Bonjour, > Enfin, c'est surtout les défenseurs de la loi qui s'efforce de tenir les > boîtes noires en dehors du débat ^^ > Impossible, en débat, de faire reconnaître à certains qu'il s'agit de > surveillance de masse alors que la démonstration était claire !
1. Il y a une différence entre tenir les boîtes noires en dehors du débat, et refuser de limiter la loi à ces points uniquement. Celà dit, il est vrai que le sujet n'aurait pas été abordé de plein gré par ses défenseurs et il fallait l'amener sur le débat. Mais ce n'est pas au rôle du public de faire ça ; Benjamin Bayart s'en sortait très bien par exemple. 2. Non, la démonstration n'a rien de clair. La question de savoir si c'est ou non de la surveillance de masse est loin d'être simple à mon avis. La comparaison avec une caméra faite par B. Bayart était très éloquente et je suis à titre personnel convaincu qu'il s'agit bien de surveillance de masse, mais lorsque le Député prétendait le contraire, ce n'était pas uniquement de la mauvaise foi mais aussi un désaccord sincère. Après tout, c'est l'occasion d'y réfléchir, plutôt que de répondre catégoriquement qu'il a tord et qu'il ne « peut pas comprendre » comme j'ai pu entendre dire dans l'assemblée, du fait qu'il n'a pas un diplôme d'informatique mais un master de philosophie. C'est vrai, il ne peut pas avoir d'idée cohérente sur la question s'il ne fait que de la philo… Mais justement, la question me semble plus d'ordre philosophique qu'informatique : À partir de quel moment un programme exerce-t-il une surveillance ? Un simple routeur faisant transiter des paquets fait-il de la surveillance ? Non. pourtant il voit *tout* passer dans sa mémoire. Ah, il faut qu'il conserve des informations ? Mais s'il a un cache ? Et il faut qu'il puisse lever des alertes ? Sauvegarder des données sur le long terme ? Dès que l'on veut définir précisément ce qu'est la surveillance, on se retrouve confronter à un grand nombre de questions, et donc non, la démonstration n'est pas évidente, que l'on est un point de vue technique ou non, et être confronté à des points de vue divergeant est l'occasion idéale pour mieux comprendre et mieux construire ses propres arguments. (Dans une certaine mesure, je pense que ces questions rejoignent celle de la responsabilité des algorithmes, qui reste sans réponse précise.) > Je ne pense pas que ce soit le cas, la discussion s'est au contraire au > portée sur des points très précis (les limites de cette loi) : si tout > le monde paraissait reconnaître les avancées à fournir un cadre légal > jusque là inexistant, les critiques se portaient essentiellement sur la > manière dont ce cadre était conçu. Justement, c'était l'occasion de découvrir tous les reproches faits à cette loi (je n'étais conscient que de peu des arguments du Syndicat de la Magistrature) et les différents besoins auxquels le projet de loi se doit de répondre (point de vue de la DST) et qu'il faut forcément prendre en compte si l'on veut proposer une alternative viable. La façon de concevoir le cadre est largement conditionnée par les raisons qui ont poussées à le mettre en place. > Cependant, les personnes qui ont le moins parlé pendant le débat, > étaient justement les personnes à charge de cette loi. > Si il y a eu déséquilibre dans la prise de parole, je pense qu'on sera > tous et toutes d'accord pour regarder du côté du député ! (qui coupait > très régulièrement la parole aux autres invité-e-s, ce que la modération > n'a pas géré correctement imho.) > Si effectivement la modération n'était pas impartiale et pas parfaite > sur certains points, on doit tout de même reconnaître que la parole a > été très largement donnée aux défenseurs de cette loi... 1. La plupart des reproches s'adressaient à lui. C'était donc à lui de réagir. 2. On a beaucoup parlé du sujet des boîtes noires, qu'il était le seul à défendre. Il n'est pas absurde que sur ce point son temps de parole soit égal à la somme des temps de parole des opposants. Si toutes les personnes présentes sont d'accord sur un point sauf une, à quoi sert-il d'entendre le point de vue consensuel ? Autant le laisser élaborer son raisonnement, ce qu'il n'a pas pu faire du fait des coupures qu'il a lui-même dû subire. 3. Les coupures faites par le public étaient bien plus désobligeantes. (4. Effectivement, un micro aurait été une solution simple et efficace.) Élie Le 08/04/2015 23:05, Stéphanie Ouillon a écrit : > Bonsoir, > > > 2015-04-08 10:34 GMT+02:00 Élie Michel <[email protected] > <mailto:[email protected]>>: > > > > C'est ainsi que les intervenants se sont vus confisquer la parole, ne > s'autorisant pas à gueuler plus forts que certains membres du public > ayant abandonné toute forme de respect envers eux et plus généralement > toute personne ayant un avis différent. > > > > > Le public n'a pas écouté, ou du moins pas entendu la présence > d'arguments intéressants, comme le fait que cette loi, à côté des > éléments de surveillance qu'elle légalise, permet une réelle > clarification de l'organisation des services de renseignements, et s'est > efforcé de cantonner le débat aux boîtes noires et à d'autres points > purement techniques qui, bien que catastrophiques pour les libertés > individuelles, ne soient pas les seuls points intéressants du débat. > > > Enfin, c'est surtout les défenseurs de la loi qui s'efforce de tenir les > boîtes noires en dehors du débat ^^ > Impossible, en débat, de faire reconnaître à certains qu'il s'agit de > surveillance de masse alors que la démonstration était claire ! > > > > > Ce débat était une occasion de découvrir toutes les facettes de cette > loi, les raisons qui y ont poussées, les revendications du syndicat de > la magistrature qui s'y oppose pour des raisons extrêmements différentes > des raisons techniques entendues par le public, le retour concrêt et > pragmatique de la façon d'agir de la DST et la génèse de cette loi. > C'était une occasion de se défaire de la bulle idéologique dans laquelle > gravite certainement une large partie du public et qui aurait dû > chercher à découvrir autre chose que les points noirs ayant fait le tour > des articles qu'ils lisent et qui proviennent de la même bulle. > > > > Je ne pense pas que ce soit le cas, la discussion s'est au contraire au > portée sur des points très précis (les limites de cette loi) : si tout > le monde paraissait reconnaître les avancées à fournir un cadre légal > jusque là inexistant, les critiques se portaient essentiellement sur la > manière dont ce cadre était conçu. > > > > Il a manqué une volonté de comprendre le point de vue des différents > intervenants qui s'est soldée par un manque de respect honteux à l'égar > de gens ayant passé du temps à réfléchir au problème qui est loin d'être > aussi simple et binaire que certains le pensent. > > > Cependant, les personnes qui ont le moins parlé pendant le débat, > étaient justement les personnes à charge de cette loi. > Si il y a eu déséquilibre dans la prise de parole, je pense qu'on sera > tous et toutes d'accord pour regarder du côté du député ! (qui coupait > très régulièrement la parole aux autres invité-e-s, ce que la modération > n'a pas géré correctement imho.) > > > Et enfin, je pense que ces débordements n'auraient pas pu avoir lieu si > le public n'avait pas bénéficié de la complicité déplacée d'une > modératrice complètement partiale et se moquant parfois presque des > intervenants, n'hésitant pas à les couper sans vergogne et abusant du > peu de pouvoir que son rôle lui conférait pour prendre des décisions > autoritaire sur le ton de qui découvre qu'il a cette possibilité. > > > Si effectivement la modération n'était pas impartiale et pas parfaite > sur certains points, on doit tout de même reconnaître que la parole a > été très largement donnée aux défenseurs de cette loi... > > > > J'ai donc éprouvé une certaine honte vis à vis des intervenant. Honte > d'appartenir à un public aussi peu diversifié et aussi peu enclin à > s'intéresser à une quelconque diversité. > > En espérant ne pas être le seul à avoir vécu ce débat d'une telle façon, > Élie Michel > > (Réactions possibles ici : http://known.exppad.com/2015/decu ) > > > > _______________________________________________ > Moz-fr mailing list > [email protected] <mailto:[email protected]> > http://mozfr.org/mailman/listinfo/moz-fr > > > > > _______________________________________________ > Moz-fr mailing list > [email protected] > http://mozfr.org/mailman/listinfo/moz-fr >
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