Que les données catographiques libres existent ou pas, elles ne sont pas de
nature à empêcher le déclenchement des conflits s'ils doivent avoir lieu ou
pas. De même si les va-t-en-guerre connaissent bien le terrain ou non car
de toute façon ils chercheront à s'en emparer aussi, même si elles ne sont
pas libres, et ils trouveront les moyens de le faire en allant la monnayer
dans n'importe quel autre pays du monde (et ils trouveront les moyens
financiers nécessaires, et ce n'est pas nos lois qui vont les empêcher de
faire leurs emplettes tout à fait légales).

Bref, le problème ce n'est pas l'existence de ces données libres mais le
pouvoir de l'argent et de la force, dont dispose les va-t-en-guerre (sinon
ils n'auraient même pas les moyens de déclencher et entretenir le conflit
et les combattants).

Alors à qui il va manquer cette information ? Avant tout au reste de la
population qui en revanche ne disposera pas des moyens de se défendre
contre les abus de pouvoir ou d'autorité, ou de la force.

Livrées à elles-mêmes et sans solution, on peut les aider de diverses
façons à éviter de devoir prendre part elles aussi au conflit, en gardant
des marges d'autonomie ou de contournement de la coercition et les ternir
informées des dangers, ou des possibilités de développement (même au prix
du développement d'un marché noir qui sera souvent assez inégal mais
toujours mieux que pas de marché du tout !). Même si quoi qu'elles fassent
grâce à cette autonomie une partie est détournée par les va-t-en-guerre, il
leur restera quelque chose, et ce sera autant de moins à s'engager dans le
conflit faute d'autres solutions.

Bref aucun regret : la cartographie libre sera aussi une garantie pour le
futur et éviter autant que possible l'aggravation du conflit et des
inégalités, ou éviter de futurs autres conflits qui vont naitre du fait des
inégalités croissantes entre ceux qui ont le pouvoir et la force ou
l'argent pour eux, et tous les autres.

Il y a un adage bien connu : le savoir, c'est le pouvoir et c'est
aujourd'hui aussi beaucoup de façons de faire de l'argent. Si le savoir est
partagé, le pouvoir l'est aussi. Les chances de développement pour le plus
grand nombre sont mieux assurées.

Bref réfléchis un peu, tout plaide pour le libre et ce n'est pas qu'une
"lubie", et pas du tout une question "marginale". Mais selon toi, il
faudrait approuver la censure et les entraves à la diffusion de
l'information (par exemple museler la presse en en faisant uniquement des
instruments au service du pouvoir gouvernemental ou du potentat local?).

Retourne donc dormir dans ta caserne, essaye de de souvenir de tes rêves à
ton réveil. L'utopie a du bon, et est possible, elle guide utilement vers
le progrès des civilisations, même si on sait que le monde n'est pas tout
rose (on fait avec, mais la plupart du temps on trouve des moyens de
contourner les problèmes pour qu'ils n'en soient plus, ou on invente, grâce
à la connaissance des vrais problèmes, des solutions qui permetttront de
les résoudre.


Le 11 avril 2013 17:27, Ista Pouss <[email protected]> a écrit :

> Je vous trouve bien angéliques.
>
> Et j'aurais bien aimé aussi avoir l'opinion de Severin Menard, qui a lancé
> cet appel. J'imagine que HOT a réfléchi a ces questions ?
>
> "Ceux qui font la guerre ont déjà toute l'information nécessaire", me
> dit-on. Ah ?... Avez-vous un lien, un truc, un chose, qui valide ça ?
> Est-ce vrai, dans le cas précis de cet appel ?
>
> "Est-ce une raison pour arrêter l'aide alimentaire, si elle profite aux
> militaires ? " Heu... oui ! Evidemment, même ! Mais là encore, quelle est
> la réflexion et la réponse de HOT ?... Si une ONG n'a que ce genre de
> réflexion et de réponse sur ce sujet, alors je réponds STOP !
>
> "Il arrive que l'aide alimentaire profite à la marge aux potentats locaux,
> c'est un phénomène marginal". Excusez, mais on n'est pas sur la même
> planète ! En cas de catastrophe naturelle, oui, vous avez raison. Mais en
> cas de conflit ouvert, non, c'est au contraire le profit au potentat locaux
> qui est le phénomène principal, et l'aide aux démunis le phénomène marginal
> !
>
> Sans doute la communauté ouverte travaillant librement pour le bien de
> l'humanité est-il considéré comme une valeur universelle, "à part quelques
> potentats locaux" :-) et comme je suis pas complètement d'accord avec les
> valeurs universelles... (ni, d'ailleurs, avec les potentats locaux).
>
> Cordialement.
>
>
> l
>
>
>
>
>
>
> Le 11 avril 2013 14:10, Philippe Verdy <[email protected]> a écrit :
>
> Là encore je suis d'accord : l'aide humanitaire parvient quand même à
>> passer, car les ONG d'une part font attention à contrôler que leur aide
>> parvient significativement bien aux populations qu'elles sont venues aider,
>> et aussi parce qu'elles le font sous les yeux des médias du monde, et avec
>> l'appui des autres gouvernements qui exercent leurs pressions diplomatiques
>> pour que ces missions ne soient pas inquiétés.
>>
>> Mais dès que les ONG perçoivent qu'elles ne sont plus efficaces, elles le
>> font savoir, et elles évacuent si elles se sentent en danger sans oublier
>> de dénoncer la situation au reste du monde. Après tout dépend de la volonté
>> du pouvoir en place et de l'image qu'il veut se donner au reste du monde :
>> la plupart ne sont pas insensibles aux pressions diplomatiques et des
>> médias, et craignent d'être désignés comme responsables de l'aggravation
>> des conditions dans leur pays ou la menace des sanctions économiques qui
>> pourraient les faire chuter brutalement face à un soulèvement populaire ou
>> une intervention extérieure.
>>
>> Pour y résister, il n'y a guère que des pays puissamment armés et
>> sévèrement contrôlés politiquement et économiquement, comme la Corée du
>> Nord, voire la Chine (même plus l'Iran malgré la verve de son dirigeant, ce
>> pays ayant un développement interne rapide échappant au contrôle direct de
>> son gouvernement ou des autorités religieuses, et cherchant aussi
>> aujourd'hui à se donner une meilleure image), même si de nombreux pays
>> restreignent l'action humanitaire immédiate, de peur d'y laisser une part
>> de leur souveraineté nationale : c'est un équilibre qu'ils cherchent entre
>> d'une part l'exercice de leur souveraineté (en démontrant leur capacité à
>> participer activement et conjointement aux opérations de secours avec les
>> ONG, plutôt que contre elles, et en occupant certaines opérations
>> d'organisation et de contrôle concertées par les ONG) et d'autre part le
>> risque de déstabilisation interne du fait de leur inaction ou leur mauvaise
>> volonté qui fait traîner les choses et cause plus de victimes dont ils
>> pourraient ensuite être tenus localement gravement responsables.
>>
>> D'autre part les ONG prennent pratiquement toujours le soin d'utiliser et
>> d'impliquer les ONG et populations locales au sein de leur action, pour
>> mieux se faire accepter d'elles, et aussi pour transmettre le plus vite
>> possible le flambeau pour que ces populations puissent s'occuper
>> d'elles-mêmes (par des actions de formation notamment, et aussi en les
>> invitant à participer le moment venu, sur d'autres terrains internationaux
>> où elles pourraient aussi être utile par leur culture, leur langue...).
>>
>> Pour ça les ONG ont compris combien il leur était utile de devenir
>> internationales, multiculturelles, multiethniques et multiconfessionnelles
>> au lieu de tout vouloir organiser depuis chez elles, et cela passe par
>> toutes sortes de collaborations entre ONG issues de divers pays et du pays
>> même qu'elles sont venues aider.
>>
>> Agir humanitairement dans une région de conflit n'a jamais été facile,les
>> situations sont très changeantes, il est très difficile (et sans doûte même
>> pas souhaitable) d'éviter que cela ne profite aussi en partie aux
>> belligérants (la règle de neutralité des ONG est de ne pas exclure l'aide à
>> un camp ou l'autre, l'action peut être utile aux deux camps, si partout
>> elle est gérée d'une façon acceptable par l'autre partie qui est aussi
>> aidée, sans pour autant que les ONG modifient les équilibres précaires
>> existants). Cela s'évalue sur le terrain en permanence sur la base
>> bénéfices/risques par rapport à l'option de ne rien faire et laisser faire,
>> et en fonction de l'évolution de l'état des forces, sachant que les ONG ne
>> sont pas là pour les modifier (ça c'est le rôle de la politique, de la
>> diplomatie, et des intervenants militaires extérieurs qui en revanche
>> viendront secourir sur place les ONG menacées, au minimum pour les
>> rapatrier).
>>
>>
>>
>> Le 11 avril 2013 12:12, Jean-Marc Liotier <[email protected]> a écrit :
>>
>> On 11/04/2013 11:40, Pieren wrote:
>>>
>>>> On pourrait se poser le même genre de question sur l'aide alimentaire,
>>>> qui profite aussi souvent aux forces armées sur place. Est-ce une raison
>>>> pour arrêter l'aide allimentaire ?
>>>>
>>>
>>> Parfois oui - lorsque l'aide alimentaire est entièrement détournée par
>>> les potentats locaux qui l'exploitent pour affirmer leur pouvoir et
>>> renforcer leurs capacités agressives. Une ONG peut aussi quitter un pays où
>>> elle se sent manipulée par le pouvoir en place qui la dirige vers ses
>>> populations clientes tout en l'empêchant d'accéder aux victimes qu'elle est
>>> venu assister. On peut aussi fermer un camp de déplacés lorsqu'il devient
>>> trop évident qu'il est utilisé comme base logistique pour des opérations
>>> militaires. Mais c'est décision sont évidemment exceptionnelles : l'aide
>>> humanitaire profite généralement bien aux victimes, même si tout système a
>>> des parasites à la marge - il faut savoir accepter ces parasites marginaux
>>> comme l'un des coût normaux de faire fonctionner le système de manière
>>> fluide. On peut donc imaginer que des utilisations non désirables de
>>> l'information cartographique aient lieu, mais ces impacts négatifs sont
>>> insignifiants par rapport à ses bienfaits.
>>>
>>>
>>>
>>>
>>> ______________________________**_________________
>>> Talk-fr mailing list
>>> [email protected]
>>> http://lists.openstreetmap.**org/listinfo/talk-fr<http://lists.openstreetmap.org/listinfo/talk-fr>
>>>
>>
>>
>> _______________________________________________
>> Talk-fr mailing list
>> [email protected]
>> http://lists.openstreetmap.org/listinfo/talk-fr
>>
>>
>
>
> --
> Les dérives de rue :
> Profession émotion <http://drivrsdu.fr/profession-emotion/>
>
_______________________________________________
Talk-fr mailing list
[email protected]
http://lists.openstreetmap.org/listinfo/talk-fr

Répondre à