Le problème est bien un manque de démocratie (ou plutôt son exclusion
intentionnelle), et l'accaparation du pouvoir par des technocrates. Ce
sont eux qui préparent les crimes d'aujourdhui et de demain. Dites-leur
"droit à l'alimentation" et ils s'occupent de calibrage de concombres.
Mentionnez "démocratisation et inclusion", et ils vous proposeront
rapidement une usine à gaz à censurer et museler. La tendance naturelle
de la bureaucratie est de de détourner les objectifs à son propre
profit, et à preésenter ça comme un gage de stabilité et d'ordre.
S'il y a UNE chose que les Etats nationaux ont prouvé au XXe, c'est leur
incapacité TOTALE à protéger les populations (leur statut mythique et
fumeux n'en est que plus évident - l'europe a été libérée par deux
empires), et leur vulnérabilité extrême à la capture par des intérêts
particuliers. Leur retour sur scène n'annonce rien de bon, ceci d'autant
plus qu'au sommet il n'y a plus personne. Des coquilles vides avec des
costards. Il y a dix ou quinze ans je pensais encore qu'on pouvait
changer les choses à ce niveau, c'est impossible. Il faut d'autres
leviers, le seul restant, la seule source de légitimité fondamentale,
c'est la population elle-même (quelles que soient ses origines).
Je n'ai pas des solutions toutes faites, il n'y en a pas.
Je dis simplement: arrêtons de surinvestir dans le réseau ("digisphère",
"cybesphère", peu importe, on s'en fout), la bulle est évidente et doit
éclater, il absorbe des énergies indispensables et du temps qui sont
nécessaires ailleurs. Allons plus loin: ayons le courage de fermer le
robinet du tittytainment.
Des solutions, on n'en trouvera certainement pas dans les usines à gaz
ni les jongleries de termes. Il y a quelques principes importants. En vrac:
- La transparence: non pas celle de la population - l'individu doit
rester opaque, car l'individu est fragile, vulnérable, il a des ennemis
jurés partout, c'est une espèce en danger imminent- mais celle des
autorités et institutions, publiques et privées. Toutes.
- La reconnaissance de la dangerosité des actions secrètes: la libre
circulation de flux d'information est essentielle. Il faut protéger et
encourager les whistleblowers, les donneurs d'alerte, les journalistes,
le quidam qui observe et transmet. S'ils sont persécutés et assassinés
(par Obama, par Poutine, par les tontons macoute du monde entier), c'est
qu'ils ont des choses importantes à dire. Un Etat fonctionnant en
cabinets secrets, intrigues et "black ops" n'a pas sa place au XXIe
siècle. Il en va de même d'une Entreprise.
- La reconnaissance de la dangerosité intrinsèque des militaires,
professionnels de l'assassinat d'êtres humains. Toutes les "solutions"
employant cette engeance-là échouent, car le militaire n'est PAS un
agent de transformation sociale durable. Le militaire, sauf rares
exceptions, est l'ennemi juré de la démocratisation et des droits humains.
- La participation réelle de la population aux processus de décision,
une rareté face aux processus hiérarchiques.
Je pense que l'artisanat et la diffusion de savoir-faire sont importants
pour rendre aux gens un certain respect d'eux-mêmes après un siècle de
normalisation, de taylorisation et d'humiliation absolue (si vous avez
des doutes, penchez-vous seulement sur la vie d'un commercial de chez
orange, avec en rab un logiciel qui semble conçu par le Marquis de Sade
en personne) - il faudra bien absorber les millions d'emplois détruits
par les NTIC, cela ne fait que commencer. On a besoin de cerveaux et de
mains pour reorganiser la production locale, et tout indique que les
maigres tentatives actuelles sont grossièrement inadaptées. On a besoin
de cerveaux et de mains pour réorganiser le système alimentaire tout
entier, en pleine errance et première victime vraisemblable des chocs à
venir. On a besoin de cerveaux et de mains pour générer des
contre-propositions sur l'habitat, car la seule idée des technocrates
est de regrouper les gens en ville afin qu'ils crèvent plus vite tout en
occupant moins de place... Et oui, le système alimentaire est au centre
de la stabilité, de la sécurité et du calme d'une population.
Sur l'Europe: je t'ai répondu récemment il me semble. La plupart des
problèmes sérieux (sources d'énergie, système alimentaire...) ne peuvent
pas être résolus à l'échelle des Etats-Fumisterie-Nationaux, et doivent
être envisages à l'échelle continentale. Si chacun se couche dans le
repli identitaire national, c'est le terrain rêvé pour les US que tu
aimes tant, les multinationales, et toutes ces entités capables de
s'offrir deux ou trois "Etats Nationaux" au petit-déjeuner.
J'ajouterai qu'en ce moment c'est le scénario le plus probable. Il y a
trop de cyniques prêt à pratiquer la politique du pire.
Entre temps, Habermas a fait une très très belle conférence. Partant du
même constat (pre-éminence historique des technocrates, absence de
légitimité démocratique) il arrive à une proposition tout à fait
raisonnable. Bien sûr il perle de l'impopularité, et de l'effort que
devrait faire l'Allemagne, mais cela s'applique à d'autres, bien
entendu. Quel contraste avec les dernières Todderies! J'aimerais
terminer par l'évocation de cette voix de la raison. Sera-t-elle écoutée?
Democracy, Solidarity and the European Crisis
http://www.kuleuven.be/communicatie/evenementen/evenementen/jurgen-habermas/en/democracy-solidarity-and-the-european-crisis
contexte:
Jürgen Habermas: "Germany holds the key to the fate of the European
Union"
https://www.kuleuven.be/english/news/habermas
exegèse:
http://www.protesilaos.com/2013/04/habermas-leuven-europe.html
PS: sur l'évolution ostéo-anthropologique de l'espèce: le point
réellement inquiétant est la diminution disproportionnée de la capacité
crânienne par rapport à celle de la masse corporelle (et aussi
l'accentuation du dysmorphisme sexuel à cet égard). A interpréter avec
pincettes, mais tittytainment social oblige...
Autre point intéressant, les effets de la romanisation: très loin de ce
que l'on a longtemps prétendu. Toute organisation sociale complexe a un
coût, surtout lorsqu'elle creuse les inégalités et esclavise pour donner
davantage à un petit nombre.
http://www.ub.edu/economiaempresa/jobmarket/papers/koepke/Koepke.pdf
(graphiques pages 40 à 42)
"One aspect of particular interest is the impact of Roman rule. Contrary
to conventional perception we find a decline in mean height at the time
of Roman rule and a recovery after the end of the imperium Romanum.
Other statistically significant determinants include the urbanisation
rate, with a negative impact, and the cattle share, as an indicator for
milk consumption, with a positive effect. Other variables, such as
changes in population density, did not have a decisive impact on the
overall long-run development of nutritional status "
Mettons encore l'accent sur l'absence d'effets observables des
variations de la densité populationnelle. Le type d'organisation sociale
prime. Sauf dans l'esprit des "cyber-réactionnaires", bien entendu.
On 23.05.13 02:10, JFC Morfin wrote:
> At 13:06 22/05/2013, Max Klohn wrote:
>> Cher "cyber-compère",
>> Pour des raisons de simplicité, j'ai une seule contre-proposition (P).
>> Tu la trouves en fin de brûlot.
>
> Je ne crois pas que cela soit un brûlot. mais un brûlshit effectivement
> intéressant.
>
>> Préambule: il est grand temps de dégonfler cette baudruche fétide: la
>> poupée gonflable du virtuel et des réseaux. Nous y avons tous consacré
>> beaucoup trop de temps, trop d'argent, trop d'énergie. Elle arrive
>> aujourd'hui à maturité avancée: on y trouve désormais tous les signes
>> familiers de l'échec collectif de la "société réelle" des décennies
>> précédentes. Jadis repaire quasi secret de grands masturbateurs, elle
>> grouille désormais de sbires, d'escrocs, de voyeurs, d'opportunistes, de
>> taxeurs, d'agendas répressifs.
>
> Exact.
> C'est pourquoi il nous faut faire une différence rapide entre le
> cyberespace (dernier mot déprécié à la mode) et la digisphère.
>
>> Elle ne nous cache plus l'immobilisme, l'absence d'initiative et le
>> manque flagrant d'idées.
>
> Par définition la cybernétique est le domaine de la réaction, pas de
> l'idée. C'est le problème socratique dans toute sa splendeur que le
> digital nous permet de compléter au bout de 2500 ans de réflexion.
>
>> Le repli sur les
>> nations bat son tambour de propagande - comme s'il y avait la moindre
>> idée derrière tout ça sinon taxer à mort la population pour assurer la
>> providence de ses industriels et technocrates, un aller simple en enfer-
>
> Je crains toutefois que tu ici te trompes. La nation, la province/land,
> la cité, la famille sont des niveaux de protection de la personne
> individuelle qui est effectivement préssurée de toutes parts et dont
> toutes les défenses sont attaquées. Ces défenses sont elles-mêmes
> détournées de leur rôle de protecteur, pour devoir devenir un
> préssurisateur pour se préserver elles-mêmes.
>
> C'est un bug généralisé du réseau. Dont on a fait au départ sauter la
> protection. Cette protection était intrinsèque à l'architecture
> Tymnet/Tymshare (qui incluait les capacités). Elle était convenablement
> implémentée dans l'architecture OSI (couche 6 présentation). Comme par
> hasard c'est le prototype TCP/IP (parce ?) qui ne l'avait pas qui a
> prévalu. Non au contrôle automatique du réseau contre :
>
>> Ainsi, diverses provisions se mettent en place pour découper et tailler
>> dans le réseau, museler la population, écraser sa capacité à communiquer
>> et à s'organiser, mater le mécontentement.
>
> C'est bien ce que nous disons avec Wiener : "l'homme a créé la machine
> et à la convenance de certains de ses designers"
>
>> Pour justifier tout cela, la
>> chasse au(x) bouc(s) émissaire(s) ne saurait être éloignée. Mesdames,
>> messieurs, dans la fébrilité générale, qui allez-vous désigner cette
>> fois : l'immigré? l'étranger criminel? le terroriste du dimanche? votre
>> banquier? l'europe? le sémite? les femmes? le cosmopolite?
>> l'impérialisme américain? l'adolescent? le riche? votre voisin? tous à
>> la fois?
>
> Giscard !!!
>
> C'est lui qui a interrompu le projet Cyclades où les positions de Michel
> Elie, Hughes Zimmermann et Louis Pouzin auraient finalement prévalues
> dans une vision datagramme du réseau, comme elles l'ont fait pour OSI et
> comme l'Internet+ le ramène "à la Tymnet" avec mes propositions.
>
>> Alors que la situation générale s'aggrave de jour en jour, les problèmes
>> rencontrés par la majorité seront de moins en moins "réguler
>> l'Internet", "en remettre encore une couche" ou "finasser dans
>> l'abstraction", mais trouver un logement, de nouvelles sources
>> d'énergie, de la nourriture, si possible suffisamment saine, des habits,
>> du chauffage, protéger ses proches et les aider à trouver un avenir
>> digne: les questions de toujours retrouvent leur priorité. La revanche
>> terrible de la réalité s'amorce.
>
> Ton problème est simple. Nous sommes 5 fois plus qu'il y a 100 ans, 10
> fois plus qu'il y en a 200. L'homme est ainsi qu'il lui faut des
> réponses adaptées à ses besoins. Tu peux retrouver des solutions de 1913
> en laissant mourrir 80% de la planête et te payer une nouvelle guerre
> mondiale.
>
> Il faut tout bonnement accepter l'évidence : nous vivons la première
> guerre globale. Elle est multimentionnelle, multinationale, etc. tous
> contre tous (c'est cela la globalité). Et nous la vivons avec des moyens
> dépassés. Il est effectivement probable que la revanche de la réalité
> soit terrible, s'il s'agit de la réalité que nous connaissons, mais l'on
> peut - peut-être - réduire la catastrophe s'il s'agit d'une réalité que
> nous sâchions construire pour que la catastrophe soit moindre, ou même
> partiellement évitée.
>
> Nous sommes actuellement en pleine bataille (la Crise). Il se pose
> effectivement le problème du choix et de la compétence de chacun. J'ai
> renvoyé ma proposition avec sa 5ème proposition concernant
> l'alphanumérisation ou l'inculturation digitale (je ne suis pas
> satisfaits de tous ces vocables inadéquats). Mais nous sommes dans un
> combat où tout le monde a le droit de sauver sa peau mais à qui l'on a
> retiré la formation, l'information et l'expérience nécessaire.
>
>> (P) Laissons flotter la valeur de l'abstraction (et de ses prêtres) à
>> son nivau naturel : la nullité, et préoccupons nous des vrais problèmes.
>> Le réseau n'en est pas vraiment un.
>
> Si. Le réseau actuel est le problème. Parce que ce que tu entends par
> réseau est le nom actuel de la sociétalité.
>
>> Ne perdons pas de temps. Il est urgent de revitaliser l'agriculture,
>> la constructon, l'artisanat, l'investissement en de nouvelles sources
>> d'énergie, etc. Il est urgent que cela se fasse selon des procédés
>> vraiment démocratiques.
>
> La démocratie est une racine ancienne de la recherche d'une approche
> polycratique actuelle. Chacun tente d'être démocratique que tu
> vitupères au nom d'une véritable démocratie ; décris-là !
>
>> Cela ne peut s'envisager sérieusement qu'à une échelle continentale.
>
> ???
> C'est donc euronet que tu appelles à la rescousse. Ou le choc
> amérique/europe/asie. Par artisanat interposé ?
> Tu as sans doute des idées plus précises que celles-là, développe les
> ... de manière précise car tout est non seulement intéressant mais sans
> doute bon a prendre et à mêler si l'on veut s'en sortir - sauf le rêve.
>
>> Et méditons sur les conséquences possibles de trente mille ans de
>> "facilitation":
>>
>> http://johnhawks.net/research/hawks-2011-brain-size-selection-holocene
>
> Très intéressant. Cela veut dire que peu à peu la complexité a pu
> prendre le dessus et renverser le ratio cerveau/poids, et donc
> optimiser. Je n'ai pas lû le détail (j'y reviendrai) mais je suppose que
> cette optimisation pondérale a facilité la position debout, ou s'y
> trouve associée ?
>
>> autre papier plus ancien
>> http://pubpages.unh.edu/~jel/512/allometry.html
>> <http://pubpages.unh.edu/%7Ejel/512/allometry.html>
>
> Tout cela semble cororborer la Constitution française, encore faut il
> tenir compte des répartition ethniques et des modes de vies sur les
> moyennes discutées. Les réseaux ont déjà leurs impacts sur la
> morphologie humaine que tu va sevrer de son développement naturel en lui
> retirant son réseau.
>
> N'oublions pas la Bible : à cette époque là la terre était peuplée de
> géants. Ni la drague des neandertaliennes pas les mecsapiens.
>
> jfc
>
>
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