Bonjour, On Mon, Jul 20, 2020 at 04:02:43AM +0200, [email protected] wrote: > Désolé de te contredire Stéphane mais ce n'est pas ce que dit l'article. > Le passage dont tu parles est une petite note de 4 lignes qui arrive en toute > fin d'un billet de près de 250 lignes qui sont consacrées à démontrer que la > réduction des volumes transportés n'entraine pas de réduction significative > de > la consommation énergétique pour amener à l'idée que la sobriété numérique > serait un effort inutile.
Stéphane a très bien compris le sens du billet. J'en suis l'auteur et j'ai mis un certain nombre d'avertissements (dont en tête du billet) pour expliciter que ce n'est pas la demande de sobriété numérique en tant que telle que je critique, mais 1) la "sobriété pour la sobriété" si elle n'a aucun sens énergétique (il s'agit d'une démarche monastique, non pragmatique) et 2) en particulier, combattre l'idée fausse et malheureusement répandue que notre impact énergétique est proportionnel à notre consommation de données, ce qu'aucune donnée factuelle ne montre, au contraire. Si le billet n'est pas suffisamment clair malgré les multiples avertissements, je peux le corriger, mais on ne m'expliquera pas ce que j'ai voulu dire car j'en ai une assez précise idée :) Il s'agit donc juste de déconstruire une idée particulièrement fausse. Ce n'est pas une thèse générale sur l'impact du numérique, qui en effet est un sujet bien plus large, et il ne me viendrait pas à l'esprit de nier que cet impact existe. On voit fleurir les articles du style "le numérique a un impact de x % des GES mondiaux" suivi de (handwaving) "60 % du volume consommé concerne la vidéo en ligne, il faut donc réduire notre consommation de données". Le lecteur en tire bien évidemment une conclusion fausse, et appliquera des efforts vains (au lieu de penser à éviter de changer d'ordiphone pour un oui ou pour un non). > Le fait que l'auteur ait été amené à ajouter un avertissement en introduction > pour préciser que son objet n'est pas de nier l'impact environnemental du > numérique indique qu'un certain nombre de lecteurs ont pensé que c'était le > cas à la lecture du billet. Soit qu'une partie du lectorat ait mal interprété > les propos peut-être à cause d'une formulation hasardeuse, mais peut-être > aussi qu'une partie du lectorat a correctement interprété le propos du billet > et l'auteur se trouve obligé de s'en défendre. J'essaie de sérier les problèmes. Qu'on s'attaque aux vrais plutôt qu'aux problèmes fantasmés, en chiffrant correctement les impacts, sans dogmatisme. Vouloir tout aglomérer dans un gros blob "le numérique c'est mal" n'est pas une méthode d'analyse suffisamment fine, elle permet d'affirmer un peu n'importe quoi sans chiffre. > Ici l'objectif est bien de ramener la consommation totale en dessous du seuil > de capacité de charge de la planète. La planète a une limite en terme de volume d'échange de données numériques ? > Dans les faits, la consommation totale augmente de plus en plus vite, la > consommation du numérique augmente aussi de plus en plus tandis que la > consommation des autres secteurs que le numérique pourraient compenser ne > diminue pas. Ça semble indiquer que la consommation du numérique vient > s'additionner à celle des autres secteurs au lieu de s'y substituer. Il ne faut pas confondre consommation énergétique et consommation en volume de données. Donc soyons précis dans ce que nous disons. Sinon, beaucoup de gens vont croire que diminuer leur consommation de données par 2 va diviser leur impact énergétique numérique par 2... et c'est totalement faux. Une autre question serait : veut-on vraiment réduire l'impact en tapant là où il faut, ou veut-on se faire plaisir (et tester son influence sur la population générale) en leur donnant l'impression qu'ils font un effort en nous obéissant ? -- Pierre Beyssac [email protected] --------------------------- Liste de diffusion du FRnOG http://www.frnog.org/
