Extrait de la FAQ en cours de r�alisation de la liste Typographie :

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1-a -- La capitale

FAQ -- Faut-il accentuer les capitales ?

Certainement la question la plus fr�quemment pos�e de cette FAQ !

Pourtant toutes les autorit�s sont d'accord sur le fait qu'elle se pose
� peine. Citons, par exemple, le Lexique des r�gles typographiques de
l'Imprimerie nationale :

� En fran�ais, l'accent a pleine valeur orthographique. Son absence
ralentit la lecture et fait h�siter sur la prononciation, sur le sens
m�me de certains mots. Ainsi convient-il de s'opposer � la tendance qui,
sous pr�texte de modernisme, en fait par �conomie de composition, pr�ne
la suppression des accents sur les majuscules. On veillera � utiliser
syst�matiquement les capitales accentu�es, y compris la pr�position �.
On �vitera ainsi de d�sorienter le lecteur ou m�me de l'induire en
erreur, comme ce pourrait �tre le cas dans les deux exemples suivants,
si les accents �taient omis :

ENFANTS LEGITIMES et ENFANTS L�GITIM�S de Louis XIV

ETUDE DU MODELE et �TUDE DU MODEL�. �

Et on pourrait citer des exemples innombrables, dont certains d'un bel
effet comique :

UN HOMME TUE ou UN HOMME TU� ?

LE PREMIER MINISTRE CHAHUTE A L'ASSEMBLEE

LE PREMIER MINISTRE CHAHUT� � L'ASSEMBL�E

et le c�l�brissime PALAIS DES CONGRES !

Anecdote : L'accent aigu sur le E de ce glorieux �difice parisien a �t�
rajout� r�cemment.
Peut-�tre parce qu'un restaurant de poissons (le Palais des congres,
�videmment !) s'est ouvert, juste � c�t� ?

On peut donc se demander pourquoi cette question revient si souvent.
Historiquement, l'accentuation des capitales n'a en effet pas �t�
syst�matique dans les d�buts de l'imprimerie, mais depuis deux si�cles
environ, elle est devenue la norme. Pourtant, on remarque que beaucoup
de gens ont appris qu'� on ne doit pas accentuer les majuscules � (alors
m�me que dans les livres qu'ils lisent, elles le sont). Cette l�gende
persistante tient aux d�cennies d'h�g�monie de la dactylographie. En
effet, la machine � �crire fran�aise ne comporte pas de capitales
accentu�es, il est, par cons�quent, impossible, avec ce mat�riel, de
composer tout accentu�. Toutes les secr�taires de France ont donc
appris, pendant des ann�es, � ne pas accentuer les majuscules. Les
choses ne se sont gu�re arrang�es avec l'arriv�e de la
micro-informatique, le syst�me d'exploitation dominant (Windows)
obligeant encore, il y a peu, � une incroyable gymnastique pour obtenir
les accents. M�me si cela a �t� partiellement corrig�, il est toujours
difficile de lutter contre les habitudes. Certains arguent m�me du fait
que c'est plus pratique. Or, c'est faux : l'accentuation des capitales
permet de conserver la coh�rence du texte lors de changements de casse
successifs. Quel maquettiste ou ex�cutant P.A.O. n'a pas �t� confront�
un jour au probl�me de devoir passer en bas-de-casse une longue liste de
noms propres ou d'adresses, pour des raisons d'encombrement ? Comment,
alors, r�tablir l'accentuation, si elle est absente ? Il faut donc
combattre cette tendance et inciter � l'accentuation syst�matique d�s
l'�tape de saisie (voir la FAQ conseils de saisie -- � venir).

Voici un petit exercice qui, j'esp�re, convaincra le lecteur de la
n�cessit� d'accentuer syst�matiquement. Prenons le joli pangramme
panaccentu� fran�ais suivant (� GEF) :

D�s No�l, o� un z�phyr ha� me v�t de gla�ons w�rmiens, je d�ne d'exquis
r�tis de boeuf au kir, � l'a� d'�ge m�r, & c�tera.

Si l'on capitalise la sentence avec un logiciel mal r�gl� ou mal foutu,
ou si on la saisit tout en capitales sans accentuer, on obtient ceci :

DES NOEL, OU UN ZEPHYR HAI ME VET DE GLACONS WURMIENS, JE DINE D'EXQUIS
ROTIS DE BOEUF AU KIR, A L'AY D'AGE MUR, & C�TERA.

Certes, si l'on consid�re que les capitales ne doivent pas �tre
accentu�es, la phrase n'est pas fautive. Mais si on la repasse en bas de
casse, on obtient ceci, qui l'est assur�ment :

Des noel, ou un zephyr hai me vet de glacons wurmiens, je dine d'exquis
rotis de boeuf au kir, a l'ay d'age mur, & c�tera.

L'exception initiale

M�me parmi les typographes et correcteurs chevronn�s, il subsiste une
r�ticence � l'accentuation des capitales initiales dans les textes en
bas-de-casse. L'argumentation porte sur le fait que � ce n'est pas
esth�tique � ou que � �a fait mani�r� �. Si l'absence d'accent sur les
capitales initiales pose effectivement rarement des probl�mes de
compr�hension, il semble plus pratique de faire admettre par les
profanes une r�gle simple, sans exception. Il n'y a aucune raison
logique, et surtout pas l'orthographe, � pr�ner cette exception.

Si le lecteur persiste � trouver inutile l'accentuation sur les
capitales initiales, qu'il consid�re alors l'exemple suivant, o� le
compositeur, apr�s avoir trait� cette phrase comme un po�me, change
d'avis...

D�s No�l, o� un z�phyr ha�
Me v�t de gla�ons w�rmiens,
Je d�ne d'exquis r�tis de boeuf au kir,
A l'a� d'�ge m�r, & c�tera.

... Et se laisse tromper par les automatismes de changement de casse :

D�s No�l, o� un z�phyr ha� me v�t de
gla�ons w�rmiens, je d�ne d'exquis
r�tis de boeuf au kir, a l'a� d'�ge
m�r, & c�tera.
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Jean Fontaine
[EMAIL PROTECTED]

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