Merci pour l'info!!
Quelle la définition que vous utilisez pour l'hypoglycorachie?
Quels sont les signes de gravité retenus dans votre arbre décisionnel?
Martin Loranger
Hôpital Charles Lemoyne, Longueuil, Québec
----Original Message Follows----
From: Frédéric JOYE <[EMAIL PROTECTED]>
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Subject: URG-L: RE URG-L: meningite...
Date: Thu, 11 Aug 2005 12:29:25 +0200
Bonjour Philippe,
Merci beaucoup pour ce document intéressant... Dommage que tu ne l'aies pas
envoyé un peu plus tôt, car nous venons d'essuyer cette dernière quinzaine
un épidémie de méningites virales (mais avec tout de même 1 méningo et 1
Listeria dans le flot...) !
J'ajouterais peut-être qu'il faut penser aux méningites tuberculeuses et
infections mycotiques chez les sujets à risque (immunodépression), qui
peuvent donner un peu de tout sur le LCR. Nous avons eu quelques cas
sporadiques dont il est toujours agaçant de passer à coté. Il faut peut être
le mentionner quelque part dans l'algorithme (case de G en bas ?).
En sus de ton algorithme, je voulais juste apporter quelques précisions sur
notre expérience du diagnostic clinique des méningites (ou plutôt du
syndrome méningé devant mener à la réalisation de la PL, c'est à dire en
amont de l'algorithme que tu nous proposes).
Nous avions fait un travail à Tours sur les méningites aiguës vues aux
urgences (résultats partiels sur une cinquantaine de malades dans Réanim
Urgences 2000;9:323-30)
Entre autres messages très instructifs, nous avions noté sur une serie de
près de 80 cas que :
- L'antibiothérapie n'était débuté en moyenne qu'au bout de 200 min
après l'admission...
- Seulement 54% des méningites aigues bactériennes authentiquement
prouvées par la suite (sur PL avec culture +) avaient un syndrome méningé
fébrile à l'admission aux urgences
- La "raideur de nuque" n'était présente que chez 42% des patients
- L'absence de fièvre concernait près de 30% des malades, le plus
souvent du fait de l'automédication préalable par antalgiques antipyrétiques
(à demander systématiquement), plus rarement spontanément apyrétiques (le
critère était temp < 37°8 C)
- Des signes de localisation neuro existaient chez 27 % des malades,
notamment les personnes âgées (tableau "d'AVC fébrile") ou si Listeria
(atteinte paires crâniennes). Lorsqu'un TDM était jugé nécessaire, la
meilleure séquence en terme de bénéfice / risque (c'est à dire rapidité
d'aministration de l'antibiothérapie et absence d'impact négatif pour
pouvoir identifier le germe) semblait être la succession Antibiothérapie
probabiliste puis TDM cérébrale puis PL si pas de CI.
- Cerise sur le gâteau : 6 % des malades n'avait ni syndrome méningé, ni
céphalée, aucun signe neurologique, ni fièvre, avec des points d'appels
infectieux autres (pneumopathie, infection ORL...) et juste une "fatigue"...
Mais avaient pourtant une authentique méningite bactérienne (moyenne d'âge
de ces patients 82 ans...)
Voilà, juste pour rappeler que ce n'est pas toujours évident aux urgences de
simplement penser à faire la PL devant les tableaux incomplets ou atypiques,
qui sont pourtant très fréquents, et que l'antibiothérapie est une véritable
urgence.
Amitiés,
FJ
-----Message d'origine-----
De : [email protected] [mailto:[EMAIL PROTECTED] la part de
[EMAIL PROTECTED]
Envoyé : jeudi 11 août 2005 11:28
À : [EMAIL PROTECTED]
Objet : URG-L: RE URG-L: meningite...
bonjour à tous et merci d'avoir cité notre travail sur l'arbre décisionnel
que nous utilisons pour les méningites à examen direct négatif. Cet arbre a
été mis en place à Nantes lors d'une épidémie de méningites virales a
entérovirus et nous a permis de largement diminuer le nombre de patients
recevant des antibiotiques. Il est d'ailleurs toujours utilisé dans le
service. Je tache de mettre la main sur une version électronique du document
et je vous l'envois.
Par ailleurs, je ne suis pas tout à fait d'accord avec Catherine car
devant un tableau typique de méningite virale évoluant depuis plus de 48
heures, sans antibiothérapie initiale, avec un bon état général et une
famille cortiquée et bien briffée, il m'arrive de faire sortir les patients
directement, sans attendre le résultat des cultures. Cependant, il s'agit de
situations rares dans lesquelles je n'ai aucun doute.
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Pr Philippe Le Conte
Service d'Accueil et d'Urgences
Centre Hospitalier Universitaire
44093 Nantes
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