Title: Négos en cours
                       Suite aux messages parus dernièrement sur urg-l, il m'apparaît important de clarifier mon      
                        rôle dans l’imbroglio actuel.

J’ai été suggéré par l’AMUQ comme conseiller à la FMOQ pour le comité de révision de la nomenclature il y a plus d’un an.  Le mandat de ce comité est de tenter d’introduire une nouvelle nomenclature pour l’urgence qui permettrait de mieux représenter le travail qui s’y fait. J’ai d’ailleurs consulté la liste urg-l et ma propre liste des contacts dans les urgences (75 contacts) pour me permettre de pouvoir faire un travail plus adéquat.  Vous saviez donc tous ce qui est sur la table depuis des mois, pour ce qui est des mots en tout cas.

J’ai tenté de prendre en considération toutes les suggestions des médecins d’urgence m’ayant donné leur avis et j’ai aussi utilisé les guides de facturation de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et de l’Alberta sur les définitions. J’ai travaillé sur ce dossier depuis plus d’un an avec les Drs Stéphane Poulin et Michel Desrosiers, médecins d’urgence et le Dr Hugues Bergeron, directeur des affaires professionnelles à la FMOQ. Nous avions par ailleurs régulièrement des rencontres avec les négociateurs du MSSS pour permettre tout ajustement susceptible d’influencer la partie monétaire de cette négociation. Ce travail était important, un mot mal placé dans le libellé pouvait porter à confusion et aurait des conséquences sur les montants alloués aux actes et examens décrits. Il est de l’expérience des négociateurs que toute entente travaillée adéquatement est comme un bon vin, bien mûr et vieilli, il ne laisse pas de goût amer à personne quand on y goûte!

Le résultat de nos efforts vous est déjà en partie connu car il vous fut envoyé il y a plus de huit mois (en grande partie).  Nous n’avons pas eu de rencontres cet été, ce qui explique mon relatif silence à ce sujet, mais le travail déjà fait était important.  Le passage de la loi 114 et les problèmes qui nous sont amenés avec cette loi a rapidement interpellé tous les médecins du comité car il devenait important d’arriver à un terrain d’entente pour la nouvelle nomenclature sur laquelle les majorations seraient demandées.

Les changements importants de cette nouvelle nomenclature sont:
-Disparition de l’examen complet majeur à l’urgence.
-Disparition de l’examen psychiatrique complet majeur à l’urgence.
-Apparition d’un nouvel examen, l’intervention en situation complexe. Cette intervention est définie comme l’évaluation et le traitement nécessitant une évaluation extensive en raison de la complexité de l’état de santé du patient et/ou de son contexte social (ex: perte d’autonomie, intoxication médicamenteuse, arythmies stables, IAM ou ACV.  Cet intervention comprend le temps passé avec des tiers du patient pour aider à la résolution du cas.
-Réanimation applicable pour les cas d’arrêts cardiaques, de coma, de choc (toutes causes) ou de convulsions actives. Le polytrauma avec choc entre dans cette catégorie.
-Reconnaissance des examens gynéco et ophtalmo comme examens complets.

Il a été suggéré de modifier la semaine de calcul pour la banque de forfaits pour la faire terminer le jeudi soir au lieu du samedi soir comme c'est le cas actuellement. Ceci donnerait plus de temps pour une concertation entre
médecins à l'intérieur d’une urgence avant la date de coupure de la facturation le lundi à 17h00, de façon à éviter les dépassements ou pour maximiser l'utilisation de la banque de forfaits disponibles.

Nous aimerions savoir si les médecins qui travaillent dans les urgences à forfaits sont d’accord avec ce changement? Répondre personnellement SVP.

La FMOQ est actuellement en train de négocier des majorations touchant les examens, actes et forfaits applicables à l’urgence seulement.  Je suis, avec d’autres médecins, un conseiller sur le plateau technique de l’urgence.  Il existe d’autres plateaux techniques touchant les AMP, les GMF, l’anesthésie et les soins intensifs (entre autres).  Je dois vous dire que dans un cadre de négos où une “petite” augmentation de 5% se traduit par $2.5 millions de plus, on doit marcher sur des oeufs tout le temps...et les mettre dans les bons paniers!

Tout le travail fait par les différents plateaux techniques est acheminé à la table de négociations où se font les négociations principales et ce quotidiennement.

Vous comprendrez que l’équipe de la FMOQ est actuellement en train de faire ses demandes et que les négociations en cours auront des implications importantes pour la pratique de l’urgence au Québec dans les mois à venir.  Nous n’avons, pour l’instant, AUCUNS chiffres confirmés actuellement et sommes en négociations actives qui pourraient impliquer encore plusieurs jours de réunions et rencontres.  On verra ce que le gouvernement est prêt à mettre sur la table pour les urgences...seulement quand il nous le dira...et il va falloir ensuite leur répondre!

Je suis “absent” de la liste parce que présent aux négociations actuellement en cours, en plus de me taper mes gardes d’urgence et de voir mes ptits vieux et déprimés au bureau.  Étant aussi père de 3 ados, je considère que j’ai le droit d’avoir un semblant de vie de famille pour le temps qu’il me reste dans une journée.  Le reste du temps...je pense que je travaille pour bonifier ma profession qui est aussi la vôtre.

Merci de votre compréhension.

D’un gars qui, comme beaucoup ces temps-ci...ne dort pas beaucoup!

Claude Rivard, md
[EMAIL PROTECTED]

P.S. Je suis d’accord pour que l’on se penche ensuite sur les conditions de travail dans les urgences.  De lire qu’une urgence de Sudbury reçoit 65,000 visites avec 22 civières me fait saliver un peu beaucoup.  On a des leçons à aller chercher là et il faudra le faire ensemble si on veut que le MSSS mette les fonds nécessaires aux bons endroits.

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