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31-08-2005 09:58
Allocution à la 13e Conférence des Ambassadeurs

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La France a les moyens de rester une grande puissance économique et commerciale. Notre pays peut compter sur des atouts considérables, qu’il s’agisse de notre situation géographique, de notre réseau d’infrastructures, de la qualité du travail et du savoir-faire, ou encore de l’excellence de notre recherche. Nous pouvons également compter sur une économie diversifiée, qui nous permettra de mieux résister à la pression économique internationale et aux évolutions conjoncturelles. Enfin, la France est présente dans la plupart des secteurs d’avenir : nous sommes aux premiers rangs dans des secteurs de haute technologie comme le nucléaire ou l’aéronautique. Dans d’autres domaines d’avenir, comme les nanotechnologies ou les technologies de l’information, nous devons combler notre retard. C’est l’objectif des pôles de compétitivité qui réuniront en un même lieu des compétences aujourd’hui dispersées.

Forts de ces atouts, nous devons relever le défi de la mondialisation. Face à une concurrence toujours plus vive, le gouvernement souhaite rassembler toutes les forces autour d’un véritable patriotisme économique. Il ne s’agit pas de nous replier à l’abri d’un nouveau protectionnisme : nous avons une longue tradition d’ouverture. Il s’agit de mobiliser toutes nos énergies, acteurs publics mais aussi privés, pour valoriser l’attractivité de notre pays. D’autres se sont déjà dotés d’instruments pour mieux valoriser leurs atouts et leurs capacités : il est normal que nous nous donnions les moyens de protéger nos entreprises et nos emplois.

Dans la mise en œuvre de ce patriotisme économique, vous avez un rôle essentiel. Premièrement, en améliorant l’attractivité de notre territoire : Notre pays doit mieux accueillir les compétences et les talents : à vous d’inciter les chercheurs, les étudiants et les cadres à venir tenter leur chance dans notre pays. Vous le faites déjà : renforcez votre action. De notre côté, nous adapterons notre programme de bourses, nous améliorerons l’accueil des étudiants, notamment en ce qui concerne le logement, ainsi que la rémunération pour les chercheurs étrangers.

La France doit également attirer davantage les investissements et les capitaux. Il vous revient de jouer un rôle toujours plus actif dans ce domaine, à travers la connaissance des acteurs économiques de votre pays d’accueil. Elle guidera notre action pour améliorer le cadre juridique des investissements étrangers, et offrir de nouveaux dispositifs d’accompagnement à l’installation. Enfin, nous devons développer ensemble certains secteurs stratégiques qui sont les clés de la croissance et des emplois de demain. Nous savons tous ici ce que nous vous devons dans le succès d’Iter. Grâce à des projets comme celui-ci ou comme Galileo, la France et l’Europe resteront fidèles à leur tradition d’excellence.

  Deuxième direction : anticiper les grandes mutations à venir :
Grâce à des stratégies industrielles pour mieux cibler nos secteurs d’excellence : c’est à partir de ces secteurs que nous pourrons développer l’exportation de nos entreprises, quelle que soit leur taille. Anticiper aussi grâce à des stratégies régionales : à vous d’identifier les marchés porteurs. Chaque ambassade doit dorénavant être dotée d’un comité d’intelligence économique réunissant, sous l’autorité de l’ambassadeur, tous les acteurs capables d’analyser la situation des marchés locaux afin de nous informer des opportunités qui apparaissent pour les entreprises.

Anticiper enfin dans la préparation des grandes négociations en cours, notamment au sein de l’OMC : je pense en particulier à la préparation de la conférence ministérielle de Hong-Kong, dont l’issue pourrait avoir des conséquences majeures sur notre économie nationale et européenne. Nous devons y faire avancer nos intérêts offensifs et défensifs dans tous les domaines, l’agriculture comme l’industrie et les services. Notre meilleur atout, là encore, ce sera notre capacité à rallier nos partenaires à nos vues.

Troisième direction, appuyer nos entreprises à l’étranger : seules 5% d’entre elles sont présentes à l’export. Nos petites et moyennes entreprises, en particulier, ne sont pas suffisamment soutenues dans leurs exportations, alors qu’elles ont un fort potentiel de croissance et de création d’emplois. Elles doivent bénéficier de nouveaux outils de financement et d’aide à l’exportation, à travers l’Agence de l’innovation industrielle, mais aussi Oséo ou encore les crédits export.

Je souhaite renforcer leur accompagnement international en ciblant davantage les pays et les secteurs où nous devons porter nos efforts. Il nous faut également multiplier les initiatives : je pense à celle qui a permis à mille PME de bénéficier dans leurs relations commerciales avec la Chine d’un soutien accru de l’Etat, mais aussi à des démarches triangulaires comme la rencontre Mexico-France-Québec conduite par mon prédécesseur, Jean-Pierre Raffarin. Pour construire une stratégie de long terme, Christine Lagarde me remettra dans les tout prochains jours un plan complet pour le développement de l’exportation, comprenant notamment des mesures de solidarité des grands groupes français à l’égard des PME.

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