Salut ;)

3 liens :


http://constitution-europeenne.info/

http://europa.eu.int/index_fr.htm

http://www.constitution-europeenne.fr/


Un texte :

RÉFÉRENDUM : LE CHOIX DE L’EUROPE

D’où vient ce texte ?

Le projet de Traité constitutionnel est issu des travaux de la Convention sur
l’avenir de l’Europe convoquée par le Conseil européen lors du Sommet de Laeken
(décembre 2001). Il est le fruit d’un processus original auquel ont été associés
les gouvernements et parlements nationaux, la Commission européenne, le
Parlement européen mais également la société civile : les débats et l’ensemble
des documents étaient publics, et surtout, un Forum fut ouvert aux
organisations représentant la société civile (ONG, associations diverses).
C’est la Conférence intergouvernementale (Chefs d’Etats et de gouvernements)
qui a, dans un second temps et après modifications, adopté le texte final en
juin 2004. Sans être idéal, ce processus a représenté une avancée démocratique
incontestable, au regard du processus de négociation diplomatique habituel.

Pourquoi ce texte ?

Il répond à une double nécessité : celle de doter l'Union d'institutions lui
permettant de fonctionner à 25 et de faire entendre sa voix spécifique dans le
concert de la mondialisation ; celle aussi de combler le « déficit démocratique
de l’Europe » en rapprochant l'Union des citoyens par une simplification de son
fonctionnement et une plus large participation de chacun. De surcroît, il
permet d’intégrer la Charte des droits fondamentaux adoptée à Nice en 2000.

Quels sont les apports du texte ?

Nous nous limiterons ici à souligner les améliorations substantielles qu’apporte
le nouveau Traité.

• Les valeurs qui fondent l’Union se trouvent confortées et étendues. La notion
de « transparence » de la vie publique et celle de « responsabilité à l’égard
des générations futures » font leur apparition dans le préambule. Respect de la
dignité humaine, droit des personnes appartenant à des minorités, pluralisme,
non-discrimination, tolérance, justice, solidarité, égalité hommes/femmes sont
explicitement inscrites au rang de valeurs de l’Union, ce qui n’était pas le
cas dans le Traité de l’Union européenne.

• Les objectifs de l’Union, repris des traités précédents, sont définis en
termes plus larges. Plusieurs éléments nouveaux apparaissent parmi lesquels on
note :

l’économie sociale de marché, la lutte contre l’exclusion sociale et les
discriminations, la justice sociale, le respect de la diversité culturelle et
linguistique, le développement durable de la planète, la solidarité entre les
peuples, le commerce libre et équitable, l’élimination de la pauvreté, la
protection des droits de l’homme.

• Le Traité renforce les moyens dont dispose l'Union pour affirmer son identité
dans le monde. Il donne à l'Union la personnalité juridique. Il institue un
Président du Conseil européen et un Ministre des Affaires étrangères, chargé de
l'ensemble des relations extérieures de l'Union.

• Défenseurs ou opposants au Traité, tous s’accordent à reconnaître qu’il rend
le fonctionnement de l'Union plus lisible : il met fin à l’organisation en
trois « piliers » et à la dualité Union/Communauté européenne, qui rendait ce
fonctionnement opaque aux yeux de nombreux citoyens. Il clarifie la répartition
des compétences entre l'Union et les Etats membres et donne aux Parlements
nationaux la possibilité de demander le respect du principe de subsidiarité
lorsqu'ils estiment que l'Union outrepasse ses pouvoirs. S'ils décident de
saisir la Cour de justice, celle-ci tranchera.

• La prise de décision de l’Union sera facilitée grâce à l’extension du vote à
la majorité qualifiée au détriment de l’unanimité, même si l’on peut regretter
que trop de domaines en soient encore exclus (fiscalité…). Le calcul de cette
majorité qualifiée, dont on se souvient qu’il fit l’objet d’âpres discussions,
sera plus simple et plus démocratique : la décision devra recueillir
l'approbation d'une majorité d'Etats (55%) représentant une large majorité des
populations(65%), la minorité de blocage devant rassembler au moins quatre
Etats.

• La démocratie participative sort renforcée non seulement par l’instauration
d’un « dialogue, ouvert, transparent et régulier » tant avec les associations
représentatives et la société civile (art 47) qu’avec les Eglises et les
associations philosophiques et non confessionnelles (art.52), mais aussi par la
création d’un droit d’initiative populaire qui permet à un million de citoyens
issus de différents Etats membres d’inviter la Commission à faire des
propositions législatives. Le dialogue social se voit également reconnu et le
sommet tripartite pour la croissance et l’emploi inscrit dans la Constitution.

• Les pouvoirs du Parlement, représentant les citoyens, sont élargis. Son
pouvoir législatif est étendu à de nouveaux domaines, en particulier en matière
de justice et de sécurité intérieure. Désormais, la procédure de codécision
devient la procédure ordinaire et fait du Parlement un véritable co-législateur
avec le Conseil. Il a désormais le même pouvoir de décision que le Conseil sur
l’ensemble des dépenses du budget.

• La Charte des droits fondamentaux qui reconnaît les principaux droits, tant
civils et politiques que sociaux, culturels et économiques, est intégrée au
Traité dont elle constitue la deuxième partie. Adoptée au Sommet de Nice en
décembre 2000, elle n’était pas à ce jour juridiquement contraignante. Ce sera
désormais chose faite : elle sera obligatoire pour les institutions, organes et
agences de l’Union de même que pour tous les Etats membres lorsqu’ils mettent en
œuvre le droit de l’Union. Si beaucoup auraient souhaité un texte plus
ambitieux, un consensus se dégage toutefois pour reconnaître ces avancées.
D’autres points en revanche alimentent le débat entre partisans du oui et du
non. Nous allons tenter d’examiner les principaux.

Certains pensent que…

• la constitution est ultra-libérale ou néolibérale La question est ainsi mal
posée. En effet, des politiques néolibérales sont menées en Europe depuis une
vingtaine d’années, donc bien avant que la Constitution ne voie le jour. Le «
libre jeu de la concurrence » qui constitue un des fondements du marché
intérieur est inscrit dès le Traité de Rome (1957). La vraie question est de
savoir si le texte proposé accentue ce phénomène. L’examen des premiers
articles, pris dans leur ensemble, invite à répondre par la négative. Parmi les
valeurs de l’Union, il n’est question ni de concurrence, ni d’économie, mais de
dignité humaine, de liberté, d’égalité….

L’article I-3 sur les objectifs de l’Union précise certes que « l’union offre à
ses citoyens … un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée
», mais il n’offre pas que cela. L’alinéa précédent rappelle que le but de
l’Union est de « promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses
peuples. Elle offre également « un espace de liberté, de sécurité et de justice
sans frontières intérieures ». Elle intègre tous les éléments que nous avons
notés parmi les avancées. En outre, notons que le traité n'interdit nullement,
pas plus que les précédents d'ailleurs, de développer la dimension sociale et
environnementale de l’Union. Il s’agit de choix politiques et non de
contraintes institutionnelles. Il convient de ne pas confondre les politiques
menées avec un texte qui ouvre la voie à plusieurs politiques possibles. Et à
ce titre, le texte offre de nouveaux moyens de participation qui devront être
utilisés pour accroître la dimension sociale, écologique, démocratique de
l’Union… à condition que la société civile les utilise.

Enfin, l'orientation libérale souvent suivie en Europe n'est qu'une conséquence
des pressions exercées par la mondialisation. Pour équilibrer ces pressions et
maîtriser la mondialisation, seule la dimension européenne est pertinente.

• La constitution, c’est la fin des services publics

Pendant les travaux de la Convention, certains pays, dont la France,
souhaitaient voir inscrire les services d’intérêt général dans les valeurs ou
les objectifs : sans succès. Néanmoins, s’ils n’apparaissent pas en tant que
tels, certaines valeurs ou objectifs - comme le plein emploi et le progrès
social, le combat contre l’exclusion sociale - peuvent servir à les fonder.

En outre, ils figurent dans la Charte des droits fondamentaux où l’article II-96
reconnaît un droit d'accès aux services économiques d’intérêt général. Mais
c’est sans doute l’article III- 122, repris des traités actuels, qui est le
plus important dans ce domaine. Il définit les services conomiques d’intérêt
général comme ceux « auxquels tous dans l’Union attribuent une valeur » et
reconnaît leur rôle dans la « promotion de la cohésion sociale et territoriale
». Il prévoit que l’Union et les Etats membres veillent « à ce que ces services
fonctionnent sur la base de principes et dans des conditions, notamment
économiques et financières, qui leur permettent d’accomplir leurs missions ».
Le Traité constitutionnel précise que c'est désormais la loi européenne qui
établit ces principes et conditions : il y a là une ouverture pour les acteurs
politiques et la société civile.

• L’Europe sociale est la grande absente

Le groupe de travail sur l’Europe sociale au sein de la Convention eut peine à
voir le jour et ses propositions ont été peu suivies. C’est sans doute le point
le plus faible du texte. Néanmoins, non seulement il n’est pas en retrait par
rapport à l’existant, mais il comporte des points d’appui pour les acteurs
sociaux qui voudront bien s’en saisir. D’une part, le rôle des partenaires
sociaux est renforcé, le dialogue social autonome est constitutionnalisé (art.
I-48) ; mais surtout l’article III-117, appelé clause transversale (ou
horizontale) fixe les principes qui doivent guider l’ensemble des politiques de
l’Union, à savoir : niveau élevé d’emploi, garantie d’une protection sociale
adéquate, lutte contre l’exclusion sociale, niveau élevé d’éducation, de
formation et de protection de la santé. C’est en quelque sorte le fil rouge de
l’action communautaire.

En outre il faut rappeler que la Charte des droits fondamentaux garantit des
droits sociaux essentiels.

• La Constitution sera impossible à modifier et bloquera les avancées.

La peur de voir la Constitution et ses imperfections gravées dans le marbre est
réelle. Est-elle justifiée ?

Pour certains, l’obstacle principal est le maintien de la règle de l’unanimité.
C’est pourtant celle qui est en vigueur actuellement et elle n’a pas empêché de
modifier le Traité de Rome initial (1957) et cela à un rythme soutenu ces
dernières années :

Acte unique 1987, Maastricht 1992,

Amsterdam 1997, Nice 2000,

future Constitution…. D’autre part, le Parlement pourra désormais être à
l’initiative d’une proposition de révision, comme la Commission et les Etats
membres. Il y a là des possibilités nouvelles.

Enfin, concernant la partie III qui traite des politiques et du fonctionnement
de l’Union, une clause dite « clause passerelle » rend les révisions plus
simples : le Conseil peut décider à l’unanimité de statuer à la majorité
qualifiée sur des sujets qui jusque- là requéraient l’unanimité. Cette
procédure, qui peut paraître lourde, n’est cependant pas impossible à manier.
Avant même l’adoption de la Constitution, le Conseil a pris une décision en ce
sens concernant les questions d’asile. Enfin, la possibilité des coopérations
renforcées permet aux Etats membres qui le souhaitent (un tiers minimum)
d'approfondir la construction européenne dans un domaine déterminé lorsque cela
se révèle impossible pour l'Union dans son ensemble.

En conclusion,

nul ne saurait prétendre que ce texte est parfait. Néanmoins, malgré ses
imperfections et ses insuffisances, il offre des moyens d’action nouveaux, il
ouvre des voies nouvelles capables de faire progresser l’Union. Il invite
également à une plus grande participation des citoyens. Doit-on le rejeter
parce qu’il n’est pas idéal et conserver le régime du traité de Nice, dont
chacun, partisan ou non de la Constitution, s’accorde à dire qu’il est plus
mauvais que le traité soumis à référendum ? Croire qu’un non à la Constitution
permettrait une renégociation du Traité est illusoire. Difficile équilibre
entre les 25 partenaires, il reflète l’état actuel de l’Union. Refuser la
Constitution c’est, en consentant délibérément à provoquer une crise, infliger
un coup d’arrêt sévère au processus de construction européenne; refuser la
Constitution c’est fragiliser le modèle européen au moment même où les attentes
à son égard sont fortes, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Union. Depuis
plus de 50 ans, l’Union européenne a créé un espace de paix, tissé des liens
d’amitié entre des peuples qui s’étaient longtemps combattus, défendu des
valeurs d’humanisme et de solidarité sur la scène internationale. Un non
français serait inévitablement compris par nos partenaires comme une remise en
cause de cet acquis. Justice et Paix-FRANCE

OUI ou NON ? Adopter ou rejeter le Traité? C'est l'unique question qu'auront à
trancher les électeurs français le 29 mai prochain. Il ne s’agit pas de se
prononcer sur la politique du gouvernement actuel. L'enjeu, pour la
construction européenne, est trop grave pour que le scrutin soit détourné de
son véritable objet. Il est donc essentiel de savoir de quoi l’on parle,
d’évaluer le texte le plus objectivement possible afin de pouvoir se prononcer
sur son contenu réel et non sur des éléments fantasmés que d’aucuns s’ingénient
à colporter dans le grand public. Sans prétendre traiter le dossier de façon
exhaustive , c’est à cet objectif de clarification que voudrait contribuer
Justice et Paix afin qu’au terme d’un débat serein, transparent et
démocratique, notre choix soit responsable.

A bientôt


Linux-Azur :      http://www.linux-azur.org
Désinscriptions: http://www.linux-azur.org/liste.php3
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