Le 5 févr. 2013 à 18:33, olivier auber a écrit :

> Le 5 février 2013 14:31, JFC Morfin <[email protected]> a écrit :
>> At 11:50 05/02/2013, olivier auber wrote:
>>> 
>>> Oui ! mais on est loin du compte. En particulier, je ne vois pas
>>> comment ce genre d'approche symétrique peut se développer dans un
>>> réseau dissymétrique sans remettre en causer son fondement même : le
>>> processus de création monétaire. Il faudrait d'emblée que la
>>> freedombox batte sa propre monnaie, symétrique elle-aussi. Ceci
>>> implique un changement radical de référentiel qui malheureusement ne
>>> pourra sans doute se faire que lorsque le précédent sera arrivé à
>>> épuisement..
>>> 
>>> A ma connaissance, le seul projet pertinent qui réponde à ce schéma
>>> est OpenUDC, un projet essentiellement français, totalement ignoré par
>>> le monde académique, bien entendu.
>>> http://www.openudc.org/
> 
>> Deux notes (digressions de réflexions personnelles) :
>> 
>> 1. je commence à être fatigué par la répétition de l'âge. Nous avons
>> suffisamment donné à la pensée en anglo-saxon : si openudc est un projet
>> français, il doit mieux s'exprimer en français.
> 
> 1 - C'est un projet initié par des français, mais maintenant il y a
> des gens d'un peu partout qui bossent dessus... et pouf, on est obligé
> de switcher en english, ce n'est pas pour le plaisir. Houille! Je vais
> me faire mal voir ici, mais pour ma part, je ne suis pas un grand
> défenseur des langues que je vois simplement comme des signes
> distinctifs d'anciennes tribus jalouses et belliqueuses. Si ces
> coalitions méritent d'être respectées parce qu'elles sont faites
> d'humains, je ne vois pas en quoi l'une quelconque d'entre elles
> devrait imprimer sa marque dans les réseaux. Il me semble important de
> trouver d'autres langues comprises à la fois par les machines et les
> humains qui les subsument toutes, par exemple : http://www.ieml.org
> est une bonne candidate bien que je trouve que Pierre Lévy s'y prend
> comme un manche pour la proposer à l'adoption générale.

Je vous prie de bien vouloir m'excuser de m'immiscer, mais je tiendrais à 
signaler qu'une langue n'est pas un simple marqueur d'appartenance, n'est pas 
substituable à un autre, n'est pas traduisible en réalité, encore moins de 
manière automatique, structure la pensée qui ne fonctionne pas tout à fait de 
la même manière d'une langue à l'autre, d'un groupe de langues à l'autre encore 
davantage, que jamais une machine n'a jusqu'à présent compris langue humaine, 
seuls les humains peuvent comprendre des codes que les machines utilisent, et 
que le problème n'est pas d'imprimer sa marque dans les réseaux mais d'exprimer 
dans une langue ce qui est pensé dans cette langue ; mais il va de soi qu'il 
faut aussi pouvoir l'exprimer en anglais,  qui n'est « l'une quelconque d'entre 
elles », mais la seule que chacun puisse parvenir à imposer aux autres...



> 
>> Je n'ai rien contre les Anglo-Saxons, et rien de particulier pour les
>> Français, mais notre problème est essentiellement le changement d'échelle
>> dans l'appréciation de la réalité que nous nous plaisons à appeler la
>> complexité. Elle demande pour ce se faire un entraînement au métaniveau que
>> seule la langue française a pour l'instant engagé il y a 450 ans en
>> intégrant un référentiel commun (la loi) à la langue. Nous sommes dans la
>> même situation que Leibnitz qui explique que l'Allemand serait sans aucun
>> doute la meilleure des langues pour lui, mais qu'elle est encore trop fruste
>> devant l'expérience du latin et l'ouverture du français. Chaque langue a son
>> génie. Celui "de l'anglais est de ne pas en avoir" ce qui lui donne une
>> grande force de pénétration et de relation simple à la machine. Ceci lui
>> vient d'avoir été gouverné pas des étrangers et non pas devoir gouverner un
>> grand nombre de langues, de cultures et de provinces par une langue unique,
>> tandis que l'allemand et l'italien ont été le lien commun à un grand nombre
>> de petits Etats, et l'espagnol et le chinois à de grands peuples.
>> 
>> Nous sommes confrontés au problème relationnel humain le plus dense et le
>> plus complexe de l'histoire humaine. Nous en tirerons pas sans la
>> contribution de tous. Comme le dit Al Gore la langue clé sera celle de
>> l'inventeur du moteur non polluant, et nous devons la protéger comme les
>> océans, les papillons et les petites fleurs. Quelle qu'elle soit. La
>> pollution linguistique est sans doute la pire de toutes, car elle porte sur
>> nos esprits et notre capacité à les exploiter pleinement ensemble.
> 
> 2 - Il y a quand un truc troublant : si le corps humains est
> essentiellement symétrique et ne comprend aucun centre directeur de
> tous les autres, pas même dans le cerveau, un réseau essentiellement
> symétrique qui n'en comporte aucun, le corps social, lui, ne semble
> être fait que de dissymétries, entre les âges, les sexes, les
> positions sociales, etc. et nous n'arrêtons pas de constituer à toute
> force des réseaux dissymétriques qui convergent vers des centres de
> commandement, de pouvoir et autres qui finissent tous par exploser,
> d'autant plus fort qu'ils ont été puissants. Faudrait un jour s'en
> rendre compte ?

Le corps humain présente une apparence de symétrie, il n'est pas 
essentiellement symétrique, et la morphogénèse recèle encore bien des secrets 
qui n'ont pas encore été éventés par la connaissance. C'est un grand sujet 
d'interrogations. Il y a de fortes chances qu'il y ait un peu de chaos dans 
tout ça. (Au sens de Mandelbrot).

> 
>> 2. Rien n'est plus dissymétrique que le chaos primordial. Et pourtant ...
>> sursum corda ! L'univers est un chaos d'entités autonomes où le big bang a
>> introduit les systèmes matériels, le biobang en individuant certains, le
>> psy-bang étendant la systématisation à l'immatériel, et le bit-bang humain
>> donnant l'autonomie à certains de ses artefacts, facilitant la production
>> des mecafacts. Le relationnel humain est ce qui permet la concertation
>> c'est-à-dire que la volonté de chacun devienne la volonté de tous. C'est ce
>> que l'on appelle l'équilibre de l'ordre. Cet équilibre est d'autant plus
>> instable que les volontés ont été contraintes.
>> 
>> Pour réduire ces contraintes, l'on n'a rien trouvé de mieux que
>> l'intercompréhension et les couches qui y mènent de l'information, de la
>> communication, de l'intellition (intelligence des informations non
>> transmises), et de la facilitation (assistance mécaintellectuelle), mais il
>> n'en reste pas moins que si la théorie de la facilitation est par là la plus
>> attrayante, il faut aussi maîtriser celle des contraintes (guerre), de
>> résolution des oppositions (diplomatie) et de prévention des conflits
>> (contreguerre).
>> 
>> Je te rejoins donc quant à l'art, l'art de vivre étant d'atteindre son
>> esthétique (c'est-à-dire la perfection dans l'accomplissement de son projet)
>> grâce aux règles de l'éthique découvertes par la mise en commun de
>> l'expérience et de la validation pratique, selon la perspective dont on
>> regardera le projet fini, le beau étant l'esthétique selon toutes les
>> perspectives, c'est à dire à l'équilibre stable.
>> 
>> jfc
> 
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Dr François Jacquemin
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