Les plus pauvres de Kaboul n'ont aucun moyen d'�chapper aux bombes
KABOUL, 14 oct (AFP) - Les habitants les plus pauvres de Kaboul n'ont aucun
moyen d'�chapper aux bombardements am�ricains qui ont de nouveau r�sonn� dans
la nuit de samedi � dimanche sur la capitale afghane d�j� ravag�e par la
guerre.
"Croyez-moi, � chaque fois qu'il y a un raid, mes enfants se mettent �
pleurer. La nuit derni�re, moi aussi j'ai pleur�", a d�clar� Mohammad Nabi, 41
ans, m�canicien dans le quartier de Qwaee Markaz de Kaboul.
"Lorsque des femmes et des enfants crient au milieu de la nuit, c'est d�j�
terrifiant en soi", a-t-il ajout�.
Alors que l'air de Kaboul vibre nuit et jour du grondement des avions
am�ricains en mission de bombardement ou de surveillance, les habitants les
plus pauvres de la capitale afghane, contraints de rester chez eux faute
d'argent pour prendre le chemin de l'exode, cherchent d�sesp�r�ment des abris.
Les commer�ants ont transf�r� leurs stocks aux portes de la ville. "Nous
avons peur que nos marchandises soient pill�es en cas d'anarchie", a expliqu�
l'un d'eux.
Les chauffeurs de taxi parcourent les rues d�sertes de la ville � la
recherche de clients. En vain.
"Aucune personne assez riche pour prendre un taxi n'est rest�e � Kaboul.
J'ai circul� en ville toute la journ�e pour trouver un client mais c'est
devenu tr�s difficile", a assur� de son c�t� Mushtaba au volant de son vieux
taxi.
"Seulement les gens qui circulent � pied ou en v�lo, faute d'argent, sont
rest�s en ville. Dans un mois, vous ne verrez plus personne dans cette ville.
Ils seront morts ou partis", a ajout� Mushtaba.
Le Pentagone a reconnu samedi qu'une bombe de 900 kg avait dans la nuit
manqu� sa cible, un h�licopt�re sur l'a�roport de Kaboul, et avait d�truit par
erreur une zone r�sidentielle distante de deux kilom�tres, faisant quatre
morts et des dizaines de sans-abri.
"Je ne sais pas s'ils vont �liminer les terroristes ou les cr�er. Nous ne
sommes pas des terroristes, ils nous forcent � le devenir", a affirm� Nabi,
autrefois instituteur.
"Il doit y avoir d'autres choix. Les bombardements ne sont pas la seule
solution. Ils devraient envisager d'autres options", a-t-il soulign�.
Les Etats-Unis, aid�s par la Grande-Bretagne, ont entam� il y a une semaine
des frappes a�riennes contre l'Afghanistan pour contraindre les taliban au
pouvoir � Kaboul � livrer Oussama ben Laden, suspect num�ro un dans les
attentats du 11 septembre � New York et Washington.
Mais les taliban ont jusqu'� pr�sent refus� de c�der.
Apr�s une nouvelle nuit de bombardements, de nombreux habitants de Kaboul
se sont d�plac�s dimanche d'un endroit � un autre de la ville, leurs maigres
biens entass�s dans des camions ou des charrettes � cheval.
"Nos proches vivent � Shari Naw (pr�s de Kaboul). Nous allons les rejoindre
pour �tre plus pr�s d'eux", a expliqu� Hekmatullah, 22 ans, tout en poussant
devant lui une charrette transportant ses biens. "Nous vivions � Bi Bi Mahro
(dans Kaboul) ... C'est la cinqui�me fois que je d�m�nage entre ma maison et
celle de mes cousins".
Au m�me moment, la d�fense anti-a�rienne des taliban ouvrait le feu sur un
avion am�ricain tournant au-dessus de Kaboul en plein apr�s-midi. Clairement
visible, il a effectu� deux ou trois tours au-dessus de la ville avant de
dispara�tre derri�re les montagnes avoisinantes.
Les habitants de la capitale se pressaient avant la nuit pour trouver un
abri.
Roger ROMAIN
a/conseiller communal PCB
B6180 COURCELLES
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