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Le renseignement perd Rondot par Jean-Dominique MERCHET QUOTIDIEN : mercredi 11 janvier 2006 Figure du monde du renseignement, le général Philippe Rondot prend sa retraite. A 69 ans, il a quitté, le 31 décembre, son petit bureau au ministère de la Défense, révèle le Figaro d'hier. Depuis 1997, Philippe Rondot était conseiller pour les opérations spéciales, un poste discret aux contours mal définis. Ces dernières années, il s'était vivement opposé à la DGSE. Son fait de gloire restera l'arrestation du terroriste Carlos. Après une longue carrière au Sdece, l'ancêtre de la DGSE, il avait été recruté par la DST, la grande maison rivale. Spécialiste du monde arabe, il est peu de dossiers sensibles dont il ne se soit occupé, des otages du Liban aux moines de Tibéhirine. Depuis quelques années, il s'occupait également de la traque de Karadzic et de Mladic. http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,[EMAIL PROTECTED],0.html Le général Rondot, tombeur de Carlos, quitte le renseignement AFP 16.01.06 | 09h41 Le général Philippe Rondot, qui avait fait arrêter le terroriste Carlos au Soudan en 1994, a quitté "à sa demande" le ministère de la Défense fin décembre 2005 où il était chargé du renseignement, a-t-on appris lundi au ministère. Il avait été nommé à ce poste (coordination des services de renseignements et des opérations spéciales) en 1997 par le ministre socialiste de la Défense Alain Richard. Pour marquer le départ de ce discret mais très efficace spécialiste du renseignement, le président de la République vient de l'élever, par un décret paru samedi au Journal officiel, à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Spécialiste du renseignement et du monde arabe, tout comme son père le général Pierre Rondot, Philippe Rondot, 69 ans, avait mené pendant près de vingt ans la traque qui avait abouti à l'arrestation de Carlos à Khartoum en Saint-cyrien, cet officier entre en 1965 au Service de documentation et de contre-espionnage (Sdece, devenu DGSE, Direction générale de la sécurité extérieure). C'est là, en 1976, qu'il fut chargé de trouver Carlos par le patron du service Action du Sdece, le général Alain Gaigneron de Marolles. Il rejoint ensuite en 1981 la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage) où il fut le seul militaire. Il fut également l'un des rares spécialistes du renseignement à avoir travaillé au Sdece et à la DST. En 1991, le ministre socialiste de la Défense Pierre Joxe, l'appelle à son cabinet et il participe à la création de la Direction du renseignement militaire (DRM) avant de reprendre ses fonctions de conseiller à la DST. C'est à ce poste qu'il avait repéré Carlos à Khartoum et convaincu les services secrets soudanais de le livrer à la France le 15 août 1994. Transféré en France, Carlos avait été ensuite condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour un triple meurtre, dont celui de deux policiers de la DST, commis le 27 juin 1975 à Paris. Parlant parfaitement l'arabe, l'allemand et le russe, le général Philippe Rondot s'est créé des relations dans tout le Proche-orient, intervenant dans de nombreux dossiers : attentats en France du début de 1982 et 1986, explosion du DC 10 d'UTA, otages français de Beyrouth, ou l'enlèvement de la famille Valente par Abou Nidal. Dernièrement, il avait participé aux efforts de la DGSE pour obtenir la libération des otages français en Irak.
