Bonsoir Laurent,

 

Bien sûr que je suis passé par cette étape (et je n'en suis jamais réellement sorti), je trouverais même suspect d'un point de vue humain de ne pas l'avoir vécu. On peut difficilement attendre des enfants ce que des adultes n'arrivent pas encore à faire et le propre de l'école et justement de proposer aux enfants du temps qui va leur permettre de développer une famille d'attitudes que nous souhaitons développer.

 

Tu soulèves différentes résistances et je ne pourrai pas les étudier toutes.

 

Au sujet des petits différends que les enfants font remonter au conseil, nous faisons référence à un élément de la culture de classe qu'est le "message clair." Avant d'avoir le droit d'en parler devant tout le monte (et de demander implicitement l'attention et l'intérêt de tous quitte à prendre du temps sur d'autres questions motivant un panel d'enfants plus large), chacun d'entre nous doit d'abord avoir essayé le message clair.

Celui qui ressent une souffrance (ou un problème) demande à celui qu'il désigne comme en étant la source d'accepter un message clair. Les deux personnes s'isolent et se regardent. Le demandeur exprime alors deux éléments :

- ce qui s'est passé (d'un point de vue factuel)

- ce que cela a provoqué en terme d'émotion ou de sentiment ("ce que ça t'a fait dans le cœur" comme expliquent les enfants)

La personne à qui s'adresse le message clair prend alors la parole et dit s'il a compris, peut éventuellement proposer une réparation (ce qui n'est pas obligatoire). Si le demandeur ne s'estime pas apaisé, il a alors la possibilité d'en parler au conseil.

Sinon, le différend ne va pas plus loin. Des étudiants qui se sont intéressés à l'impact de cet outil sur les conflits ont pu mesurer qu'environ 3/4 d'entre eux trouvaient réponse équitable. Ils ont aussi montré que celui qui s'identifiait comme la victime profitait de ce moment comme un soulagement et que celui qui était désigné comme persécuteur prenait réellement conscience de l'impact émotionnel d'une action que très souvent il jugeait bénigne.

 

Quand un problème concernant tout le monde est abordé lors du conseil, la discussion tend à se terminer par une prise de décision. Celle-ci est alors relue en entame du conseil suivant et l'on s'interroge sur sa pertinence. Elle peut alors être validée, modifiée ou abrogée. S'il s'avère qu'elle n'a pas été respectée, le conseil a pouvoir de poser une sanction qui se traduit toujours par la privation de l'exercice d'un droit. En occurrence, pour les histoires de foot (fréquentes dans notre quartier de La Paillade), c'est arrivé bien souvent  que cela donne lieu à des interdictions de jouer au foot pendant une semaine ou plusieurs, pour un, plusieurs, ou tous les membres de la classe.

Je crois que le fait de poser une loi n'est que le début de notre travail autour de l'apprentissage de la limite sociale. Cet apprentissage est d'autant plus important que c'est souvent à partir de lui que tout le reste va pouvoir se construire et que des langages vont réellement pouvoir se construire. C'est en tout cas une option salutaire avec les enfants que nous accueillons.

 

Coopérativement

 

Sylvain

 


 
> Je propose un sujet : "le grand conseil ".
>
> Je développe...
>
> Je suis insatisfait par rapport au fonctionnement de mon grand conseil.
> Je le décris. Tout au long de la semaine les élèves déposent dans les
> boîtes "je présente", "je propose", "Quand tu m'as fait ça, ça m'a fait
> ça", des petits papiers. Ces papiers sont alors recopiés le jeudi par
> les deux co présidents sur le "cahier du grand conseil".
>
> Le grand conseil à lieu le vendredi et est animé par les deux
> co-présidents.
>
> Maintenant ce qui ne me satisfait pas ! Certains élèves de la classe ne
> se sentent pas du tout concerné par les remarques qui leur sont faîtes.
> Ainsi j'ai plusieurs élèves qui "discutent" pas mal dans la classe. Le
> reste du groupe leur explique que "quand tu parles tu m'empêches de
> travailler" seulement les élèves en question n'assument pas du tout leur
> responsabilité et passent leur temps à revoyer la remarque sur les
> autres "Toi aussi tu parles !". Résultat les élèves se revoyent le
> problème comme une patate chaude et le problème n'est pas réglé ! Ils ne
> reconnaissent pas leur "tord". "Non c'est pas vrai c'est pas moi !".
> Bref ça devient un peu le pugilat.
>
> Autre situation. Nous avons un problème dans les wc. Certains garçons
> innondent les cuvettes. Nous en avons parlé depuis le début de l'année.
> Comment faire pour résoudre ce problème. Les solutions trouvées par la
> classe: "les garçons s'assoient pour faire pipi".Résultat: le problème
> revient chaque semaine....
>
> Idem dans la cour avec le foot. Il y a sans cesse des problèmes.
> Certains élèves ont proposé de mettre en place des arbitres pour réguler
> les problèmes. Seulement l'arbitre n'est pas respécté.
>
> De plus durant le grand conseil, les élèves ne s'écoutent pas et
> s'expriment à tout va ! C'est pas forcément évident pour les
> co-présidents et je suis obligé de les aider. J'interviens pas mal du
> coup et c'est pas terrible.
>
> Certains élèves ont énormément de mal à rester dans les propos de
> l'échange. Il y a une présentation sur un fossile par exemple et au
> moment de poser des questions patatra :"Moi aussi j'ai vu des fossiles à
> la télé !" une remarque qui coupe court et qui tombe à plat.
>
> Un exposé sur le moteur à explosion et hop au moment des questions: "Mon
> tonton il est mécanicien et il adore les voitures !".
>
> Ils ont beaucoup de mal pour rebondir et poser des questions. Lors des
> présentations au cours du grand conseil il y a souvent peu de questions
> et souvent elles sont assez pauvres. Ils ne se sentent pas vraiment
> concerné et sont passifs...
>
> Comment faites-vous dans votre grand conseil ?
> Etes vous passés également par ces travers ?
> Avez vous des élèves qui ne se sentent pas concerné par la vie de la
> classe ? Si oui comment faire pour les "gérer" ?
>
> A vous lire
>
> Laurent Lançon
>
>
>
> --
> ----------------------------------------------------------------
> Vous pouvez vous desinscrire a tout moment de cette liste de
> discussion en postant un message a [EMAIL PROTECTED]
 
 
Sylvain CONNAC
Ecole coopérative Antoine BALARD
123, rue de Salamanque
34 080 MONTPELLIER
sylvain.connac(antispam)laposte.net


Accédez au courrier électronique de La Poste : www.laposte.net ;
3615 LAPOSTENET (0,34 /mn) ; tél : 08 92 68 13 50 (0,34/mn)

Répondre à