Le Tue, 27 Nov 2001 21:01:27 -0500, [EMAIL PROTECTED] �crivait : > Il y a plusieurs solutions pour avoir � des softs r�cents sans casser > les machines � sur potato qui ont d�j� �t� expliqu�es (/usr/local, > /usr/local+stow, chroot). Tu veux absolument le r�tro-portage des > paquets. Plusieurs personnes pensent que c'est trop couteux. Tu > appelles �a du m�pris si tu veux. >
Tu n'as pas tord mais tu n'as pas raison (PK, the mew Salomon King :-)). Reprenons un peu depuis le d�but en essayant de d�dramatiser le d�bat. Les insultes ne servent � rien si ce n'est de s'enfermer chacun dans sa tour d'ivoire sans faire avancer le d�bat. Quel est le *vrai* probl�me ? Le probl�me est l'utilisation de Debian dans un milieu professionnel. J'entends par l� un milieu o� lorsque l'on installe Debian, on est redevable de compte � une entit� sup�rieure qui attend : 1. Que cela fonctionne correctement 2. Que cela fonctionne toujours Jusque l�, tout le monde est d'accord avec moi. Bon, g�n�ralement, lorsque l'on installe du logiciel libre dans un milieu disons un peu r�tif � cela, comme le monde de l'entreprise, le gars qui vend cela, g�n�ralement l'admin de service, engage sa responsabilit� dans l'affaire pour obtenir du Grand Chef l'autorisation de le faire. Rien de nouveau sous le soleil. Le Grand Chef va donc, contrairement � l'habitude, se d�fosser de *toutes* ses responsabilit�s sur le gars qui a pris en charge le bousin. Dans la plupart des cas, ce n'est pas un probl�me. Le syst�me est stable, la distribution est sure et sinon se met � jour pour le devenir. De ce c�t�, mis � part une possible d�faillance dans la configuration du syst�me, il n'y a pas de soucis. D'ailleurs, c'est m�me plut�t peinard (et reconnu comme tel)... Or, le probl�me connu et reconnu de Debian est son immense inertie lors d'un passage entre deux versions. Pour un serveur, pas de probl�me. Une fois en production, on n'y touche pas ou peu. Pour une station de travail, c'est un autre probl�me... Les utilisateurs, tout � fait l�gitimement, sont en droit d'avoir leurs outils de travail � jour. Les raisons sont vari�es mais la meilleure reste quand m�me que la derni�re version � jour est g�n�ralement plus performante (et moins bogu�e�:-))... Seulement, voil� : deux ans entre deux versions de Debian, cela repr�sente un gouffre entre entre deux versions de logiciels int�gr�s. Prenons l'exemple de Mozilla : la M18 (16 ?) est dans Potato et on en est � la 0.9.6 aujourd'hui. L'une est une version alpha (et encore, je suis gentil :-)) et l'autre est relativement performante, en tout cas, utilisable au quotidien. Normal, il y a deux ans de d�veloppement dans l'intervalle.... Vous me direz : � il y a Netscape dans la Potato...� et je vous r�pondrai � oui. mais Netscape est HS aujourd'hui pour un grand nombre de sites... De plus, l'exemple est juste pour.. l'exemple justement. �. Bon, encore une fois, tout le monde ici est d'accord avec moi. Quelle est la solution apport�e par Debian pour r�gler ce probl�me ? La seule � officielle � est d'utiliser la version testing de Debian, une version moins instable que unstable car on y ajout� quelques contraintes (15 jours de vie d'un paquet dans unstable sans bogue pour passer dans testing). C'est une solution sympa, qui a le m�rite de faire pr�-tester la distribution sans trop de risques � un grand nombre de volontaires non d�veloppeur et cela permet certainement � Debian de continuer sa qu�te qui est de faire le syst�me le plus homog�ne et le plus stable (coh�rent en tout cas) possible. Seulement, le � hic � est que cela n'est pas compatible avec le monde de l'entreprise... Je m'explique : une entreprise n'en a rien � secou� de jouer les b�t�-testeurs. Au contraire... Le p'tit gars qui a pris la responsabilit� - que dis-je - qui engag� sa responsabilit� personnelle - et qui joue donc son boulot dans l'affaire - ne peut se permettre d'utiliser une version non stable. Je sais que c'est difficile � comprendre pour un certain nombre de gens ici, notamment les gens qui n'ont pas trop de contacts avec le monde du priv�. C'est un monde o� l'on se fait mettre � la porte sur *une* erreur de jugement (on appelle cela une faute professionnelle). Et personnellement, je pense que toute personne utilisant une version non stable de Debian (ou autre) dans une entreprise fait une faute (en tout cas, le patron le prendra comme tel). Quand on en est l�, on a deux choix. Soit on se couvre le cul via une entreprise qui ouvre le parapluie (Microsoft, Solaris) � sa place, soit on pers�v�re et on continue � proner le libre. Entendez bien que dans la seconde voie, le gars qui continue *prend des risques*. Il n'est peut-�tre pas d�veloppeur, ni m�me rapporteur de bogue mais il engage son boulot dans l'affaire. Et franchement, ce n'est pas rien.... et l'insulter (ou le juger) parce qu'il n'est ni d�veloppeur ni rapporteur de bogue est d�plac�. Quand on joue son m�tier parce qu'on y croit, cela force le respect... Tout le monde ne peut pas travailler pour une boite qui croit au libre et qui connait ses contraintes. J'admire les d�veloppeurs Debian et le temps consacr�s � leur t�che. Modestement (tr�s !), j'essaie de participer. Mais un d�veloppeur fait ce qu'il veut... et il arr�te quand il veut (c'est la premi�re r�gle... On ne peut forcer... gnagnagna... etc.). Mais un gars qui vend � son entreprise Debian en engageant *sa* responsabilit�, engage son travail - et donc son garde-manger et l'�ducation des gamins -. La port�e n'est pas tout � fait la m�me. Bon, la disgression �tait longue mais c'est pour recadrer tout. Debian n'existe pas sans les d�veloppeurs mais in fine n'a aucun int�r�t, si ce n'est intellectuel, si personne ne l'utilise. Bref, retournons � notre probl�me de migration. Que va faire notre petit admin dans son coin quand l'utilisateur lambda va lui dire que sylpheed est bogu� parce qu'il quote comme un porc dans sa version 0.6.4 ? Son r�le - on rappelle que l'informatique sert de support et est au service de l'entreprise - est de corriger cet �tat de fait, dans la mesure du possible. Coup de bol, la version 0.6.5 corrige cela... mais n'est disponible que dans testing. Sans faire de faute professionnelle, il ne peut raisonnablement pas passer l'utilisateur lambda sur testing... Alors comment faire ? Encore deux solutions... 1. La solution Slack de l'admin-tant-pis-pour-l'avenir : je compile, je mets dans /usr/local et on verra plus tard... La solution stow est pis-aller qui essaie vaille que vaille de ne pas trop crader une solution un peu crade... 2. La solution : j'ai un syst�me qui a une philosophie d'usage et je la conserve... Bon, devinez o� va ma pr�f�rence :-). Sans d�conner, l'ajout d'un paquet n'importe comment dans un syst�me g�r�s par un gestionnaire de paquet est une douce h�r�sie... sans compter la coh�rence pour g�rer plus d'une machine... On n'aime le boulot *bien fait* ou pas. Dans le premier cas, c'est g�n�ralement le premier crit�re de choix d'une Debian :-) Donc, en partant l�-dessus, le r�troportage du paquet devient une n�cessit�. Attention, cela n'est valable que pour certains paquets, la plupart du temps des utilitaires. Du coup, la qu�te (du graal) de Georges se trouve justifier (m�me si son ironie grin�ante peut d�plaire...). Bon, on peut aussi recr�er un paquet ��from scratch�� ce qui est un peu idiot vu que le travail est d�j� fait. Quelle est la politique de Debian l�-dedans ? Peu ou prou, Debian s'en fout et s'en remet aux d�veloppeurs. Ces derniers, au cas par cas, s'arrangent pour que leur paquet se r�troporte plus ou moins facilement. Il faut avouer que suivant le paquet � charge, c'est plus ou moins trivial � faire. Quand je dis � Debian s'en fout...��, ce n'est pas tout � fait exact. La derni�re version d'apt poss�de justement une option (apt-get source -b) qui permet de faciliter ce r�troportage. C'est un premier pas vers cette solution - mais c'est un pas timide puisque dans la Debian Policy, rien n'oblige le d�veloppeur � la favoriser -. On peut esp�rer que la demande aidant, cette solution prenne plus d'importance et que le d�veloppement future de Debian l'int�gre (dans la mesure du possible). Apr�s tout, Rome ne s'est pas faite en un jour... Bref, pour conclure, on peut dire qu'il y a deux mondes qui s'affrontent sans trop se comprendre. D'un c�t�, on a le pragmatisme de l'entreprise pour qui ni la philosophie ni rien d'autre ne justifient une entorse � la productivit�. De l'autre, on a le libre qui va cahin-caha et fait son bonhomme de chemin sans trop se soucier du pragamtisme pr�c�dent. La liaison entre les deux n'est pas �vidente � faire et il faudra que chacun fasse un petit bout de chemin vers l'autre pour marcher ensemble. Apr�s tout, on travaille tous pour cela, non ? Un dernier mot (d�sol� :-)). Le probl�me est *r�el*. Debian n'a pas l'habitude de se voiler la face. Donc, la question � se poser est : ��Est-ce que Debian veut se positionner dans le monde de l'entreprise��?��. Si Debian (j'entends par l�, la communaut� des d�veloppeurs, s'en fout - et c'est son droit - qu'elle l'annonce clairement. Sinon, la qu�te de Georges est l�gitime et cela ne sert � rien de l'envoyer balader, si ce n'est pour qu'il y mette peut-�tre plus de forme (mais, bon, cela risque de ne plus �tre Georges ainsi...). PK, bavard �: entreprise type grosse structure bien s�r, l� o� rien n'est simple � obtenir, sauf les emmerdes. -- Patrice KARATCHENTZEFF STMicroelectronics Tel: 04-76-92-67-95 850, rue Jean Monnet 38926 CROLLES Cedex, France Courriel: [EMAIL PROTECTED]

