Subject: Pour tous ceux qui ne croyait pas que la loi 114 serait
appliquer!
Une premi�re conscription
loi 114 mise en application
Le samedi 7 septembre
2002
RICHARD BIRON Le Nouvelliste Shawinigan
Le docteur Fran�ois Lord a
re�u la visite d'un huissier jeudi matin. Celui-ci lui a remis une sommation
�... venir travailler hier soir, � l'urgence du Centre hospitalier r�gional du
Centre-de-la-Mauricie (CHCM).
Avec un autre m�decin, le docteur Lord est le
premier � �tre conscrit en vertu de la loi 114, la solution trouv�e par le
ministre d'�tat � la Sant� et aux Services sociaux, Fran�ois Legault, pour
r�gler le probl�me de la fermeture de certaines urgences.
Depuis l'entr�e
en vigueur de la loi le 25 juillet, aucun omnipraticien n'avait officiellement
�t� contraint de travailler au CHCM. C'est que des m�decins avaient, de leur
propre chef, propos� leurs services pour remplir les quarts de travail libres.
Jusqu'ici, cette offre avait suffi � la demande. Mais des trous sont apparus
dans les horaires du mois de septembre. On a donc fait appel � deux m�decins
pour les remplir. Le docteur Lord �tait en garde forc�e hier, tandis qu'un autre
m�decin officiera ce soir et le 18 septembre.
"Avec les m�decins
d�panneurs, nous avons environ 35 omnipraticiens qui alternaient � l'urgence", a
expliqu� M. Serge Beauchamp, directeur du d�veloppement de l'organisation � la
R�gie r�gionale de la sant� et des services sociaux de la Mauricie et du
Centre-du-Qu�bec. "Nous manquions de m�decins et nous avons consid�r� tous les
m�decins aptes � travailler � l'urgence, en regardant l'ensemble de leurs
contraintes, par exemple les quarts de travail qu'ils ont effectu�s", a
poursuivi M. Beauchamp.
Or, le docteur Lord en �tait � ses derniers jours
de travail � l'h�pital. Il a remis sa d�mission deux jours avant l'entr�e en
vigueur de la loi 114, craignant les effets de la l�gislation. Son d�part est
d'ailleurs pr�vu pour le 26 septembre. L'omnipraticien comprend maintenant que
c'est � cause de son d�part qu'on l'a forc� � travailler hier soir. "On m'a
laiss� sous-entendre qu'on m'assignait parce que je maintenais ma d�mission", a
indiqu� le m�decin shawiniganais.
Publicit�
Pourtant, l'omnipraticien avait offert de
travailler non seulement en septembre, mais aussi pendant quatre quarts de
travail en octobre, m�me apr�s sa disparition officielle de la liste des
effectifs de l'h�pital. "Je ne comprends pas qu'ils forcent des m�decins
provenant de l'int�rieur de l'h�pital � travailler, d'autant plus qu'il s'agit
de gens qui ont offert de bonne foi de remplir des quarts de travail",
d�nonce-t-il.
Serge Beauchamp assure que si des m�decins aptes � �tre de
garde � l'urgence ne s'�taient pas eux-m�mes port�s volontaires, ils auraient
�t� les premiers conscrits. Mais ce n'�tait pas le cas. On a donc d� piger dans
la liste d�j� �tablie.
Le directeur ajoute que l'�quipe de la R�gie est
actuellement � �tudier la possibilit� d'appeler en renfort des m�decins de
l'ext�rieur de la Mauricie ou du Centre-du-Qu�bec. "Pour l'instant, nous
examinons les horaires du mois d'octobre et nous pouvons assurer que, d'ici la
fin du mois de septembre, aucun autre m�decin ne sera forc� de travailler",
a-t-il indiqu�.
Le docteur Lord dit avoir d�missionn� parce qu'il avait
exploit� au maximum ses capacit�s. "Nos f�d�rations professionnelles nous ont
toujours dit de respecter nos limites. Autrement, �a devient dangereux", a-t-il
mentionn�.
Au cours du seul mois d'ao�t, le docteur Lord a pratiqu� la
m�decine pendant 26 jours. Non seulement a-t-il �t� de garde � l'urgence du
CHCM, mais il a travaill� cinq jours au Centre de sant� et des services sociaux
de la Saint-Maurice, � La Tuque, aussi menac� de fermeture � cause d'une p�nurie
de disciples d'Esculape. Entre-temps, il a d� trouver quatre jours pour suivre
ses patients � son bureau priv� et deux journ�es additionnelles afin de
prodiguer des soins aux malades chroniques de la R�sidence
Saint-Maurice.
R�ticent � livrer ses �tats d'�me, le docteur Lord,
contact� par le Nouvelliste, a confi� �tre d��u de la tournure
des �v�nements. "Je suis offusqu� de me faire traiter avec un
subpoena, a-t-il mentionn�. J'ai l'impression que c'est la
r�compense que l'on me donne." Comme tous les m�decins depuis quelques mois, le
docteur Lord est d'avis que la crise estivale pouvait �tre appr�hend�e depuis la
premi�re fermeture de l'�t� 2000. "Ce que nous voulons depuis le d�but, ce sont
des bras, c'est-�-dire plus d'effectifs de l'ext�rieur", a-t-il
indiqu�.
"Je n'ai plus de vie de famille", d�plore le m�decin
d�missionnaire. Selon lui, plusieurs de ses coll�gues �taient au bout du rouleau
et n'ont pu continuer. "Au printemps, il y a eu six d�missions, dont au moins
cinq ont �t� maintenues", a-t-il not�. Selon lui, lors de l'annonce de la loi,
six professionnels auraient aussi voulu quitter le bateau. "Je pense que je suis
le seul � �tre rest� sur ma d�cision", a n�anmoins indiqu� le docteur
Lord.