Le 29/04/2011 12:12, Thomas Clavier a écrit :
Aussi, se faire de l'argent sur le dos de bénévoles qui passent du
temps et font
le boulot de fond et de base pour développer les aménagements et informer,
aurait une forte tendance à m'exaspérer.
Cette réflexion me fait penser à certains commerçants qui la veille du
week-end détruisent les invendus au lieu de les donner à des gens qui en
ont besoins. "à défaut de pouvoir valoriser mon travail je le garde pour
moi, voir je le détruit".

Je suis tout à fait d'accord avec cette dernière remarque.

Je participe rarement à cette liste, mais là j'ai envie de réagir. Pour me présenter rapidement, je suis un partisan du libre (mais plus militant, car je milite déjà pour le vélo en ville, et on ne peut pas tout faire), et je suis cycliste : en ville, durant toute l'année, et sur les véloroutes et voies vertes durant l'été.

J'ai eu l'occasion de discuter avec Nicolas Pouloin lors du congrès de la FUB à Clermont-Ferrand. J'ai évoqué Open Street Map au détour d'une phrase, et il a immédiatement réagi avec les mêmes arguments (qui ne tiennent pas la route) : en résumé, libérer les données permettrait à n'importe qui de les exploiter commercialement et de gagner de l'argent dessus, tandis qu'eux n'ont même pas de quoi financer un salarié. Et ça, c'est vraiment trop injuste !

Sur le moment, je n'ai pas eu la présence d'esprit de lui répondre, d'une part, que si les données de l'AF3V étaient exploitées commercialement, ça serait plutôt une bonne chose. Cela voudrait dire que les véloroutes et voies vertes françaises, et le tourisme à vélo, commenceraient à générer une économie qui serait favorable à son développement*. Et d'autre part, j'aurais pu ajouter que son raisonnement revient à dire "notre modèle économique actuel ne nous permet pas de gagner notre vie, alors on ne va quand même pas le changer", ce qui est quelque peu illogique.

Bref, je pense qu'il faudrait un vrai travail de lobbying intelligent (que je n'ai pas le temps de faire, malheureusement) auprès de l'AF3V pour qu'ils comprennent l'intérêt du libre. En attendant, pour ma part, si j'ai des données concernant des véloroutes et voies vertes, je les mettrai volontiers sur OSM mais pas sur le site de l'AF3V. Je n'ai pas envie de faire un travail bénévole si le résultat n'est pas libre et utilisable dans les meilleures conditions par les autres cyclistes.

En fait, je rêverais de voir en France un site comme celui de la Suisse à vélo, qui détaillerait des itinéraires nationaux, régionaux, et locaux. Alors certes, la France est un pays beaucoup plus grand, et l'économie autour du vélo est bien moins importante, mais la force du libre permettrait de faire aussi bien que le site Suisse, à défaut de faire (pour l'instant) aussi bien qu'eux sur le terrain.


* Comparons le site de l'AF3V et celui de la Suisse à vélo. http://af3v.org/ et http://www.veloland.ch/fr/welcome.cfm

Ce sont deux organisations à but non lucratif qui oeuvrent dans le même objectif. Simplement, en Suisse, le tourisme à vélo génère une vrai économie, tandis qu'en France on en est encore à militer pour que les collectivités fassent les aménagements, en espérant que l'économie suive mais sans vraiment s'en préoccuper. Résultat : le site Suisse, très pratique, nous présente un réseau cohérent et continu (et pour l'avoir pratiqué sur le terrain, je confirme qu'il l'est), tandis que le site de l'AF3V nous présente des cartes Google Maps faites par des bénévoles, sans lien entre elles, et avec une ergonomie déplorable (petites fenêtres...) qui ne répond même pas à mon besoin en tant qu'usager cycliste... Résultat : quand je roule en Suisse, je prépare mon itinéraire au préalable à l'aide du site, puis je peux tout faire sans carte et sans hésitation. En France, j'achète surtout des cartes papier, je me débrouille avec le jalonnement fait par les collectivités locales, et parfois je dois chercher un peu mon chemin...

Notons aussi qu'on trouve en vente, en Suisse, des guides papier de la Suisse à vélo, ce qui rapporte de l'argent à l'organisation. L'AF3V aurait sans doute intérêt à chercher à exploiter commercialement ses données de la même façon, plutôt qu'à se demander comment faire pour empêcher les autres de le faire... D'ailleurs, pour pouvoir le faire, étant donné que ses cartes sont faites par des bénévoles de toute la France, elle aurait tout intérêt (encore une fois) à utiliser une licence libre. Sinon je ne vois pas comment elle pourrait utiliser ces données à moins de s'en approprier les droits au mépris de ses adhérents contributeurs.

A+

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Adrien



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