se transforment en serpents de mer, à cause d'une conception des outils numériques qui n'a qu'un seul but : réduire les coûts pour l'exploitant. Mais quid des coûts engendrés pour le reste du monde ? C'est un double gaspillage : - Je passe énormément de temps à tenter de faire tourner des outils qui, de toute façon, ne produiront pas le résultat escompté (mais on ne me laisse pas le choix)
- Pendant ce temps là, je ne produis rien

Je ne sais plus qui a dit : "Le but de l'informatique est de résoudre des problèmes qui n'existaient pas avant son invention". Personnellement, je ressens çà au quotidien : au fur et à mesure des "évolutions" technologiques et des nouvelles versions, la même tâche nécessite plus de temps et plus de ressources techniques, pour arriver au même résultat.

De mon point de vue, la très grande partie du gaspillage numérique est causée par les grands fournisseurs (qu'ils soient éditeurs de logiciels aux mises à jour gargantuesques, vendeurs de n'importe quoi qui utilisent le numérique pour réduire leurs coûts humains, ou éditeurs d'applications Cloud qui profitent de la moindre occasion pour aspirer le contenu de mon terminal parce que c'est pour mon bien). Pourquoi donc devrait-on répercuter la totalité de la charge du gaspillage numérique au consommateur / utilisateur final, alors que celui-ci n'a, en général, pas le choix ?

Je n'ai aucune envie d'appeler 25 fois mon FAI pour signaler un simple problème technique et demander une intervention. Je n'ai aucune envie d'envoyer 25 mails à mon vendeur d'électroménager en essayant à chaque fois de trouver une formulation différente pour exprimer la même chose : "c'est cassé, donc tu récupères ton bouzin et tu m'en envoies un autre". Je n'ai aucune envie d'attendre deux heures que la dernière mise à jour de mon système d'exploitation se télécharge, juste pour m'apporter une nouvelle présentation du "menu Démarrer", que de toute façon je vais remplacer par OpenShell. Tout çà bouffe mon temps et ma bande passante, à l'insu de mon plein gré (c). Pourquoi donc serait-ce à moi de payer pour ce gaspillage ?

Quand on achète un paquet de biscuits au chocolat, dessus il y a une mention obligatoire "A-B-C-D" qui indique le niveau d'atteinte à la santé. Pourquoi ne développerait-on pas le même système de notation (et, éventuellement, de compensations financières) pour les producteurs de données et de services numériques ?

En fait, çà rejoint la problématique des poubelles : plutôt que de traiter le problème en bout de chaîne ("Qu'est-ce qu'on fait des déchets ?"), n'est-il pas plus pertinent de le traiter à la source, en éliminant la production de gaspillage, ou en incitant les principaux "producteurs" à réduire le gaspillage ?



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