Non,et merci encore d'avoir pris le temps d'en parler sur la liste.C'est vraiment un cas intéressant,et effectivement,la démarche entreprise pour essayer de poser le Dx l'est tout autant.Bel exemple de collaboration.Le meilleur de la médecine.
 
Encore une fois bravo.
 
C.

----- Message d'origine -----
De: Claude Rivard <[email protected]>
Date: Vendredi, 13 Mars 2009, 0:12
Objet: URG-L: La licorne
À: [email protected]


> Le 12/03/09 23:13, « Alain Vadeboncoeur » <[email protected]> a écrit :

> Très exceptionnel diagnostic! Bravo!

> Le seul point qui me chicote est l'évocation du diagnostic de dissection.

> Bien entendu, je ne reviens pas sur l'absence de clinique de douelur et autre.

> Mais je ne vois pas comme ça pourrait coller.
 
>  "
Aller lui prendre sa pression intra-musculaire car je pense à un syndrome du compartiment sur une TPP.
> Les pressions sont autour de 55 à droite et 65 ou 70 à gauche.

> La patiente a les deux pieds bleus et aucun pouls palpable ou décelable.  On demande la médecine interne
> En stat pour faire un doppler pré-angio.  Un nouveau bilan est demandé, Lactates à 5.5, acidose métabolique
> Sévère avec pH 7.11 et Bic 17, début de leucocytose mais le plus surprenant est que l’Hb est maintenant à
> 242.  On pense à une fasciite nécrosante ou thrombose aortique et on monte au doppler.  Bolus de 2000cc.

> Durant doppler, TA systolique à 62 et tachycardie à 130, patiente pas bien du tout mais qui est capable
> De nous parler et est orientée!  Jugulaires plates et cyanoses des pieds et mains.  On demande une
> Fasciotomie d’urgence et l’anesthésiste est avisé.  Étonnamment, le doppler est normal mais démontre
> Un oedème massif des muscles des deux mollets avec une hypoperfusion distale importante.

> Dx alors évoqué par l’anesthésiste: Dissection aortique sans douleurs thoraciques, il a déjà vu ça!
> Il explique que le flap de la dissection empêche la perfusion périphérique mais permet la perfusion
> Centrale.  
"

> Donc on a des pressions élevées (prises comment d'ailleurs?), j'imagine des loges musculaires sous tension, un doppler normal (normal comment ? du point de vue artériel ou veineux?), un oedème massif des muscles.

> Donc ça ne colle pas du tout à une dissection. Les quelques rares thromboses artérielles totales des membres inférieurs sont pas mal toujours pareilles: douleur intense, membre blanc, froid, etc. Mais pas tout le reste.

> Alain


> Les pressions furent prises avec un petit appareil à usage unique de type Stryker, on plante
> L’aiguille dans la jambe et ça nous donne une lecture de la pression dans le compartiment.
> Pas mal toutes les urgences ont de ces petits bidules, on en a depuis environ 7 ans et nos
> Orthopédistes se sont fait un plaisir de nous enseigner leur fonctionnement.

> L’embolie pulmonaire avait été éliminée par l’angioscan thoracique fait plus tôt en fin de
> Soirée, mais on avait pas éliminée la TPP.  Au doppler, pas de TPP, un flot artériel
> Littéralement écrasé par les tissus environnants mais présent et sans thrombose et un
> retour veineux extrêmement faible mais aussi présent et sans caillot.

> La théorie de l’anesthésiste était que le flap de la dissection obstruait parfois complètement
> Et parfois partiellement le flot artériel et que cela avait créé une souffrance par ischémie
> Des deux jambes qui aurait causé le syndrome du compartiment lors de la reperfusion des
> Membres.  Ça expliquait aussi le choc avec un sensorium clair.

> Il faut aussi dire qu’il était 04h00 du matin, qu’on était 4 docteurs à se casser la tête
> Sur la clinique de la dame et que tous nos tests radiologiques et doppler n’expliquait
> Pas du tout ce qu’elle avait.  On était pas mal rendu au bout de nos dx différentiels à
> Ce stade-ci et on ne comprenait pas comment la dame restait alerte et éveillée (même
> Pas étourdie) avec une TA dans la cave.  Même si ça ne collait pas parfaitement avec
> une dissection, c’est dur de ne pas travailler pour l’éliminer une fois qu’il est évoqué
> Et que de toute évidence la patiente est en train de mourir.

> Il semble cependant que cette clinique est assez typique chez les patients qui souffrent
> De cette condition, on ne sait pas pourquoi.  De toute façon, je n’en reverrais pas une
> Autre comme ça...

> Bye,

> Claude

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