Salut Guillaume

 

Tu disais :

 

2 ou 3 pistes de solution?

1) Changer cette #&#?%# de politique de "Un appel, Un transport". Tu ne
nécessite pas de transport en ambulance? prend le taxi ou le transport en
commun. On pourrait même voir la création d'un autobus médical 24/24, qui
serait une division d'US. Ce pourrait être une option pour les Paramédics en
fin de carrière, qui ne désire plus faire du 9-1-1. Un peu comme des Sierra
(horaires d'inter-établissement) mais PERFORMANT...



Il y a effectivement une bonne idée là-dedans.  On pourrait même désengorger
les équipes qui veulent faire de l’urgence en confiant ce genre d’appel à
des véhicules « de transport », avec un équipement et une formation
minimale, genre « un paramédic et un chauffeur ».  Cette équipe pourrait
être envoyée sur les 26A1, par exemple.  Et si le cas ne correspond pas au
déterminant (donc il est plus grave et demande une équipe plus formée) il y
a toujours moyen de demander du soutien…


2) Facturer à l'appel, non au transport. Tu demandes des soins?
tchi-tching!! Ça renforcirait d'ailleurs une nouvelle identité de "compagnie
de prestation de soins" et non de "compagnie de transport"...



Grosse difficulté ici.  Comment on établi les tarifs??? On facture
l’équipement, l’acte, les Rx???  Je vois déjà des abus tant de la part des
employeurs (ou des paramédics s’ils sont payés à l’acte) que des patients.
Déjà qu’avec le système actuel il y a des patients qui contestent la
distance pour un km… D’ailleurs, en regardant ce qui se fait ailleurs, les
frais chargés par les hôpitaux (publics) ne concernent pas les soins, mais
plutôt les « accommodations » comme une chambre privée VS une salle, ou des
examens très spécifiques ou non-requis par l’état de santé.  Et si quelqu’un
sur cette liste peut me confirmer n’avoir jamais vu un MD à l’urgence poser
un acte cliniquement inutile, juste pour pouvoir le facturer….. bref…. Le
problème a d’ailleurs été réglé en Ontario : Les MD de l’urgence sont payés
selon un tarif horaire, et non pas à l’acte.


3) Imposer un limite au transport gratuit. Tu abuse? on te facture, même si
tu est un assisté social ou une personne âgée. Faudrait arrêter de faire nos
vierges offensées à chaque fois qu'on parle de facturer des frais au plus
pauvres. Y'a de l'abus, faut le régler! Comme ça ceux qui en ont VRAIMENT
besoin on le service sans frais et les autres arrêteront de prendre
l'autobus jaune à 125$ au frais des contribuables.
Comme ils disent au Royaume-Uni "Use it, but don't abuse it!"

Dans le secteur où je pratiquais, nous avions une patiente (décédée
maintenant) qui représentait à elle seule environ 8% des appels au 911 de sa
ville (±15000 habitants).  Nous étions plusieurs paramédics à la connaître,
son adresse était connue, son dossier aussi (le AS-803 pouvait être rempli
avant même d’arriver à son chevet).  Elle appelait parce qu’elle s’ennuyait
toute seule chez elle (un autre débat….).  Elle a reçu plusieurs
contraventions pour utilisation abusive d’un service public, qu’elle a
contestées et elle a gagné… Son dossier médical était à peu près aussi épais
que l’annuaire de New York, et le juge ne pouvait faire autrement que de
conclure qu’elle avait de graves problèmes de santé (ce qui était un fait)
et qu’elle avait le droit d’appeler le 911…

 

Donc, Guillaume, comment peut-on appliquer ta proposition.  Je la comprends
très bien et y adhère pleinement, mais pour l’application je vois un
problème. 



4) mhh j'oubliais... l'éducation du public! Faudrait peut-être enseigner à
la populace quand est-ce appeler 9-1-1 et quand est-ce NE PAS le faire. 



Je ne crois pas que ce soit le public en général qui soit le problème.  Je
dirais même que c’est l’inverse : Les gens n’appellent pas assez souvent.
Combien d’infarctus qui traînent depuis 1-2 jours, ou de cas de diabète
tellement débalancés que le patient est maintenant inconscient….  Dans les
cours de secourisme, nous enseignons aux gens à appeler le 911 lors
d’urgences vitales, bien sûr, mais aussi lorsqu’ils ont un doute.  « Better
be safe than sorry », « Mieux vaut prévenir que guérir », etc… Et
personnellement, je n’ai absolument rien contre quelqu’un qui appelle le 911
pour un bras cassé.  J’installe une attelle, une écharpe, je fais un peu de
prévention, un peu de cryothérapie, et ensuite je demande au patient s’il a
besoin aussi d’un transport où s’il désire se rendre par ses propres moyens,
avec la différence (±140$) que cela implique.  S’il décide d’être transporté
il ne fera pas le saut en recevant la facture et en allant passer des heures
dans la salle d’attente (parce que je l’ai aussi informé que ça ne va pas
plus vite en ambulance…) et s’il décide d’y aller par ses propres moyens, il
me signe un refus de transport.  Point final.

 

Les services d’urgence sont des services publics, donc au service du public…
La population en général n’a pas notre formation ni notre expérience pour
déterminer si tel ou tel cas « vaut la peine » d’avoir une ambulance (et les
deux charmants paramédics).  Il y aura toujours des abuseurs.  Rien à faire
de ce côté-là.  Et l’instruction (parce que l’éducation relève des parents…)
des abuseurs ne change rien.  Donc, quand je reçois un appel pour une
adresse très (trop…) connue, j’y vais, j’évalue le patient et je le
transporte.  Même s’il n’a rien.  Je peux lui dire ce que je pense (en
restant poli), mais je sais aussi qu’à l’hôpital il risque là encore de se
faire sermonner…  Et franchement, ce n’est pas la majorité de mes appels.
C’est un irritant, d’accord, mais pas assez à mon avis pour priver le reste
de la population d’un service essentiel.  Et même les abuseurs peuvent être
(vraiment) malades à l’occasion.  Un de nos patients psychiatriques les
mieux connus nous a vraiment fait un infarctus un jour… Et il serait mort
sans ambulance (ce jour-là).  Personnellement, je ne suis pas prêt à prendre
une chance avec la vie de mes patients…



Faut pas se leurrer, même en injectant toujours plus de ressource et
d'argent, on ne pourra jamais rattraper l'augmentation toujours constante de
la demande, dans le contexte actuel. Au lieux de gaspiller inutilement,
faudrait songer à réorienter le tout.



En ajoutant différents niveaux de soins et de réponse, et surtout en
arrêtant de calculer les coûts du système (ça coûte moins cher des PR que
plus d’ambulances…).  Il faudrait que les décideurs (et non les blablateurs,
comme certains ministres et/ou minables) songent à des façons d’augmenter la
qualité des soins, mais aussi qu’ils voient les conséquences directes :
Moins de mortalité et moins de morbidité, donc des citoyens plus aptes à
retourner travailler pour payer des taxes…


juste mes 2 cennes... comme disent les anglophones... ;-)



C’est mon opinion, et tout le monde a droit à mon opinion…

 

 

 

Sébastien Gagnon, AEMCA

Paramédic

 

Répondre à