Comme disait donc Lincoln (vu le film hier) : j'ai eu la paresse de
faire court.
At 18:33 05/02/2013, olivier auber wrote:
1 - C'est un projet initié par des français, mais maintenant il y a
des gens d'un peu partout qui bossent dessus... et pouf, on est obligé
de switcher en english, ce n'est pas pour le plaisir. Houille!
Tout ce que je veux faire percevoir est que l'anglais n'est pas le
problème, mais que le problème est le "swicth" au lieu de l'extension.
Il en fut de même pour les réseaux. Louis Pouzin (datagramme), Rémy
Desprès (Transpac et IPv6 opérationnels), Hubert Zimmermann (OSI) ,
Michel Elie (considération d'un OS réseau) sont françophones, mais le
réseau a obligés de "switcher" à l'anglais du Networking Group
(l'IETF). Le résultat est simple : la perte de la couche OSI n°6 et
le blocage de mes couches supérieures vers l'intersem. En échange, le
déploiement mondial du réseau en anglais... par Robert Tréhin (qui
avait un peu travaillé aux USA), qui m'a recruté pour le réseau de
Norman Hardy (le contributeur architectural américain, pourtant bien
oublié) et fait rencontrer Pouzin, Grangé et Zimmermann dès le premier mois.
Et depuis nous ramons, nous ramons pour pouvoir peu à peu rétablir la
couche 6, l'intelligence des services de Tymnet, et tenter
d'approcher le niveau sémantique, tout cela plus ou moins abordé et
entassé dans l'application Web . En attendant, nous avons le spam,
l'insécurité, les copyrights, etc.
Une langue c'est un protocole de codage intercérebral et par là une
gymnastique de la pensée. Chaque langue vient avec sa métalangue,
c'est-à-dire ce qui permet de discourir sur elle-même, comme nous le
faisons ici. La langue française est celle dont la métalangue est la
plus formelle car elle inclut la loi et a donc l'expérience de règles
de référence. Cela vient de multiples raisons géographiques,
historiques, politiques, poétiques, etc. Ce peut parfois être une
grande gêne par rapport à d'autres langues, en particulier face à
l'anglais dont la métalange est informelle. Cela a aussi de grands
avantages, expérimentés tout au long des quatre derniers siècles, en
matière de cérébrique que d'autres ont tendance à compenser de
manière technologique, trop tôt dans le processus de réflexion ou
d'apprentissage, comme nous le reprochons souvent aux Américains.
Otto de Hasbourg appréciait la langue française comme une technologie
de souveraîneté identifiée par tous, sauf par les Français. Parmi les
grandes langues mondiales, l'anglais est une langue naturelle, le
français est une technologie collective.
Par là une langue est aussi un éclairage. L'éclairage d'une
perspective vers le point de fuite du sens.
C'est pourquoi il est souhaitable de trouver une coopération, fort
utile et efficace, qui est la publication face à face : en anglais et
en français (ce qui protège d'avoir à le faire, sous la pression
démographique, en chinois, en arabe et en espagnol - langues encore
mal accommodées à la gestion globale des choses). C'est le choix
pertinent de l'ISO. Mais toute langue peut avantageusement participer
à cette goniomètrie du sens.
Nous sommes entrés dans ce que beaucoup appellent la complexité, et
qui est en fait probablement la métasimplification de la réalité
(c'est pourquoi j'aimerais savoir comment Berthoz définit la
simplicité, cf. infra). Peu importe de savoir en quelle langue on va
en discourir, mais les esprits entraînés depuis leur plus jeune âge à
jouer avec la métalangue, vont être plus familiers de ce type de
discussion en commun. Dans la déconstruction pertinente d'un problème
la contribution de chaque perspective culturelle est un avantage qui
va favoriser une meilleure intellition et supporter sa facilitation
(de l'[inter]compréhension).
- cela me paraît très prés de Wittgenstein (pour autant de ce que
j'en déduis) il y a d'abord le jeu des mots (Tractatus) puis le jeu
des langages (Cahiers) que l'on peut compléter par le jeu des
interaction. Soit les niveaux données cybernétiques, métadonnées
logiques, syllodonnées agoriques (selon moi).
- il me paraît que l'anglicanisme actuel est sans doute, en fait, le
plus réducteur des intégrismes.
Je comprends ton idée de l'IEML mais comme dit Dominique c'est un
langage. Je réserve toutefois tout commentaire jusqu'a l'étude de sa
grammaire qui vient de sortir.
2 - Il y a quand un truc troublant : si le corps humain est
essentiellement symétrique et ne comprend aucun centre directeur de
tous les autres, pas même dans le cerveau, un réseau essentiellement
symétrique qui n'en comporte aucun, le corps social, lui, ne semble
être fait que de dissymétries, entre les âges, les sexes, les
positions sociales, etc. et nous n'arrêtons pas de constituer à toute
force des réseaux dissymétriques qui convergent vers des centres de
commandement, de pouvoir et autres qui finissent tous par exploser,
d'autant plus fort qu'ils ont été puissants. Faudrait un jour s'en
rendre compte ?
Ne te méprends tu pas (je trouve au contraire une symétrie des sexes
et des âges, etc.) en mêlant dissymétrie, hiérarchie, symétrie et
hétérarchique ? La vie est faite de dissymétries de systèmes
extérieurement hétérarchiques et intérieurement hiérarchiques dont le
potentiel va se diffuser de manière symétrique (concertation et
doublonnage de secours). Ces systèmes sont décrits et ordonnés par
leurs métadonnées elles-mêmes conditionnées par la tenségrité de
leurs syllodonnées (ce qui le relie/contraint entre elles selon un
réseau qui est celui au niveau duquel tu veux la neutralité, sinon
elle sera qu'apparente, car superficielle).
Non je ne travaille pas avec Alain Berthoz, mais avec Jean-Louis Dessalles.
La notion de "simplicité" que je considère est celle qu'il proppose :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_simplicit%C3%A9
Il est intéressant de noter que bien qu'il s'agisse d'un simplicité
subjective, elle n'en est pas moins mathématisable...
Ceci n'est pas une définition scientifique, donc technologiquement,
acceptable, car liée à la complexité de Kolmogorov qui n'est pas une
qualité, mais un nombre, une quantité. Sans même devoir se préoccuper
de sa décidabilité, ceci montre qu'elle relève bien des mathématiques
et donc d'une incomplétude, ce qui ne saurait être pour un/le
fondement de l'univers. Pour t'en convaincre, considère la syntaxe la
plus simple et mathématise là. Tu vas te trouver devant un problème
de sémantique lié à la qualité de l'opérateur par rapport à celui du
nombre. Prends la plus simple des formules : 1+1=2 ; et analyse-la
sémantiquement. L'incomplétude est déjà là (1 quoi ?, + ?, = ?).
Nous sommes dèjà dans un au-delà des mathématiques. D'ailleurs, les
mathématiques ne parlent pas de solutions simples, mais de solutions
triviales ou élégantes. Le français apporte à la sémantique son
expérience formaliste et hiérarchique (l'on va généraliser ou réduire
plus facilement, le langage du général étant le même pour toutes les
échelles; c'est ce que les autres apellent notre esprit cartésien,
alors que justement nous ne le sommes pas. Le réductionnisme des
choses doit ceder le pas aux "métachoses" (monade de Leibnitz), à
leur approche et aux "syllochoses" (la tenségrité qui les réunit) qui
devient chronologique lors que l'on considère la dynamique des faits
(on retrouve Wittgeinstein et l'agorique de Norman Haardy). C'est
pour cela que les Anglais s'en orgueillissent d'être inductifs alors
que la plus part des langues sont déductives, l'allemands nous ayant
apporté l'hypothetico-deduction scientifique, alors que notre
inférenciation francophone est métaductive (nous théorisons sur nos
ontographies de la réalité). C'est la "carte" des Français, le "de
quoi s'agit-il" de Foch.
At 22:53 05/02/2013, Dominique Lacroix wrote:
Attendez que Google le fasse. Là ça va craindre.
C'est déjà le cas. C'est ce qu'explique Frédérique Kaplan dans sa
théorie du capitalisme linguistique.
Mais on n'est pas obligé de l'accepter...
Si tu veux dire que sa "théorie" ne tient pas forcéement, à quelques
dizaines de dollars par an, cela devient une théorie du mécalangage
et des mécalangues rudement bien observée, à la limite du validé par
la bottom line comptable ?
Si tu veux dire que l'on peut tenir tête à Google, j'en suis d'accord
et c'est mon combat. Or ce combat passe par une analyse pertinente et
l'exploration de l'aide des machines - autant
- en tant qu'extension du péritème (tu peux jeter un oeil aux
brouillons sous http://agorica.org) de chacun ( et son cybship, son
e-moi étendu)
- que comme protection contre les machines des autres (et c'est là
que la notion de contreguerre permanente est vitale). Le premier
quartier de machines maf famées étant le "cloud" non crypté.
Et cette analyse ne saurait être seulement cybernétique et logique,
car elle est par nature agorique (tenségrité des logiques) et
comprend réflexivement son propre coût (dans mon analyse je dois
évaluer les coûts, temps, puissance, etc. que coûte cette analyse à
mon système, et le fait de la faire avec mes a priori méthodologiques
personnels). En fait, toute la supériorité des qualités humaines
(intelligence, prudence, etc., etc.) doit être étendue, enseignée,
documentée à nos machines - sans que les machines des autres (ex.
google et ce qu'il peut algorithmiquement inférer de mes
comportements en comparaison à la datamasse) ne puissent en profiter
contre nous, c'est à dire nous prédire et ainsi nous contrer ou
influencer directement ou indirectement nos décisions.
etc.
Notre monde est passionnant. Il nous est maintenant montré plus
finement, et donc plus profondément : l'arbre numérique cache moins
la forêt de la réalité que la boule analogique.
jfc
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