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Quand la DGSE ouvre ses dossiers
LE MONDE | 18.12.06 | 15h34 � Mis � jour le 18.12.06 | 15h34
C'est une salle quelconque, dont nul ne doit conna�tre l'existence. Au coeur
de la caserne Mortier, � Paris, si�ge des services secrets fran�ais (DGSE),
une salle est r�serv�e � des visiteurs tr�s particuliers.
Des personnes tri�es sur le volet dans chaque entreprise fran�aise li�e � des
secteur sensibles ou strat�giques viennent y consulter les informations sur
les concurrents ou sur des march�s en devenir sur la plan�te. Serge Tchuruk, l'�poque o� il dirigeait Total, �tait ainsi l'interlocuteur attitr� de la
DGSE. Ses plus proches collaborateurs ne le savaient pas. Ces documents, le
contenu secret des offres des concurrents ou des �changes entre adversaires,
sont intercept�s par les satellites ou les syst�mes d'�coutes de l'Etat. Le
service op�rationnel de la DGSE a la r�putation de "visiter" les chambres des
grands h�tels parisiens o� transitent des hommes d'affaires du monde entier.
Les Etats-Unis, l'Angleterre et la Su�de ont, depuis longtemps, avant la
Chine, le Japon ou la Russie, engag� leurs services sp�ciaux aux c�t�s de
leurs entreprises nationales. Dans cette version secr�te du patriotisme
�conomique, la France est plut�t � la tra�ne.
"Les chefs d'entreprise fran�ais font preuve d'une certaine na�vet� lors de
leurs d�placements � l'�tranger", souligne Pierre-Jacques Costedoat,
ex-directeur des op�rations de la DGSE reconverti dans la s�curit� des
entreprises. En clair, ils oublient souvent que les services �trangers ont les
moyens de conna�tre leurs num�ros de vol et de chambre d'h�tel. "La France est
encore assez inhib�e en mati�re de partenariat public-priv�", ajoute Bruno
Delamotte, dirigeant de BD Consultant et grand connaisseur du monde du
renseignement. "Aux Etats-Unis, poursuit-il, pour chaque grand march� conqu�rir, une v�ritable "war room" est mise en place qui associe les
diff�rents services de l'Etat pouvant aider le pays � remporter la victoire."
Dans les ann�es 1970, le patron des services fran�ais, Alexandre de Marenches,
faisait lui-m�me le lien avec les chefs d'entreprise dans un cadre plutinformel. Son successeur de juin 1981 � novembre 1982, Pierre Marion,
d�veloppa une v�ritable structure qui connut, par la suite, un rendement assez
variable.
Puis, l'arriv�e, en 2002, d'Alain Juillet, ex-PDG de Marks & Spencer, � la
t�te de la direction du renseignement de la DGSE donna du souffle au service
liaison ext�rieure, charg� des relations avec les entreprises. Il fut
d'ailleurs choisi, d�but 2004, pour �tre le haut responsable de l'intelligence
�conomique aupr�s du gouvernement.
La France tente de combler son retard. Le vrai d�clic semble �tre intervenu
voil� dix ans lors de l'affaire Raytheon. En 1994, Thomson-CSF avait perdu,
contre toute attente, le projet br�silien Sivam, un syst�me de surveillance de
la for�t amazonienne de 1,3 milliard de dollars. Un an plus tard, les services
secrets fran�ais d�couvraient que l'Agence nationale de la s�curit� am�ricaine
(NSA), pilier du r�seau d'�coutes international anglo-saxon Echelon, avait
intercept� des appels t�l�phoniques fran�ais au profit de son concurrent
am�ricain. Gr�ce aux �coutes et � une intervention appropri�e du pr�sident
Bill Clinton, Raytheon put relever le montant des pots-de-vin par rapport Thomson-CSF et ainsi remporter le march�.
La guerre �conomique ne cesse jamais. Depuis dix-huit mois, � cinq reprises,
lors de leur d�placement en Isra�l, des cadres du groupe d'�lectronique
fran�ais Sagem - devenu Safran en 2004 apr�s la fusion avec Snecma - ont connu
des m�saventures � l'a�roport de Tel-Aviv. A chaque fois, la police des
fronti�res, sous pr�texte de contr�les de s�curit�, emportait, hors de leur
vue, leurs ordinateurs portables.
Des traces d'intrusion informatique ont �t� relev�es sur les ordinateurs,
laissant planer, d'apr�s les services de s�curit� de Sagem, l'hypoth�se d'une
copie des disques durs.
D�but 2000, la DGSE avait d�couvert que le repr�sentant des services secrets
allemands � Paris, le BND, s'int�ressait de tr�s pr�s aux plans de la RS21, la
nouvelle F1 de Renault. L'int�ress� dut prendre sa retraite pr�cipitamment,
selon un t�moin. "Nous avons �t� inform�s de cette affaire, mais sans recevoir
de preuves", note-t-on chez Renault. Article paru dans l'�dition du 19.12.06.
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