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Un journaliste du "Parisien", soupçonné d'avoir écouté les fréquences de la
police, a été placé en garde à vue LEMONDE.FR | 15.11.05 | 18h48
Un journaliste du quotidien Le Parisien a été interpellé, mardi 15 novembre,
par l'IGS, la "police des polices" française, puis placé en garde à vue. Il est
soupçonné d'avoir écouté, durant les émeutes, les fréquences des forces de
l'ordre avec un appareil fourni par des policiers, a-t-on appris de source
policière. L'IGS a également mené des perquisitions au Parisien, a-t-on ajouté.
Roberto Cristofoli, journaliste pour l'édition des Hauts-de-Seine, était
interrogé, mardi matin, dans les locaux de l'inspection générale des services
(IGS), à Paris. Des policiers soupçonnés de lui avoir fourni du matériel
d'écoute devaient être aussi entendus par l'IGS. Les enquêteurs ont agi sur
commission rogatoire d'un juge.
Selon cette source, les fréquences de la police sont cryptées depuis
l'instauration du système de radio Acropol dans la police et la gendarmerie.
Elles sont donc difficilement audibles pour un membre extérieur aux forces de
l'ordre et sans le matériel adéquat.
LES SYNDICATS DÉNONCENT "UNE OPÉRATION D'INTIMIDATION"
Les syndicats SNJ, FO, CFDT et CGC "s'émeuvent du traitement disproportionné
utilisé à l'encontre de Roberto Cristofoli", qui a été "interpellé à son
domicile à 6 heures du matin et placé en garde à vue", ont-ils indiqué dans un
communiqué. Ces organisations syndicales "dénoncent" également les
perquisitions menées par la police au domicile du journaliste et à la rédaction
des Hauts-de-Seine du quotidien. Elles"s'insurgent contre cette intolérable
intrusion dans une rédaction qui n'est pas sans rappeler celles dont ont déjà
été victimes les journalistes de L'Equipe, du Point et de l'AFP".
Les syndicats du journal ont précisé dans leur communiqué qu'"à 13 h 30, les
policiers étaient toujours présents dans les locaux du journal" et qu'ils
avaient saisi notamment "un disque dur de l'ordinateur" de Roberto Cristofoli.
Cette saisie "n'est pas sans mettre en péril la confidentialité des sources et
des informations détenues par ce journaliste", ont souligné les syndicats.
"Nous assistons là, une nouvelle fois, à une démonstration de force et à un
déploiement de moyens qui s'apparentent à une opération d'intimidation à
l'encontre de la presse", ont-ils ajouté. Avec AFP