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Thomas Lizotte L'Hebdo Chaleur Conflit au sein d'ambulance Nouveau-Brunswick Publié à 7h04 le jeudi 30 juillet 2009 Les paramédicaux de Bathurst en ont vraisemblablement plus qu'assez de l'attitude dictatrice de leur employeur, Ambulance Nouveau-Brunswick. Agrandir la photo <http://www.jminforme.ca/gallery/745348,338006> [image: Agrandir] <http://www.jminforme.ca/gallery/745348,338006> [image: Agrandir] <http://www.jminforme.ca/gallery/745348,338006> L'Hebdo Chaleur Les paramédicaux de Bathurst en ont vraisemblablement plus qu'assez de l'attitude dictatrice de leur employeur, Ambulance Nouveau-Brunswick. Depuis que le service d'urgence est devenu public en décembre 2007, les changements imposés par le nouveau système provincial font rager les employés, notamment par le non-respect de la convention collective. Heures supplémentaires forcées, suppressions des vacances et suspensions précoces non fondées ; voilà une infime partie de la réalité quotidienne des ambulanciers de la région. Tous ces problèmes reposent en fait sur une seule solution, selon Denis Beaulieu, président du syndicat des paramédicaux de Bathurst. «Il manque près de 150 ambulanciers dans la province, donc environ une cinquantaine dans le Nord. Ils disent qu'ils ont engagé du nouveau personnel, pourtant, ils sont toujours en manque d'effectifs… », a-t-il avoué. Un fait qui n'est toutefois pas surprenant selon M. Beaulieu, puisque le nouveau service mis en place ne semble inciter personne à s'engager à long terme auprès de la compagnie. Toujours selon lui, si le salaire peut-être alléchant pour un nouveau diplômé, il n'en reste pas moins que la qualité de vie qui s'en suit assombrit de façon significative l'ambition des futurs ambulanciers. «Sur un chiffre de 12 heures, nous avons 45 minutes de dîner que nous avons le droit de prendre entre 11 h et 14 h. Ce qu'ils (Ambulance N.-B.) font, ils nous envoient manger au point de service de Bathurst - là où le niveau d'achalandage est le plus élevé - et nous disent que si nous sommes chanceux, nous avons notre heure de dîner, sinon, ils ne sont pas à blâmer, car ils nous l'ont donnée», a-t-il déclaré. De même, les séances de formations obligatoires sont offertes sur les journées «mortes» des paramédicaux. «Une formation de conduite peut être prévue une journée alors que l'ambulancier vient tout juste de finir son chiffre de 24h. Si pour une raison il ne s'y présente pas, il ne pourra prendre le volant tant et aussi longtemps qu'il ne l'aura pas suivie, et ce, à ses frais de déplacement puisque la formation suivante est souvent donnée à Moncton ou St-Jean», a ajouté M. Beaulieu. Il y a pourtant une issue selon le président du syndicat, notamment de permettre les transferts du Sud ou Nord. Puisque les ambulanciers de Bathurst doivent couramment desservir le sud de la province, pourquoi est-ce que les ambulanciers de St-Jean ou Moncton ne pourraient pas aider leurs confrères ? «Ils ont leurs heures à faire et ils ne sont pas mandatés pour sortir de leur zone de travail», a été la réponse d'Ambulance Nouveau-Brunswick au syndicat des paramédicaux de Bathurst. C'est donc dire qu'en marge du Congrès mondial acadien, la presque totalité des ambulanciers de la région ne pourront avoir les vacances promises, pour manque d'effectif… L'attitude dérangeante de l'employeur envers les employés s'étend dans une autre sphère d'activité professionnelle, notamment dans la conduite des véhicules d'urgence. Un nouveau système électronique avertit désormais le conducteur lorsque celui-ci dépasse le 20 km/heure la limite permise et s'intensifie à mesure que la vitesse augmente. Ce qui peut être excessivement déplaisant et déconcentrant pour un ambulancier (qui se doit d'amener le plus rapidement possible un patient à l'hôpital) est aussi, par le fait même, immoral a avoué Denis Beaulieu. «Sur la route qui mène de Moncton à Bathurst, il arrive très souvent que je sois dépassé par la petite dame qui revient de faire son épicerie. Je transporte un patient qui est en état de vie ou de mort, et je ne peux dépasser 120 km/heure. Si j'ai le malheur de rouler à 125 km/heure, mes oreilles souffrent et mes employeurs, par le biais de la boîte noire ne se gêneront pas pour me donner une suspension de 4 jours minimum sans solde», a maintenu le président des paramédicaux de Bathurst. André Boudreau, ancien ambulancier au sein de la compagnie, en sait quelque chose. Après avoir été menacé et suspendu plusieurs jours sans salaire, il n'a pu gérer tout le stress et a préféré quitter l'institution. «Je n'avais plus de vie familiale, ils ne faisaient que fonctionner par des menaces. Lorsque finalement le syndicat a réglé le problème, je n'ai jamais pu avoir un dédommagement, puisque j'avais déjà décidé de ne plus être un employé d'Ambulance Nouveau-Brunswick.» Ces mesures semblent finalement n'être le fruit que du contrôle et d'un certain partenariat entre Ambulance NB et la province du Nouveau-Brunswick. «C'est clair pour nous que, pour eux, la tôle est plus importante que leurs employés, ou même la vie humaine. Chaque année, les profits de la compagnie sont partagés équitablement entre les partenaires. Moins leurs assurances leur coûtent cher, plus ils sont heureux. Voilà pourquoi ils ne se gêneront jamais pour mettre le blâme sur les paramédicaux, même si ceux-ci ne sont pas en tort», a critiqué M. Beaulieu. Si le dossier ne se règle pas bientôt, les ambulanciers de Bathurst prendront le taureau par les cornes et ne demanderont rien de moins qu'une enquête publique. «Il y a des problèmes et ils ne veulent pas s'en occuper. Ils ne jouent pas franc-jeu avec nous, alors, s'ils continuent comme ça, nous n'aurons pas le choix de demander une enquête à l'interne…», a fait savoir Denis Beaulieu. Du côté des critiqués, ceux-ci n'ont pas voulu répondre aux questions posées par l'Hebdo Chaleur, affirmant qu'ils ne désirent pas régler le conflit par le biais des médias.

