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On 2009-06-23, at 3:19 PM, Axel Ellrodt
<[email protected]> wrote:
PPP ? Qu'est-ce ?
2009/6/23 Alain Vadeboncoeur <[email protected]>
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http://www.ledevoir.com/2009/06/18/255542.html
Le jeudi, 18 juin 2009
La coalition CHU sans PPP s’oppose à la construction des centres
hospitaliers universitaires en mode PPP
Non aux PPP pour nos hôpitaux universitaires!
Membres de la coalition CHU sans PPP, nous rejetons le choix du mode
PPP pour les projets d’hôpitaux universitaires. Nous demandons en
conséquence au gouvernement de relancer rapidement leur construction
en mode conventionnel.
Notre vaste coalition est constituée de groupes professionnels, synd
icaux et sociaux parmi les plus impliqués en santé et dans la constr
uction de bâtiment. Médecins, architectes, infirmières,
techniciens, travailleurs, professionnels, nous contestons le choix
du mode PPP pour nos centres hospitaliers universitaires (CHUs), not
amment afin d’éviter aux générations actuelles et futures d’en
subir les conséquences. La construction du CHUM, du CUSM et du CHUQ
doit plutôt être réalisée en mode conventionnel, sous gouverne
publique et avec toute la transparence requise.
Le mode PPP : une erreur fondamentale
Projets majeurs, les plus vastes jamais réalisés en santé au
Québec, nous disposerons grâce aux nouveaux CHUs d’hôpitaux
modernes, dessinés en fonction des meilleurs concepts, permettant
d’offrir des soins de qualité aux générations à venir et
favorisant le développement de la recherche, de l’enseignement,
des nouvelles technologies et des soins spécialisés. Mais alors que
le Québec n’a aucune expérience de PPP en santé, on voudrait
réaliser de cette façon les plus importants projets de
l’histoire! C’est un pari incroyablement risqué.
Tout hôpital, véritable organisme vivant, est régulièrement sujet
à des réorganisations majeures. Or, nul ne peut prédire
l’évolution des soins, réalité particulièrement changeante dans
des milieux universitaires à l’avant-garde des innovations en
santé. L’expérience acquise montre qu’une fois des contrats
aussi complexes qu’inflexibles signés, le mode PPP induit une
rigidité qui rend laborieuses les améliorations périodiques
requises, risquant de compromettre à long terme la qualité des soins
et les conditions de travail tout en engendrant des coûts excessifs
, comme chez les Britanniques. Le mode PPP y est remis en question,
après que les gouvernements en aient constaté les limites et les
coûts, jusqu’à 30% plus élevés. Il est aussi progressivement
rejeté dans certains pays où il était à l’avant-scène il y a
seulement dix ou quinze ans, notamment en Écosse ou en France.
Près de chez nous, le vérificateur général de l’Ontario s’est
montré tout aussi critique: le premier hôpital PPP, situé à
Brampton, a coûté 50 millions de plus que s’il avait été conçu
en mode conventionnel.
Des PPP qui n’en sont plus
Financer des projets d’envergure en mode PPP est un exploit dans le
contexte économique actuel, alors que les entreprises trouvent diffi
cilement l’argent requis et que l’écart entre les taux
d’intérêt appliqués aux emprunts du secteur privé et à ceux
des gouvernements s’accroît. De plus, le nombre insuffisant de
soumissionnaires empêche une réelle concurrence tandis que leur frag
ilité financière en sape la valeur ajoutée par rapport à des
firmes construisant en mode conventionnel.
Enfin, on insiste beaucoup sur l’argument du transfert de risque au
partenaire privé, mais en réalité il n’aura pas lieu, les
événements récents révélant plutôt l’inverse: avec la crise
financière, les consortiums n’osent plus s’avancer sans une
multiplication de garanties gouvernementales, contredisant un des pr
incipes de base du mode PPP. Même des PPP beaucoup plus modestes com
me la salle de concert de l’OSM ou l’autoroute 25 éprouvent des
difficultés et doivent être refinancés par le gouvernement ou
l’objet de paradoxales garanties publiques.
Il nous faut donc aujourd’hui nous poser cette question cruciale : s
ouhaitons-nous vraiment, comme société, être locataires
d’hôpitaux dont nous aurons avancé la mise de fonds et en prime
garanti l’hypothèque?
De révolution tranquille à régression tranquille
Le choix de construire des hôpitaux en PPP constitue également une r
emise en question pour le moins étonnante des compétences
québécoises en ces domaines, les appels d’offres ne comportant
pas d’obligation substantielle à l’égard du contenu
québécois. Nos CHUs pourraient donc être réalisés par des firmes
essentiellement étrangères, rendant des comptes d’abord à leurs
propres actionnaires plutôt qu’à notre population et où nos
professionnels sont mal représentés? Mais pourquoi donc, alors
qu’il s’agit de fonds publics?
Le Québec possède pourtant une vaste expertise dans la conception et
la réalisation de projets d’envergure, contribuant d’ailleurs
pour moitié aux exportations canadiennes dans certains domaines; la
construction des grands barrages est un exemple classique.
Or, cette expertise sera irréversiblement perdue si nous ne restons
pas maîtres d’œuvre de nos grands projets, notamment ceux des
CHUs en PPP, où nos entreprises ne retireraient ni profit, ni dévelo
ppement d'emploi, ni capitalisation des expertises susceptibles
d’être être ensuite réutilisées ou exportées. S’ensuivrait
une perte grave et irréversible de savoir-faire touchant la concepti
on, la gestion et la construction de mégaprojets en santé.
Où en serions-nous collectivement, si nos gouvernements avaient omis
jadis de mettre à contribution les forces vives de la société
québécoise pour réaliser les projets hydro-électriques, amputant
ainsi la révolution tranquille de certaines de ses plus remarquables
réussites? Le choix de mode PPP pour les CHUs initierait une vérita
ble régression tranquille que nous refusons.
Plan B : refuser le PPP et retourner au modèle conventionnel
Il est encore temps de relancer ces projets en mode conventionnel.
Monsieur Charest ayant déjà ouvert la porte à un plan B, le
gouvernement doit revenir dès maintenant, dans l’intérêt de tous
les Québécois, à des approches publiques éprouvées, validées,
où il conservera l’entière maîtrise d’œuvre et qui
permettront, par une saine interaction entre concepteurs, gestionnai
res, professionnels et travailleurs de la santé, de concevoir et con
struire des bâtiments de qualité supérieure. C’est le plan B
qu’il faut maintenant appliquer.
Il ne s’agit donc pas de retarder les travaux, surtout ceux du CHUM,
déjà affectés par des délais auxquels ont pu contribuer les
contraintes inhérentes aux PPP. En cette période où des
investissements publics accrus constituent une des clefs de la repri
se, il faut au contraire agir rapidement. Or, le mode conventionnel
permettrait de démarrer les travaux sans tarder compte tenu des étud
es déjà réalisées.
Mais si nous refusons de gérer nous-mêmes ces projets, il sera bien
vite impossible de renverser le cours des choses. Quel savoir-faire
léguerions-nous aux générations futures? Comment pourraient-elles
se mobiliser de nouveau autour des défis majeurs de l’avenir?
Souhaitons-nous vraiment manquer ce rendez-vous avec l’histoire?
Rejetons le mode PPP pour les CHU. Cette décision essentielle, le go
uvernement doit la prendre maintenant, pendant qu’il est encore temp
s.
Signé par: Coalition CHU sans PPP
Alain Vadeboncoeur MD, porte-parole de la Coalition CHU sans PPP,
Marie-Claude Goulet MD, Médecins québécois pour le régime public,
André Bourassa, Ordre des architectes du Québec, Régine Laurent,
Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Gaétan
Barrette MD, Fédération des médecins spécialistes du Québec,
Louis Godin MD, Fédération des médecins omnipraticiens du Québec,
Martin Bernier MD, Fédération des médecins résidents du Québec,
Louis Roy, Confédération des syndicats nationaux, Alain Fournier, As
sociation des architectes en pratique privée du Québec, Francine
Lévesque, Fédération de la santé et des services sociaux–CSN,
Jacques Bouchard, Secrétariat intersyndical des services publics, Lu
ce Leblanc, Alliance du personnel professionnel et technique de la s
anté et des services sociaux, Claudette Cyr, Coalition Solidarité-Sa
nté, Charles Fortier, Association des pharmaciens des établissements
de santé du Québec, Maurice Boucher, Association québécoise de
défense des droits des personnes retraitées et préretraitées.
Gilles Dussault, Syndicat des professionnelles et professionnels du
gouvernement du Québec, Lucie Martineau, Syndicat de la fonction pub
lique du Québec, Michel Ducharme, président du Conseil régional
FTQ Montréal métropolitain, Louise Chabot, Centrale des syndicats du
Québec, Gaétan Châteauneuf, Conseil central du Montréal
métropolitain-CSN, Paul Thomas, Syndicat des employé(e)s du CUSM-CSN
, Claudine Poirier, Syndicat des employé(e)s du CHUM-CSN.