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Ha!Ha!
Ca,ce sont des chiffres dr�lement
int�ressants,Claude.
Plus de m�decins au Quebec qu'il y a dix
ans.
Plus de femmes.
Une moyenne d'�ge vieillissante.
OK.
Mais un autre petit sondage me vient en t�te,celui
que publiait l'Actualit� m�dicale il y a quelques temps.L� aussi,des chiffres
dr�lement int�ressants,quoique peut-�tre moins fiables.Mais quand m�me.Ce qu'on
lisait sous les chiffres donnait � r�fl�chir:En autres:
Les m�decins dans la cat�gorie des 45 et plus
travaillent davantage d'heures que les m�decins de 35 ans et moins.
Les m�decins qui envisagent le plus de prendre une
ann�e sabbatique sont ceux qui ont fini il y a...cinq ans et moins.
On n'a pas besoin d'�tudes compliqu�es pour
comprendre (et voir)certaines choses tr�s �videntes:
1)Il y a autant de m�decins qu'avant,mais la
r�partition du travail(adieu polyvalence,pour le meilleur et/ou pour le
pire) et le nombre d'heures travaill�es sont moindres.Ou du
moins,l'aspiration � travailler moins d'heures est omnipr�sente,toutes tranches
d'�ge confondues.Les m�decins qui naissent et meurent avec leur sarreau blanc
sur le dos sont une esp�ce en voie de disparition.On n'entre plus en m�decine
comme on entre en religion.C'est une tendance de soci�t�,d'ailleurs.Dans le
monde des affaires,on voit de plus en plus de jeunes cadres qui ne veulent
surtout pas d'une promotion,question de ne pas trop s'encha�ner � leur
travail,fut-ce au prix d'une augmentation substantielle de salaire.
2)L'effet d�l�t�re du recrutement massif et
pr�pond�rant des �tudiants en m�decine parmi les �tudiants ayant d�j� compl�t�
une formation universitaire est ind�niable(� mon humble point de vue):on recrute
les �tudiants de plus en plus vieux,ce qui en soi n'a rien de mal.Mais ces m�mes
�tudiants,une fois leurs �tudes (enfin) achev�es,auront envie de go�ter un peu �
la vie,de faire des enfants et de s'en occuper,de passer un peu � autre
chose.Cet autre chose est souvent la famille,et les m�decins(hommes ou
femmes) sont g�n�ralement des parents tr�s impliqu�s,ou qui ont envie de
l'�tre.Ca prend du temps.Doubler ou tripler leur salaire de r�sidents sera
g�n�ralement plus que suffisant pour les rendre heureux(surtout s'ils sont en
couple avec un autre professionnel,ce qui est maintenant la r�gle plus que
l'exception et augmente sensiblement le revenu familial).Le facteur argent est
donc moins important,individuellement parlant.
3)Parlant famille,il est ind�niable que l'arriv�e
des femmes en m�decine joue un r�le.La premi�re chose que fait une jeune femme
qui d�bute en pratique est souvent de faire un b�b�.Rien de plus normal.Les
grossesses sont cependant un facteur non n�gligeable dans le calcul des
effectifs.Et l'arriv�e des enfants signe souvent l'arr�t ou la modification de
certaines activit�s professionnelles.L'urgence,en autres,est souvent un milieu
de pratique abandonn� compte tenu des contraintes d'horaires qui la rendent tr�s
peu attrayante pour les jeunes parents.
4)Les r�glements,lois et protocoles d'encadrement
de toutes sortes sont,et seront toujours,une arme � double tranchant.Le plafond
salarial,les PREM,les lois-surprises comme la 114...On ne g�re pas une
p�nurie(et ici on parle bien de p�nurie,fut-elle relative ou absolue selon les
"chiffres" officiels de ceux et celles qui d�cident du nonbre optimal d'heures
travaill�es et nous sortent des abstractions comme les "�quivalents temps
plein"pour soutenir leurs math�matiques) comme on g�re un surplus.On
multiplie les contraintes,et on torpille la confiance avec des lois comme la loi
114.Les m�decins ont de la m�moire.Et beaucoup de choix.Force-t-on une telle
main-d'oeuvre?On peut toujours essayer...mais les r�sultats sont rien moins
qu'incertains.Demandez aux recruteurs des r�gions �loign�es ce qui se passe
cette ann�e.On leur demande beaucoup de patience...attendre que la p�riph�rie se
remplisse pour ensuite accueillir � leur tour les m�decins qui n'auront pas
d'autres choix que de s'installer en r�gion.Iront-ils?Ca reste � voir...On a
aussi oubli� � ce chapitre que beaucoup de m�decins sont en couple avec des
professionnels qui ne peuvent pas s'�loigner des grands centres.On n'est plus �
l'�re ou le conjoint suivait automatiquement.Quel sera le r�sultat � long
terme?Ne serait-il pas plus sage de laisser les m�decins habiter ou ils veulent
et appliquer n�anmoins les AMP?L'itin�rance �rig�e en syst�me,mais bien
g�r�e,avec rigueur et intelligence,pourrait bien �tree la solution � bien des
manques d'effectifs en r�gion �loign�e.On entend continuellement les F�d�rations
bramer que ce n'est pas une solution,que cela s'oppose � la "continuit� des
soins".Foutaises.Ce qui s'oppose � la continuit� des soins,c'est la difficult�
d'acc�der aux soins dans bien des r�gions et l'�puisement et le ras-le-bol de
bien des m�decins qui y sont install�s et ne voient pas le jour o� ils pourront
enfin voir arriver la rel�ve.La majorit� des itin�rants,g�n�ralistes ou
sp�cialistes,que je connais se fid�lisent � un �tablissement et y rendent
d'excellents services.Ils deviennent des "membres associ�s qui habitent
loin".Leur travail n'en est pas moins excellent,et fort utile.A Sept-Iles,par
exemple,il y a trois �quipes de m�decins hospitalistes.Deux sont constitu�es par
les m�decins de la place,et la troisi�me est constitu�e de m�decins itin�rants
qui reviennent g�n�ralement une semaine par mois.L'�quipe est stable,les
m�decins connaissent le milieu et y sont bien int�gr�s.Ils y reviennent souvent
depuis plusieurs ann�es...Pareil pour les sp�cialistes itin�rants.Qui dit
mieux?Des �quipes d'itin�rants bien constitu�es,fid�les et habitu�es au milieu
deviennent des �quipes � part enti�re,et non pas seulement des gagnes de
dilettantes comme on veut bien nous le faire croire.C'est pas tout le monde qui
a le go�t ou la possibilit� de vivre dans ses valises toute l'ann�e.Pour ce qui
est de l'itin�rance � l'urgence,c'est pareil.Faut simplement prioriser certaines
urgences,et peut-�tre en FERMER d'autres,carr�ment(je rejoins absolument la
position de Julien Poitras l�-dessus:a-t-on besoin de la foule des "petites"
urgences,parfois situ�es aux portes des plus grosses,et qui attirent bien des
docteurs qui vont y passer la nuit � grands frais...et en dormant � poingts
ferm�s 90% du temps?)Bon.J'arr�te.Je parle en connaissance de cause,vous le
savez.Et je lis tellement de conneries sur le sujet,que je ne peux m'emp�cher de
faire mon petit discours quand j'ai une chance.Mais je persiste et je
signe:l'itin�rance bien g�r�e,bien comprise et bien appliqu�e EST une
solution � long terme pour les probl�mes d'effectifs.Bien plus que les PREM.Pour
les AMP,je ne dis rien car je suis d'accord avec le principe.
Bon.Bon.Je m'arr�te.Mais la p�nurie n'a pas juste
des cons�quences.Elle a des causes.Les chiffres ne disent que ce qu'on veut bien
leur faire dire.
Tourlou!
C.
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Title: Re : URG-L: Re: URG-L: Premi�rement, prenez une calculatrice...
