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La fin des U-2 programmée

(© Jean-Jacques CÉCILE, 15 janvier 2006) - Outre-Atlantique, des fuites ont
révélé la teneur d’un document classifié américain référencé Program Budget
Decision 720, approuvé par le Pentagone et qui prescrit le retrait graduel de
tous les avions de renseignement stratégique U-2 Dragon Lady actuellement en
service, les dix derniers devant être désarmés en 2011. Les missions remplies
par les avions devraient, à cette échéance, être reprises par la flotte de
drones Global Hawk dont l’émergence devrait être accélérée par les
financements qui auraient dû être affectés au maintien en condition des U-2.
En dehors de l’aspect relatif à l’utilité opérationnelle de ces deux engins,
on mesure combien cette manière de compétition est sous-tendue par des luttes
politiques intestines. Un rapport récent du Congressional Research Service
souligne ainsi avec raison que les dernières améliorations techniques dont a
bénéficié la flotte des U-2 permettraient de les utiliser jusqu’en 2050.
Parallèlement, il y a cinq ans, une précédente tentative de mise au rancart
des Dragon Lady initiée par Whitten Peters, alors secrétaire à l’US Air Force,
avait été bloquée par le Congrès. Même genre de scénario immédiatement après
le 11 septembre 2001. Alors qu’il devenait évident que divers épisodes
conflictuels en gestation allaient nécessiter des capacités accrues en matière
de surveillance, un vieux serpent de mer refit surface : il fut envisagé de
convertir les Dragon Lady en drones. Cette proposition fut notamment soutenue
par Robert Byrd, directeur du Senate Appropriations Committee américain qui,
dans une lettre adressée au Defense Secretary Donald Rumsfeld, fit remarquer
que l'autonomie de l’U-2 était ainsi susceptible d’être augmentée de 40 %.
Rien n’y fit. Enfin, certains chiffres apparaissent incompatibles. Ainsi, pour
l’US Air Force, les U-2 procurèrent 88 % de l’imagerie relative aux théâtre
des combats s’agissant de l’invasion de l’Irak en 2003 ; pour le Dailynews,
les Global Hawk ont fourni 55 % de la même imagerie. Doit-on en conclure qu’il
y avait 143 % de cibles à photographier ?

© Jean-Jacques CÉCILE
15 janvier 2006

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