http://www.onera.fr/vo-portrait/2006-013.php?xtor=EPR-1

Donner de l’autonomie à des véhicules sans pilote

Magali Barbier développe des architectures décisionnelles grâce auxquelles des
véhicules sans pilote acquièrent de l’autonomie. Ces recherches s’intègrent
dans un travail d’équipe au sein du département Commande des systèmes et
dynamique du vol (DCSD), impliquant plusieurs unités de recherche. Au
printemps dernier, elle était sur le pont du bâtiment d’expérimentation de la
guerre des mines Thétis de la Marine nationale quand les hommes du Groupe
d’études sous-marines de l’Atlantique (Gesma) ont mis à l’eau le Redermor, un
véhicule expérimental chasseur de mines. Pour ce dernier, il s’agissait de
réaliser ses premières missions en totale autonomie. Pour y parvenir, il
disposait à son bord du logiciel ProCoSA, développé par les équipes de
l’Onera. 

« Jusqu’ici le Gesma n’avait procédé à aucun essai en mode autonome en mer.
Ces équipes travaillaient à optimiser la robustesse du Redermor pendant qu’à
Toulouse nous développions et testions l’architecture décisionnelle, basée sur
le logiciel ProCoSA, nécessaire à l’autonomie de ce véhicule. C’était donc la
première fois que cette architecture allait être évaluée en mer sur le
véhicule », explique Magali Barbier. Cette « première » restera une expérience
exceptionnelle pour cette femme ingénieur de recherche, diplômée de l’Ensica
(Ecole nationale supérieure d’ingénieurs de constructions aéronautiques) et
titulaire d’un doctorat en automatique, qui a commencé sa carrière à l’Onera
en travaillant dans le domaine du trafic terrestre avant de s’intéresser à
l’autonomie des véhicules sans pilote au sein de l’unité « Conduite et
décision ». 

Des essais très satisfaisants

Magali Barbier se souvient que c’est à la fin des années 90 qu’a débuté la
collaboration avec le Gesma. Il s’agissait de développer une architecture
décisionnelle pour leur véhicule sous-marin. « Nous leur avons donc proposé
d’utiliser le logiciel ProCoSA (Programmation et contrôle des systèmes à forte
autonomie), conçu précédemment pour les besoins de la robotique mobile avec
l’aide de la DGA ». Cela fait plus de six ans que Magali Barbier travaille au
développement de cette architecture embarquée, baptisée Nivas (Navigation
intégrée pour véhicule autonome sous-marin) qui a été testée en mars dernier
dans la baie de Douarnenez. Néanmoins, elle tient à rappeler que c’est Claude
Barrouil, l’actuel directeur scientifique de la banche TIS (Traitement de
l’information et systèmes) de l’Onera, qui est à l’origine de ces travaux. 



Dès lors, on imagine parfaitement la tension qui devait régner ce lundi 20
mars sur le pont de la Thétis quand l’équipage a mis à l’eau le Redermor, cet
engin de quatre tonnes, long de six mètres cinquante, avec à son bord Nivas
qui comprend la fonction de supervision de l’exécution et les logiciels de
planification, de guidage et de pilotage. Pour tous, c’était une sorte
d’aboutissement. Si certaines des missions programmées n’ont pas été
totalement finalisées, du fait de problèmes informatiques, inévitables dans ce
genre de « première », les essais effectués durant trois jours ont été très
satisfaisants. Au total, le Redermor a réalisé trois missions différentes,
chacune d’une durée d’une demi-heure. « Chacune de ses missions avait été
préparée sur l’interface opérateur, baptisée Iovas (Interface opérateur pour
véhicule autonome sous-marin) et développée par l’entreprise Prolexia, avant
d’être chargée à bord du véhicule via une communication hertzienne. Une fois
le Redermor en mode autonome, nous disposions d’une liaison acoustique
spécifique nous permettant d’arrêter à tout moment la mission. Par ailleurs,
le véhicule est équipé d’un modem acoustique grâce auquel nous pouvions
connaître en temps réel sa position par rapport à celle de la Thétis »,
indique-t-elle. 

Prochaine étape, le démonstrateur

Les recherches sur l’autonomie au DCSD se poursuivent en interne sur les
plates-formes expérimentales ReSSAC, deux hélicoptères Rmax sur lesquels les
ingénieurs ont réalisé le vol autonome, avec décollage et atterrissage en
zones non préparées. Des études sont ainsi prévues sur la coopération
multi-véhicules impliquant les deux ReSSAC mais aussi d’autres engins aériens,
terrestres et sous-marins. Autre axe de ces recherches, la coopération
opérateur-système avec la problématique du partage d’autorité. 

En mai dernier, l’unité toulousaine que dirige Jean-François Gabard a réalisé
le même type d’essais à Dijon. Cette fois-ci, l’architecture ProCoSA était
embarquée en effet à bord d’un véhicule aérien. « Nous avons effectué cette
mission dans le cadre du programme CEVM (Contrôle d’exécution de vol et de
mission) que nous menons en collaboration avec EADS pour le compte du SPNuM
(Service des programmes nucléaires et de missiles). Notre travail a consisté
en particulier à implémenter l’architecture décisionnelle sur un avion léger
MCR4S à bord duquel se trouvait un pilote et l’opérateur disposant du
calculateur décisionnel », résume Magali Barbier. Pour l’heure, les ingénieurs
de l’Onera poursuivent des travaux qui visent à améliorer la sûreté de
fonctionnement de ProCoSA. « La prochaine étape c’est le démonstrateur,
réalisé par les industriels. Sinon, une application basée sur ProCoSA est
envisageable à l’horizon 2015 », affirme-t-elle. C’est le défi à relever si la
France souhaite rester au contact des Américains dans ce domaine.

--~--~---------~--~----~------------~-------~--~----~
You received this message because you are subscribed to the Google Groups 
"guerrelec" group.
To post to this group, send email to [email protected]
To unsubscribe from this group, send email to [EMAIL PROTECTED]
For more options, visit this group at 
http://groups-beta.google.com/group/guerrelec
-~----------~----~----~----~------~----~------~--~---

Répondre à