Jean-François,

Pour respecter ta nétiquette qui autorise donc à se débarrasser des  
arguments gênants d'autrui, je vais procéder ainsi puisque tes longs  
commentaires interdisent d'y répondre spontanément.

Je vais en profiter pour aller à l'essentiel. Quand tu affirmes encore  
une fois que l'échange fructueux entre Laura, Dominique, Patrick,  
Oliver(s) confirment "la totale convergences avec tes motivations -  
qui est celle des @larges etc., je trouve, au moins pour ce que me  
concerne qu'il s'agit pour le moins d'une malhonnêteté intellectuelle  
de vouloir le faire croire.

Plus ça va et plus je trouve ta motivation et tes procédés  
politiciens. J'en veux pour preuve tes arguments concernant l'impact  
des technologies sur les sociétés.

Comme tout bon politicien, tu jures tes grands dieux que la défense  
des intérêts des gens est au centre de tes préoccupations alors que  
toutes tes actions ne peuvent avoir pour conséquence pour des raisons  
que tu reconnais toi-même (l'innovation a un impact destructeur sur  
l'existant) que de remettre en cause ce que tu prétends être ta ligne  
d'action.

Ce qui me motive justement, c'est de penser - et de parvenir à  
démontrer - qu'il est possible de parvenir à une intégration positive,  
c'est-à-dire non destructrice de l'innovation. Et ce, en particulier,  
pour ce qui concerne le domaine des nouvelles technologies et du  
réseau. Je te cite :

> si l'innovation est systématiquement mal gérée jusqu'ici, pourquoi  
> cela changerait-il (bien des gens tentant sans nul doute de s'y  
> opposer, nous aurions alors une tendance lourde s'opposant à des  
> milliers, des millions, des milliards de Sysiphes) ?

Ta question n'est pas la réponse, mais bien la vraie auestion  
auquelle, justement, il serait peut être temps de chercher une réponse  
dès lors que l'on connaît de mieux en mieux les mécanismes  de  
dégénérescence que provoque une introduction mal gérée de l'innovation.

Mais cela ne va pas dans ton sens puisque cela remet en cause ta  
position et le statut que tu cherches à te faire reconnaître.

La solution à une introduction positive d'une innovation implique de  
venir sans solutions a priori (on le sait, c'est elle qui fait  
problème. Et si je réagis, c'est que j'ai le sentiment que tu utilises  
cette liste pour m'imposer le fait que ta solution est la mienne, ce  
qui, évidemment, n'est pas le cas.

Il ne s'agit pas de venir avec des solutions, mais bien au contraire,  
avec de nouvelles approches visant à permettre de développer une  
nouvelle perception de l'innovation tant par l'offre que par le  
demande potentielle.

Pour cela il faut admettre que l'on n'est pas porteur de LA solution  
qui ne peut devenir UNE solution de ce type qu'à la condition expresse  
d'être imposée de force à tous. Ce à quoi vise le ton et le contenu de  
tes "commentaires" de cet échange fructueux dont tu n'as de cesse de  
démontrer qu'il s'agit d'un subjectivisme de "bon aloi" avec tout ce  
que cela peut comporter de péjoratif, alors que toi tu apporterais LA  
solution chargée de régler l'avenir du monde (et tant pis pour les  
têtes qui dépassent et n'entrent pas ton moule.Tu as "imaginé" la  
solution parfaite. Ce ne peut donc être que les gens qui sont  
imparfaits et donc, c'est leur faute s'ils n'entrent pas dans ton  
schéma.

Et là, ta mauvaise foi ou, pire ton aveuglement va loin.

L'épisode eskimos illustre parfaitement le propos.

A la description d'un processus et d'un exemple situé au début du  
XXème siècle sinon à la fin du XIème pour la clarté du propos, tu  
t'indignes et tu écris :

> Ceci est une négation absolue du développement et une insulte à  
> l'intelligence des Eskimos qui sont capables, comme tous les peuples  
> d'adapter leur gouvernance à leurs progrès techniques (il y a des  
> Inuits au SMSI !).

C'est ça ton problème. Considérer que des Inuits assistent au SMSI  
permet de masquer la situation de ces gens. Nous n'en  sommes plus à  
l'introduction du couteau, mais de l'alcool et des drogues liés à la  
destruction systématique de ce qui constituait la vie de ces gens-là.

Le midi que tu vois à ta porte n'est pas celui de la réalité des gens  
dont tu imagines la vie et la félicité. De toute évidence, c'est ton  
problème. Ce n'est pas le mien et cela finit par poser une question de  
fond concernant le mouvement @large et l'usage que tu en fais.

A-t-il pour vocation de défendre cette position technocratique ou, au  
contraire, partant des utilisateurs, de tenter de mettre en avant  
d'autres perceptions afin de provoquer la reconnaissance d'autres  
valeurs dans la pensée de la communauté ?

Ou, pour être moins totalitaires et exclusifs, n'a-t-il pas pour  
vocation à permettre à toutes les perceptions de s'exprimer, de se  
développer et de s'enrichir jusqu'au moment où l'action ou les actions  
s'imposeront d'elles-mêmes.

Si je me refuse à exposer et à développer sur cette liste le projet  
sur lequel je travaille, c'est pour deux raisons essentielles.

La première, c'est que l'orientation que tu donnes à la communauté  
@large France ne le permet pas. La seconde, c'est que pour  
l'essentiel, l'action se déroule et ne peut se dérouler qu'ailleurs  
parce qu'elle repose sur l'analyse de situations particulières, dans  
un cadre particulier par les intéressés eux-mêmes.

Pas de solutions toutes faites donc, mais une démarche de formation à  
la résolution des problèmes posés par l'introduction des NTIC reposant  
sur le développement de l'aptitude à analyser les besoins auxquels  
sont confrontés les gens dans leur quotidien en vue de parvenir à  
l'expression d'une demande à laquelle les NTIC sont susceptibles  
d'apporter une réponse adaptée.

Il s'agit, en partant de la réalité des gens et des situations, de  
produire de la richesse et non de la destruction et de la désolation.  
Le contraire, on le sait, de ce que tu entreprends. Ton Interboxe IPv6  
est une réponse qui ratisse tellement large qu'elle ne peut viser à  
convaincre que des gogos et qui pose plus de questions sur le plan de  
son utilité et de ses effets positifs sociaux qu'elle n'apporte de  
solutions. C'est dire ses effets pervers. Mais est-ce là  le  
problème ? Je finis par en douter.

Pour être plus précis, à quoi sert, par exemple, de soulever la  
question de la défense du multiculturalisme si elle n'est pas précédée  
d'une réflexion - nécessaire et indispensable - sur le rôle ET  
l'utilité, aujourd'hui, de la diversité des langues ? Idem pour la  
sémantique ? (Au fait, pourquoi n'est-il jamais question du Web et des  
travaux du W3C dans tes propos alors qu'en termes d'usage, cela fait  
belle lurette  que c'est là que se situe les actions ?)

De tout évidence, multiplier les problèmes est une nouvelle façon de  
diviser pour mieux régner.

Je vire donc tout le reste de ton message et ses commentaires. Ils  
noient le poisson et empêchent, effectivement, d'aller à l'essentiel.

Quant à moi,  par rapport à ta motivation réelle, j'en suis à me poser  
la question du maintien de ma présence sur cette liste. Je ne voudrais  
pas qu'elle serve à cautionner une vision et une politique contre  
lesquelles je m'élève.

Mais peut-être que je me trompe ? Que faut-il en penser ? Existe-t-il  
encore une place pour un débat qui ne soit pas tronqué (sachant que,  
en toute honnêteté, agir doit se passer ailleurs) ?

Bien amicalement,


Patrick



_______________________________________________
listegenerale mailing list
[email protected]
http://franceatlarge.org/mailman/listinfo/listegenerale_franceatlarge.org

Répondre à