Hello Claude
Existe-t-il de la littérature sur ce sujet et sur l'impact de la charge de travail sur la qualité de la pratique, sur l'organisation des services et l'attrition des médecins d'urgence notamment ?
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La seule qui me vient vite à l’idée est celle fournie par la FMOQ, voir rapport 2005 sur l’évolution des effectifs et des profils de pratiques. On y apprend
des choses intéressantes comme:
-Il n’y jamais eu autant d’omnipraticiens au Québec, nous étions environ 7000 il y a 10 ans, nous sommes 7495 actuellement.
-La moyenne d’âge des omnis est passé de 43 à 47 ans en 10 ans.
-Le nombre de femmes omnis est passé de 33% à 43% du total des omnis.
-Le nombre de médecins qui font du bureau est resté stable à environ 5000 en 10 ans.
-Le nombre de médecins qui font du CLSC est passé de 1150 à 1897 en 10 ans.
-Le nombre de médecins qui font du CHSGS a diminué de 200 mais la proportion du revenu total qu’ils représentent est passé de 51 à 58%.
-Le nombre de médecins qui font de l’urgence est passé de 1944 à 1702 (en 2000), mais est en remontée depuis 3 ans à 1754.
-Le nombre de médecins qui font plus de 75% de leur revenu à l’urgence est passé de 239 à 501 en 10 ans.
-Le nombre de médecins qui font 25% et moins de leur revenu à l’urgence est passé de 923 à 576 en 10 ans.
-L’apparition des médecins “hospitalistes” qui délaissent le travail de bureau.
Une étude récente, McGlone SJ, Chenoweth IG. Job demands and control as predicators of occupational satisfaction in general practice. Medical
Journal of Australia Juillet 2001; 175(2):85-86, semblait démontrer que les déterminants les plus importants de la satisfaction au travail sont
le contrôle sur leur propre travail, le contrôle sur les heures travaillées et la charge de travail.
Notre problème, Médical Post d’il y a environ 6 semaines (désolé pas de date), est que le Québec est relativement “distinct” quand à son
organisation du travail médical. Nous sommes la seule province avec des CLSC et la seule avec des pénalités associées avec des AMP et PREM.
Disons que ces éléments ont pas mal d’influence sur l’organisation des services provinciaux et cela rend les comparaisons difficiles.
Donc en gros, la pratique se féminise et vieillit. Le bureau est délaissé au profit des activités hospitalières mais on a augmenté de 65% le
nombre de médecin en CLSC (747 de plus). En plus de ça les fusions d’établissements en CSSS viennent ajouter un peu de “piquant” à
la salade qu’est actuellement l’organisation des services médicaux. C’est clair hein...
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Ne crois-tu pas qu'il serait intéressant de s'inspirer de cette littérature pour formuler des recommandations ? Cette approche EBM serait sans doute plus attirante.
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Quand on parle à des actuaires du MSSS, l’approche EBM ne compte pas tellement. On a l’air de quoi de dire qu’on manque d’omnis quand
nous sommes les omnipraticiens les moins productifs au Canada en terme d’heures travaillées et de patients vus. On dit qu’il manque 800 omnis
au Québec et que 25% de la population n’a pas de médecin de famille, mais notre nombre absolu augmente... Les actuaires savent compter.
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Ne crois-tu pas que la solution au manque d'effectifs médicaux devrait être adressée d'une façon différente que par celle d'augmenter la charge de travail des médecins ? Quel est l'impact de cette solution sur les effectifs à long terme ? Quel est l'objectif visé ?
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Si tu vois une augmentation de la charge de travail des médecins d’urgence à cause du 8 minutes, tu te trompe. Nulle part, il n’est écrit dans le document
que tu devras voir 60 patients par quart de 8 hrs à la mineure, ce serait complètement débile de toute façon. Les médecins du groupe de gestion des
effectifs médicaux ont probablement des statistiques de visites à l’urgence mineure et le 8 minutes doit sortir de là (sans joke, 8 minutes par patient
dans un SRV, c’est facilement possible et un rhume au SRV et pareil comme un rhume à l’urgence mineure).
Le cadre choisi est un cadre normatif et non pas historique. L’objectif visé est d’avoir une méthode permettant de calculer les besoins en effectifs
médicaux pour diverses activités en soins de courte durée (urgence et hospit surtout) selon les besoins pressentis basés sur le nombre de visites,
l’âge de la clientèle, le nombre d’ambulances, d’observés et d’hospitalisés. Une fois que tout le monde s’entend sur une méthode de calcul commune
on peut cesser de comparer des pommes et des oranges. L’avertissement de la page 14 est même limpide, la notion d’ETP est différente de
celle de “temps plein” que se donne une association pour définir le nombre optimal de quarts de travail pour des considérations de qualité de
vie professionnelle.
Ainsi, une urgence avec un haut débit de cas ambulatoire pourrait se voir attribuer un nombre d’ETP moindre, mais en étant réaliste, la très grande
majorité des urgences aura probablement des nombres d’ETP plus important que la couverture offerte par les médecins qui y travaillent actuellement.
J’ai fait le calcul avec mes chiffres et je travaille dans une urgence bien pourvue, pourtant j’ai encore “théoriquement” de la place pour 3.5 ETPmédecin
de plus avec la méthode de calcul.
On s’en va probablement vers des PEM restrictifs par établissements, c’est à dire que le certificat de conformité ne sera plus donné au futur
médecin pour la région, mais pour un établissement. Et l’établissement visé sera celui qui lui manque le plus d’ETPmédecin. On va se servir de
cet outil pour “paufiner” la répartition médicale dans une même région. Et ce même si les plans régionaux vont continuer de se gérer par individus.
Les effectifs à long terme devraient se stabiliser pour l’urgence. Ils étaient fragilisés depuis 10 ans mais ont repris du poil de la bête
depuis 3 ans. On reste fragile quand même, car les médecins qui font de l’urgence en font plus, ce qui fait qu’un départ a plus d’impact sur
la liste de garde.
Ceux qui vont plus chialer sont les médecins de l’hospit qui se font dire qu’un ETP équivaut à 17.5 lits. Pas de problème si tu roule 40 patients,
mais si tu en tourne 10 par jour, le choc risque d’être dur.
Ceux qui devraient le plus être inquiets sont les médecins des CLSC et GMF. Voir l’introduction qui parle de “fusions d’établissements”, de
“cultures d’équipes différentes” et de “tensions entre les différentes missions qui se font sentir”. Un fois qu’on s’entendra sur des barèmes
de calcul de charge de travail en mission hospitalière et qu’on pourra mieux répartir les ressources selon les besoins, ça ne nous fera pas
plus de médecins pour faire de la prise en charge de première ligne. On va risquer d’avoir une mesure de la charge de travail applicable
aussi en CLSC, et c’est là que ça risque de ruer dans les brancards.
Pour ce qui est des GMF, les taux d’inscriptions que j’ai en ma possession sont pourris, mais ça c’est une autre histoire.
Bye,
Claude.
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PH
Le 05-05-15 à 23:04, Claude Rivard a écrit :
Le 15/05/05 18:26, «ï¿½Catherine Bich�» <[EMAIL PROTECTED]> a écrit�:
Ouh!la!la!Aucune idée.
Je me suis découragée à la première ligne de calcul!
Parlant calcul,ça serait rigolo de savoir combien d'heures de travail génèrent un 8h00 de garde à l'urgence.Parce qu'il ne faut pas oublier que le travail de l'urgentologue(tout comme celui de n'importe quel autre médecin)ne s'arrête pas au départ de l'urgence.Heures supplémentaires quasiment automatiques(difficile de finir pile à l'heure dite,à moins de commencer à trier les cas 2h00 avant la fin du chiffre), vérification de dossiers aux archives, suivi des rapports de labo et radio, facturation (quand on la fait soi-même).Comment d'heures faut-il ajouter à chaque 8h00?
C.
Dans les documents fournis par la FMOQ-MSSS, on ventile le ETPmédecin à 43hrs/semaine pour 44 semaines par année.
On arrive ainsi au 1892 heures par année. �Pour un doc d’urgence les quarts durent le plus souvent 8 heures.
Un ETPmédecin représente environ 5 quarts par semaine (ou 40 heures de garde/semaine) pour 44 semaines. �Les 3
Heures supplémentaires doivent probablement avoir été ajoutée pour couvrir ces temps supplémentaires.
Quand à savoir si c’est assez?
Claude Rivard, md
Title: Re : URG-L: Re: URG-L: Premièrement, prenez une calculatrice...
Le 15/05/05 23:39, «ï¿½Pierre Hamel�» <[EMAIL PROTECTED]> a écrit�:
- URG-L: Re : URG-L: RE: URG-L: Premi?rement,prenez une calc... Claude Rivard
- URG-L: Re : URG-L: RE: URG-L: Premi?rement,prenez une... Fran�ois Paquet
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