http://www.assemblee-nationale.fr/12/cr-cdef/06-07/c0607005.asp
Audition du général Stéphane Abrial, chef d'état-major de l'armée de l'air, sur le projet de loi de finances pour 2007 (...) Le souci du juste besoin en matière d'équipements amène l'armée de l'air à réfléchir à toutes les voies de mutualisation possibles avec ses partenaires occidentaux pour maîtriser les coûts de ses activités. C'est dans cet esprit qu'elle s'est résolument engagée dans le domaine des drones, en particulier pour les missions de surveillance et d'acquisition d'objectif. Trois systèmes intérimaires de drones MALE (SIDM) devraient être livrés courant 2007. Ils offriront la possibilité d'accumuler de l'expérience et de valider des concepts opérationnels avant l'arrivée de drones moyenne altitude longue endurance (Male), à l'horizon 2013. Après avoir testé cette capacité en opération ou en exercice, il sera possible d'apprécier l'étendue de son apport, qui est indubitable. Là encore, le projet de l'armée de l'air s'inscrit dans une dynamique européenne ; il est essentiel que le projet de drone Male futur, confié à EADS, permette de fédérer l'industrie européenne, afin de répondre aux besoins avérés des nombreux pays intéressés. (...) M. Jean-Louis Bernard, rapporteur pour avis pour l'armée de l'air, s'est enquis des enjeux d'une future loi de programmation militaire pour l'armée de l'air. Il a fait part de ses inquiétudes sur le SIDM et le futur programme de drone Male, et a évoqué les perspectives ouvertes par les UCAV (Unmanned Combat Aerial Vehicle), notammant la possibilité de mettre en uvre à terme une force aérienne de combat mixte, comportant des avions pilotés et des drones. Quel est le sentiment du chef d'état-major de l'armée de l'air sur ces points ? Le général Stéphane Abrial. S'agissant des appareils pilotés à distance, il a indiqué que l'armée de l'air se trouve dans une situation difficile. Elle avait en effet adopté une démarche prospective, en expérimentant dès 2000 des drones Hunter, lesquels devaient être remplacés par le programme SIDM. Toutefois, l'industriel chargé de ce dernier a été confronté à de difficultés techniques importantes et enregistre trois ans de retard. Néanmoins, début septembre, le SIDM a volé pour la première fois dans l'espace aérien français, et il est attendu au Centre d'expérimentations aériennes militaires (CEAM) au premier trimestre 2007, de façon à ce que l'unité opérationnelle puisse être ouverte au deuxième semestre 2007, à Cognac. Les drones constituent une évolution majeure, voire une révolution, car ils offrent des capacités de surveillance et de reconnaissance très élevées. L'armée de l'air attend beaucoup de ce système, d'autant qu'il permet de développer une approche européenne, alors que nombre d'armées de l'air ont commencé à se doter de ce genre d'appareils. Il est impératif d'utiliser les SIDM le plus rapidement possible afin de bien préparer le terrain pour le futur drone Male, dont l'arrivée dans les forces est prévue entre 2013 et 2015. Parallèlement, le concept d'UCAV est à l'étude, avec le programme de démonstrateur Neuron. Celui-ci va au-delà des missions de surveillance et de reconnaissance, puisqu'il s'agit d'un drone de combat, capable d'emporter des armements. Le Neuron n'est cependant pas destiné à aboutir à un programme opérationnel utilisé dans les forces - tel sera peut-être le cas de son successeur. A une échéance que l'on ne peut encore déterminer, la présence d'un pilote dans les avions de combat pourrait être remise en cause, bien que les progrès de l'intelligence artificielle soient encore insuffisants pour franchir ce pas. On peut d'ores et déjà imaginer qu'à terme, l'armée de l'air se dote de flottes mixtes, avec des vecteurs pilotés et des vecteurs pilotés à distance, depuis le sol ou depuis des avions traditionnels - par exemple avec le concept d'un Rafale entouré d'une flottille d'UCAV. (...) M. Jean-Michel Boucheron a jugé qu'il n'était pas envisageable d'attendre huit ou neuf ans avant de voir le programme Male aboutir, alors même que son lancement a été étudié dès 2002. Quelles sont les raisons financières, techniques et diplomatiques expliquant ces délais ? Quelles mesures pourraient être prises pour le remettre sur les rails ? Le général Stéphane Abrial a indiqué qu'il était absolument nécessaire que l'armée de l'air soit dotée de drones le plus vite possible. Néanmoins, les retards sur le SIDM tendent à prouver que les propositions industrielles ne sont pas encore techniquement mûres. Il n'est pas certain que l'industrie soit en mesure de fournir un système Male dans un délai beaucoup plus court que celui prévu, alors même que ses capacités seront bien supérieures à celles du SIDM, avec une autonomie de plus de vingt-quatre heures et des moyens de transmission et de surveillance embarqués d'une autre ampleur. L'étape du SIDM permet de défricher ce domaine et d'effectuer les bons choix pour les programmes ultérieurs. Le système Male est également proposé aux autres pays européens, cette démarche de coopération prenant nécessairement du temps. --~--~---------~--~----~------------~-------~--~----~ You received this message because you are subscribed to the Google Groups "guerrelec" group. To post to this group, send email to [email protected] To unsubscribe from this group, send email to [EMAIL PROTECTED] For more options, visit this group at http://groups-beta.google.com/group/guerrelec -~----------~----~----~----~------~----~------~--~---
