Tu apporte un point de vue très éclairé Sébastien, bravo et je suis 100% en accord avec toi sur les deux points que tu apportes. Au niveau des compétences, on en connait tous des "tata". Je suis d'accord aussi avec le fait qu'un diplômé n'est pas nécessairement compétent au travail, les études et la route c'est deux monde bien différent. Un bon paramedic doit avoir du jugement et de la logique et ca, c'est pas donné à tout le monde. Ton point de vue a éclaircie ma vision des choses là-dessus et tu as parfaitement raison.
Cependant, au Québec me semble qu'il y aurait moyen d'avoir une certaine carte ou dossier de compétence qui te suivrait un peu partout, au lieu de devoir repasser des examens et une formation à chaque maudite compagnie ou tu applique, me semble que c'est un irritant majeur versus comme tu le souligne le salaire et les exigences demandées. Après une couple d'années sans fautes et plusieurs formations annuelles réussies, me semble que tes preuves sont faites. Je pense que ca nuit grandement à la mobilité de la main d'oeuvre dans la situation de pénurie qu'on connaît actuellement. Je pense qu'on gagnerait tous à avoir des protocoles et équipements semblables et, oh ultime fantasme, un employeur commun. C'est là ou la bas blesse d'après moi au Québec. Bref, un peu comme la SQ avec les policiers, on devrait avoir une Urgence-Santé nationale à la grandeur du Québec. Je ne dit pas que c'est la panacée miracle mais me semble que ca simplifierait tellement les choses....mais ca c'est pas demain la veille, on a trop de chasse-gardée ici. Eric From: Sébastien Gagnon Sent: Friday, April 17, 2009 8:41 AM To: [email protected] Subject: SMU-L: Re: SMU-L: Re: SMU-L: Réf. : : SMU-L: Émission de Mongrain Estimé(e)s collègues Je vois la situation de deux angles bien différents. Le premier, c'est que nous sommes aux prises avec la génération des enfants-rois qui arrivent sur le marché du travail. Je ne dis pas que tous les 18-25 ans sont des enfants-rois, loin de là, mais il y en a qui le sont. Et comme ils ont été habitués à avoir tout ce qu'ils veulent, comme ils le veulent, quand ils le veulent, ils ont énormément de difficultés à s'adapter à un système qui ne se plie pas à leurs moindres demandes. J'ai quelques noms en tête (que je vais garder pour moi), de paramédics qui sont arrivés sur le marché du travail en chialant "qu'ils n'avaient pas que ça à faire travailler les fins-de-semaines". Ils voulaient du temps libre pour faire leurs activités. Ils arrangeaient leurs horaires et "tombaient malades" de façon systématique si le quart tombait la fin-de-semaine. Sans farce, en entrevue, un candidat nous a dit qu'il voulait travailler du lundi au jeudi, de 8h à 16h. Est-ce que j'ai besoin de vous dire que son CV est tombé dans le déchiqueteur?!? J'ai aussi vu des paramédics qui beuglaient partout qu'ils n'avaient qu'un salaire de crève-faim (je suis d'accord là-dessus, les salaires devraient être plus élevés...) et qu'ils étaient obligés de prendre un 2e emploi pour arriver. Ce qu'ils voulaient dire par là, c'est que leur salaire de paramédic n'était pas assez suffisant pour soutenir leur train de vie à 250 000$ par année. Une maison à 350 000$ dans un domaine de prestige, des meubles de marques de prestige, un VUS pour tirer le bateau pour faire du wake-board la fin-de-semaine (c'est pour ça qu'il tombait subitement malade...) et 2-3 voyages dans le sud par année. Je suis de la génération X, et on m'a appris à dépenser selon mes moyens réels, pas ceux que je voudrais avoir.... et j'arrivais très bien avec mon salaire de paramédic. Mais là encore, c'est le syndrome de l'enfant-roi. Le deuxième angle, c'est celui de la formation. Ayant été instructeur clinique (je préfère ça à "maître de stage") à plusieurs reprises, j'ai eu la chance de voir d'excellents futurs-paramédics, et d'autres moins excellents. J'ai eu à dire à des stagiaires qu'ils rencontraient les critères de réussite que le collège nous donnait, mais qu'ils ne devaient pas espérer travailler dans notre service parce qu'ils ne rencontraient pas nos critères d'excellence. OK, la pénurie de paramédic était moins grande à cette époque et nous avions donc plus de choix de candidats, mais quand même.... En principe, le diplôme signifie que les objectifs de formation ont été atteints. Cependant, la note de passage reste de 60%, ce qui signifie que quelqu'un peut ne pas avoir atteint 40% des objectifs et être diplômé quand même. Et malheureusement, je trouve que le savoir-être n'est pas assez évalué en stages. Mais ça c'est un autre débat. Mon point finalement, c'est que le diplôme n'est pas une garantie de qualité à 100%. C'est la raison pour laquelle il faut réévaluer les compétences. La survie de la population en dépend. Sans farce. J'ai vu des choses épouvantables dans des tests d'embauche. Tu as beau te dire qu'ils sont nerveux et tout, faut quand même pas exagérer! Tu leur donne un cas de triage: 2 patients, un en ACR, l'autre critique (Fx bilatérale des fémurs, pneumothorax ouvert) mais respire et a un pouls. Pas d'autre ambulance avant 25 minutes, CH à 15 minutes. Et qu'est-ce qu'ils font les empaillés? Ils sautent sur l'ACR et laissent l'autre patient là. Ou ils essaient d'amener les deux.... Alors malheureusement, non ce ne sont pas tous les paramédics qui sortent du collège qui sont égaux (et c'est vrai aussi pour toutes les autres professions, en passant...). Et je suis bien content que l'on continue à s'assurer que la compétence est bien là quand on les embauchent. Parce qu'un jour ce sont eux qui vont venir me chercher.... Nous avons tous eu un confrère de classe que nous ne souhaitions jamais voir à notre chevet quand nous serons malades...Et pourtant, vous savez qu'il a été engagé quand même..... Paramédicalement vôtre, Sébastien Gagnon, AEMCA Paramédic

