Title: Re : URG-L: Re: URG-L: Premi�rement, prenez une calculatrice...

J’approuve � 100%, non 200%. La r�alit� qu’on vit est tr�s bien exprim�e ici. Dommage que peu de gens haut-plac�s ne la comprenne.

Depuis la loi 114 et les PREM, j’ai encore moins envie de travailler. Nous sommes peut-�tre les m�decins les moins productifs au Canada (ce qui me fait un peut bouillonner quand je viens de finir une garde o� mes semelles de chaussures fumaient), mais aussi les moins bien pay�s et les plus tax�s. Quelqu’un pourrait-il faire le lien quelque part l�-haut? Mais l’aspect financier n’est seulement qu’une partie (petite?) du probl�me.

Bon, je retourne vite m’occuper de mes deux enfants, comme demain et apr�s-demain, ma femme est partie travailler…

JF Germain

 


De : [email protected] [mailto:[EMAIL PROTECTED] De la part de Catherine Bich
Envoy� : 16 mai 2005 09:26
� : [email protected]
Objet : URG-L: Pr�jug�s et P�nurie

 

Ha!Ha!

 

Ca,ce sont des chiffres dr�lement int�ressants,Claude.

 

Plus de m�decins au Quebec qu'il y a dix ans.

Plus de femmes.

Une moyenne d'�ge vieillissante.

 

OK.

 

Mais un autre petit sondage me vient en t�te,celui que publiait l'Actualit� m�dicale il y a quelques temps.L� aussi,des chiffres dr�lement int�ressants,quoique peut-�tre moins fiables.Mais quand m�me.Ce qu'on lisait sous les chiffres donnait � r�fl�chir:En autres:

 

Les m�decins dans la cat�gorie des 45 et plus travaillent davantage d'heures que les m�decins de 35 ans et moins.

 

Les m�decins qui envisagent le plus de prendre une ann�e sabbatique sont ceux qui ont fini il y a...cinq ans et moins.

 

On n'a pas besoin d'�tudes compliqu�es pour comprendre (et voir)certaines choses tr�s �videntes:

 

1)Il y a autant de m�decins qu'avant,mais la r�partition du travail(adieu polyvalence,pour le meilleur et/ou pour le pire) et le nombre d'heures travaill�es sont moindres.Ou du moins,l'aspiration � travailler moins d'heures est omnipr�sente,toutes tranches d'�ge confondues.Les m�decins qui naissent et meurent avec leur sarreau blanc sur le dos sont une esp�ce en voie de disparition.On n'entre plus en m�decine comme on entre en religion.C'est une tendance de soci�t�,d'ailleurs.Dans le monde des affaires,on voit de plus en plus de jeunes cadres qui ne veulent surtout pas d'une promotion,question de ne pas trop s'encha�ner � leur travail,fut-ce au prix d'une augmentation substantielle de salaire.

 

2)L'effet d�l�t�re du recrutement massif et pr�pond�rant des �tudiants en m�decine parmi les �tudiants ayant d�j� compl�t� une formation universitaire est ind�niable(� mon humble point de vue):on recrute les �tudiants de plus en plus vieux,ce qui en soi n'a rien de mal.Mais ces m�mes �tudiants,une fois leurs �tudes (enfin) achev�es,auront envie de go�ter un peu � la vie,de faire des enfants et de s'en occuper,de passer un peu � autre chose.Cet autre chose est souvent la famille,et les m�decins(hommes ou femmes) sont g�n�ralement des parents tr�s impliqu�s,ou qui ont envie de l'�tre.Ca prend du temps.Doubler ou tripler leur salaire de r�sidents sera g�n�ralement plus que suffisant pour les rendre heureux(surtout s'ils sont en couple avec un autre professionnel,ce qui est maintenant la r�gle plus que l'exception et augmente sensiblement le revenu familial).Le facteur argent est donc moins important,individuellement parlant.

 

3)Parlant famille,il est ind�niable que l'arriv�e des femmes en m�decine joue un r�le.La premi�re chose que fait une jeune femme qui d�bute en pratique est souvent de faire un b�b�.Rien de plus normal.Les grossesses sont cependant un facteur non n�gligeable dans le calcul des effectifs.Et l'arriv�e des enfants signe souvent l'arr�t ou la modification de certaines activit�s professionnelles.L'urgence,en autres,est souvent un milieu de pratique abandonn� compte tenu des contraintes d'horaires qui la rendent tr�s peu attrayante pour les jeunes parents.

 

4)Les r�glements,lois et protocoles d'encadrement de toutes sortes sont,et seront toujours,une arme � double tranchant.Le plafond salarial,les PREM,les lois-surprises comme la 114...On ne g�re pas une p�nurie(et ici on parle bien de p�nurie,fut-elle relative ou absolue selon les "chiffres" officiels de ceux et celles qui d�cident du nonbre optimal d'heures travaill�es et nous sortent des abstractions comme les "�quivalents temps plein"pour soutenir leurs math�matiques) comme on g�re un surplus.On multiplie les contraintes,et on torpille la confiance avec des lois comme la loi 114.Les m�decins ont de la m�moire.Et beaucoup de choix.Force-t-on une telle main-d'oeuvre?On peut toujours essayer...mais les r�sultats sont rien moins qu'incertains.Demandez aux recruteurs des r�gions �loign�es ce qui se passe cette ann�e.On leur demande beaucoup de patience...attendre que la p�riph�rie se remplisse pour ensuite accueillir � leur tour les m�decins qui n'auront pas d'autres choix que de s'installer en r�gion.Iront-ils?Ca reste � voir...On a aussi oubli� � ce chapitre que beaucoup de m�decins sont en couple avec des professionnels qui ne peuvent pas s'�loigner des grands centres.On n'est plus � l'�re ou le conjoint suivait automatiquement.Quel sera le r�sultat � long terme?Ne serait-il pas plus sage de laisser les m�decins habiter ou ils veulent et appliquer n�anmoins les AMP?L'itin�rance �rig�e en syst�me,mais bien g�r�e,avec rigueur et intelligence,pourrait bien �tree la solution � bien des manques d'effectifs en r�gion �loign�e.On entend continuellement les F�d�rations bramer que ce n'est pas une solution,que cela s'oppose � la "continuit� des soins".Foutaises.Ce qui s'oppose � la continuit� des soins,c'est la difficult� d'acc�der aux soins dans bien des r�gions et l'�puisement et le ras-le-bol de bien des m�decins qui y sont install�s et ne voient pas le jour o� ils pourront enfin voir arriver la rel�ve.La majorit� des itin�rants,g�n�ralistes ou sp�cialistes,que je connais se fid�lisent � un �tablissement et y rendent d'excellents services.Ils deviennent des "membres associ�s qui habitent loin".Leur travail n'en est pas moins excellent,et fort utile.A Sept-Iles,par exemple,il y a trois �quipes de m�decins hospitalistes.Deux sont constitu�es par les m�decins de la place,et la troisi�me est constitu�e de m�decins itin�rants qui reviennent g�n�ralement une semaine par mois.L'�quipe est stable,les m�decins connaissent le milieu et y sont bien int�gr�s.Ils y reviennent souvent depuis plusieurs ann�es...Pareil pour les sp�cialistes itin�rants.Qui dit mieux?Des �quipes d'itin�rants bien constitu�es,fid�les et habitu�es au milieu deviennent des �quipes � part enti�re,et non pas seulement des gagnes de dilettantes comme on veut bien nous le faire croire.C'est pas tout le monde qui a le go�t ou la possibilit� de vivre dans ses valises toute l'ann�e.Pour ce qui est de l'itin�rance � l'urgence,c'est pareil.Faut simplement prioriser certaines urgences,et peut-�tre en FERMER d'autres,carr�ment(je rejoins absolument la position de Julien Poitras l�-dessus:a-t-on besoin de la foule des "petites" urgences,parfois situ�es aux portes des plus grosses,et qui attirent bien des docteurs qui vont y passer la nuit � grands frais...et en dormant � poingts ferm�s 90% du temps?)Bon.J'arr�te.Je parle en connaissance de cause,vous le savez.Et je lis tellement de conneries sur le sujet,que je ne peux m'emp�cher de faire mon petit discours quand j'ai une chance.Mais je persiste et je signe:l'itin�rance bien g�r�e,bien comprise et bien appliqu�e EST une solution � long terme pour les probl�mes d'effectifs.Bien plus que les PREM.Pour les AMP,je ne dis rien car je suis d'accord avec le principe.

 

Bon.Bon.Je m'arr�te.Mais la p�nurie n'a pas juste des cons�quences.Elle a des causes.Les chiffres ne disent que ce qu'on veut bien leur faire dire.

 

Tourlou!

 

C.

 

 

 

 

----- Original Message -----

Sent: Monday, May 16, 2005 1:40 AM

Subject: URG-L: Re : URG-L: Re: URG-L: Premi�rement,prenez une calculatrice...

 

Le 15/05/05 23:39, � Pierre Hamel ï¿½ <[EMAIL PROTECTED]> a �crit :

Hello Claude

Existe-t-il de la litt�rature sur ce sujet et sur l'impact de la charge de travail sur la qualit� de la pratique, sur l'organisation des services et l'attrition des m�decins d'urgence notamment ?
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La seule qui me vient vite � l’id�e est celle fournie par la FMOQ, voir rapport 2005 sur l’�volution des effectifs et des profils de pratiques.  On y apprend
des choses int�ressantes comme:
-Il n’y jamais eu autant d’omnipraticiens au Qu�bec, nous �tions environ 7000 il y a 10 ans, nous sommes 7495 actuellement.
-La moyenne d’�ge des omnis est pass�  de 43 � 47 ans en 10 ans.
-Le nombre de femmes omnis est pass� de 33% � 43% du total des omnis.
-Le nombre de m�decins qui font du bureau est rest� stable � environ 5000 en 10 ans.
-Le nombre de m�decins qui font du CLSC est pass� de 1150 � 1897 en 10 ans.
-Le nombre de m�decins qui font du CHSGS a diminu� de 200 mais la proportion du revenu total qu’ils repr�sentent est pass� de 51 � 58%.
-Le nombre de m�decins qui font de l’urgence est pass� de 1944 � 1702 (en 2000), mais est en remont�e depuis 3 ans � 1754.
-Le nombre de m�decins qui font plus de 75% de leur revenu � l’urgence est pass� de 239 � 501 en 10 ans.
-Le nombre de m�decins qui font 25% et moins de leur revenu � l’urgence est pass� de 923 � 576 en 10 ans.
-L’apparition des m�decins “hospitalistes” qui d�laissent le travail de bureau.

Une �tude r�cente, McGlone SJ, Chenoweth IG. Job demands and control as predicators of occupational satisfaction in general practice. Medical
Journal of Australia Juillet 2001; 175(2):85-86, semblait d�montrer que les d�terminants les plus importants de la satisfaction au travail sont
le contr�le sur leur propre travail, le contr�le sur les heures travaill�es et la charge de travail.

Notre probl�me, M�dical Post d’il y a environ 6 semaines (d�sol� pas de date), est que le Qu�bec est relativement “distinct” quand � son
organisation du travail m�dical.  Nous sommes la seule province avec des CLSC et la seule avec des p�nalit�s associ�es avec des AMP et PREM.
Disons que ces �l�ments ont pas mal d’influence sur l’organisation des services provinciaux et cela rend les comparaisons difficiles.

Donc en gros, la pratique se f�minise et vieillit.  Le bureau est d�laiss� au profit des activit�s hospitali�res mais on a augment� de 65% le
nombre de m�decin en CLSC (747 de plus).  En plus de �a les fusions d’�tablissements en CSSS viennent ajouter un peu de “piquant” �
la salade qu’est actuellement l’organisation des services m�dicaux.  C’est clair hein...
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Ne crois-tu pas qu'il serait int�ressant de s'inspirer de cette litt�rature pour formuler des recommandations ? Cette approche EBM serait sans doute plus attirante.
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Quand on parle � des actuaires du MSSS, l’approche EBM ne compte pas tellement.  On a l’air de quoi de dire qu’on manque d’omnis quand
nous sommes les omnipraticiens les moins productifs au Canada en terme d’heures travaill�es et de patients vus.  On dit qu’il manque 800 omnis
au Qu�bec et que 25% de la population n’a pas de m�decin de famille, mais notre nombre absolu augmente...  Les actuaires savent compter.
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Ne crois-tu pas que la solution au manque d'effectifs m�dicaux devrait �tre adress�e d'une fa�on diff�rente que par celle d'augmenter la charge de travail des m�decins ? Quel est l'impact de cette solution sur les effectifs � long terme ? Quel est l'objectif vis� ?
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Si tu vois une augmentation de la charge de travail des m�decins d’urgence � cause du 8 minutes, tu te trompe.  Nulle part, il n’est �crit dans le document
que tu devras voir 60 patients par quart de 8 hrs � la mineure, ce serait compl�tement d�bile de toute  fa�on.  Les m�decins du groupe de gestion des
effectifs m�dicaux ont probablement des statistiques de visites � l’urgence mineure et le 8 minutes doit sortir de l� (sans joke, 8 minutes par patient
dans un SRV, c’est facilement possible et un rhume au SRV et pareil comme un rhume � l’urgence mineure).

Le cadre choisi est un cadre normatif et non pas historique.  L’objectif vis� est d’avoir une m�thode permettant de calculer les besoins en effectifs
m�dicaux pour diverses activit�s en soins de courte dur�e (urgence et hospit surtout) selon les besoins pressentis bas�s sur le nombre de visites,
l’�ge de la client�le, le nombre d’ambulances, d’observ�s et d’hospitalis�s.  Une fois que tout le monde s’entend sur une m�thode de calcul commune
on peut cesser de comparer des pommes et des oranges.  L’avertissement de la page 14 est m�me limpide, la notion d’ETP est diff�rente de
celle de “temps plein” que se donne une association pour d�finir le nombre optimal de quarts de travail pour des consid�rations de qualit� de
vie professionnelle.

Ainsi, une urgence avec un haut d�bit de cas ambulatoire pourrait se voir attribuer un nombre d’ETP moindre, mais en �tant r�aliste, la tr�s grande
majorit� des urgences aura probablement des nombres d’ETP plus important que la couverture offerte par les m�decins qui y travaillent actuellement.
J’ai fait le calcul avec mes chiffres et je travaille dans une urgence bien pourvue, pourtant j’ai encore “th�oriquement” de la place pour 3.5 ETPm�decin
de plus avec la m�thode de calcul.

On s’en va probablement vers des PEM restrictifs par �tablissements, c’est � dire que le certificat de conformit� ne sera plus donn� au futur
m�decin pour la r�gion, mais pour un �tablissement.  Et l’�tablissement vis� sera celui qui lui manque le plus d’ETPm�decin.  On va se servir de
cet outil pour “paufiner” la r�partition m�dicale dans une m�me r�gion.  Et ce m�me si les plans r�gionaux vont continuer de se g�rer par individus.

Les effectifs � long terme devraient se stabiliser pour l’urgence.  Ils �taient fragilis�s depuis 10 ans mais ont repris du poil de la b�te
depuis 3 ans.  On reste fragile quand m�me, car les m�decins qui font de l’urgence en font plus, ce qui fait qu’un d�part a plus d’impact sur
la liste de garde.

Ceux qui vont plus chialer sont les m�decins de l’hospit qui se font dire qu’un ETP �quivaut � 17.5 lits. Pas de probl�me si tu roule 40 patients,
mais si tu en tourne 10 par jour, le choc risque d’�tre dur.

Ceux qui devraient le plus �tre inquiets sont les m�decins des CLSC et GMF.  Voir l’introduction qui parle de “fusions d’�tablissements”, de
“cultures d’�quipes diff�rentes” et de “tensions entre les diff�rentes missions qui se font sentir”.  Un fois qu’on s’entendra sur des bar�mes
de calcul de charge de travail en mission hospitali�re et qu’on pourra mieux r�partir les ressources selon les besoins, �a ne nous fera pas
plus de m�decins pour faire de la prise en charge de premi�re ligne.  On va risquer d’avoir une mesure de la charge de travail applicable
aussi en CLSC, et c’est l� que �a risque de ruer dans les brancards.

Pour ce qui est des GMF, les taux d’inscriptions que j’ai en ma possession sont pourris, mais �a c’est une autre histoire.

Bye,

Claude.

*******************************
PH

Le 05-05-15 � 23:04, Claude Rivard a �crit :

 Le 15/05/05 18:26, � Catherine Bich ï¿½ <[EMAIL PROTECTED]> a �crit :
 
 

Ouh!la!la!
 

 
Je me suis d�courag�e � la premi�re ligne de calcul!
 

 
Parlant calcul,�a serait rigolo de savoir combien d'heures de travail g�n�rent un 8h00 de garde � l'urgence.Parce qu'il ne faut pas oublier que le travail de l'urgentologue(tout comme celui de n'importe quel autre m�decin)ne s'arr�te pas au d�part de l'urgence.Heures suppl�mentaires quasiment automatiques(difficile de finir pile � l'heure dite,� moins de commencer � trier les cas 2h00 avant la fin du chiffre), v�rification de dossiers aux archives, suivi des rapports de labo et radio, facturation (quand on la fait soi-m�me).Comment d'heures faut-il ajouter � chaque 8h00?
 

 
C.
 


 

Aucune id�e.
 Dans les documents fournis par la FMOQ-MSSS, on ventile le ETPm�decin � 43hrs/semaine pour 44 semaines par ann�e.
 On arrive ainsi au 1892 heures par ann�e.  Pour un doc d’urgence les quarts durent le plus souvent 8 heures.
 Un ETPm�decin repr�sente environ 5 quarts par semaine (ou 40 heures de garde/semaine) pour 44 semaines.  Les 3
 Heures suppl�mentaires doivent probablement avoir �t� ajout�e pour couvrir ces temps suppl�mentaires.
 
 Quand � savoir si c’est assez?
 
 Claude Rivard, md  

 

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