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        Relations franco-rwandaises : Muzungou*, le Gaulois comprendra-t-il que 
l’Afrique du 21e siècle n’est pas celle du 19e ?jeudi 23 novembre 2006. 
   
  1994. Un avion à bord duquel se trouvaient le président rwandais Habyarimana, 
son homologue burundais Ntaryamina et trois Français a été abattu. Le tir est 
attribué au Front patriotique rwandais (FPR) de l’actuel président, Paul 
Kagamé, d’après un rapport du juge Jean- Brugères révélé en janvier 2004.
    Ce dernier veut aujourd’hui inculper l’homme fort de Kigali dans 
l’assassinat d’Habyarimana.L’auteur de ces lignes s’insurge contre cela et fait 
comprendre à la France que l’Afrique du 21e siècle n’est pas celle du 19e.
  Pauvre Afrique !!! Me suis-je dit hier, depuis l’annonce du juge français 
Jean Louis Brugères de son intention de faire inculper le Président Paul Kagamé 
et neuf personnes de son entourage pour leur probable responsabilité dans 
l’assassinat du président Juvénal Habyarimana.
  Je suis d’autant plus frustré que c’est au nom des familles françaises des 
membres de l’équipage qu’une enquête a été ouverte depuis 1998, avec les 
conclusions que nous connaissons aujourd’hui. Je ne m’y connais pas en équipage 
d’avions, mais je pense que le personnel navigant ne devrait pas dépasser les 
cinq personnes. Cette précision, à mon sens, a une grande valeur, en ce sens 
que cela permet à chacun de se faire sa petite idée sur l’affaire Jean Louis 
Brugères contre Paul Kagamé.
  La genèse du génocide n’est pas l’objet de mon présent écrit, celui-ci a 
plutôt pour objectif de faire une esquisse des vraies raisons pour lesquelles 
l’Etat français veut se faire la peau de Kagamé, l’indésirable, l’effronté 
vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale française.
  C’est aussi pour cette raison que j’écris à la première personne du singulier 
en lieu et place du traditionnel « nous » très cher aux francophones, 
contrairement aux anglo-saxons, qui privilégient le « je ».
  Cela étant, je me pose pas mal de questions parmi lesquelles, le lien qui a 
existé entre l’Etat français et le Président Habyarimana durant son règne, au 
point que l’ex-métropole en arrive à cautionner l’exclusion et les brimades 
dont ont été victimes les Tutsis.
  Lesquelles brimades et exclusion ont finalement conduit à l’attentat qui a 
coûté la vie à Habyarimana et entraîné la « nuit des longs coupe-coupe » qui a 
endeuillé le Rwanda en 1994.
  A l’évidence, il est clair qu’en son temps, le maître colonial, ici l’Etat 
français, s’est certainement dit : « ce sont des Nègres », tant que ça se passe 
entre eux, pas de problèmes, l’essentiel étant pour l’Etat français de défendre 
et sauvegarder les intérêts de la France.
  Ainsi donc, la France, berceau des droits de l’homme, a été complice d’une 
situation d’exclusion liée à l’ethnie. Les frustrations nées de cette 
exclusion, ont donné lieu à l’abattage d’un avion présidentiel commandé par un 
équipage français. Et le corollaire a été le massacre des Tutsis.
  L’Etat français doit répondre devant le TPR
  Pis, aux premières heures des massacres, le même Etat Français envoie ses 
soldats rapatrier ses ressortissants résidents au Rwanda, refusant d’apporter 
soutien et connaissance du terrain à la mission des Nations unies commandée par 
le général canadien Delaire. Ce refus a eu comme conséquence les atrocités que 
le monde entier a suivies a travers les médias.
  Qui de Kagamé et de l’Etat français est plus coupable, et mérite de répondre 
au Tribunal pénal international pour le Rwanda ? Si ce sont les morts dans la 
balance qui donneraient la réponse à cette question, il est clair que l’Etat 
français est plus coupable que Kagamé et ses neuf acolytes.
  Mais si c’est plutôt la couleur de la peau et la nationalité des morts qu’il 
faut prendre en considération, là, ça dépend d’où on se situe ; Africain que je 
suis, je dirai que l’Etat français doit répondre devant le TPIR à un double 
titre. Primo, cet Etat a encouragé une pratique d’exclusion ethnique qui a 
débouché sur une hécatombe.
  Secundo, le même Etat a refusé de secourir des populations désarmées pendant 
qu’elles se faisaient découper, préférant rapatrier ses citoyens, tout en 
laissant les pauvres Nègres s’entretuer. Ainsi aujourd’hui, l’Etat français, à 
travers son juge « antiterroriste », demande des comptes à Kagamé.
  Messieurs les « Muzungou Gaulois », un peu de sérieux et de respect pour la 
mémoire des victimes du génocide rwandais, et pour les souffrances qu’une 
partie des Tutsis et des Hutus modérés ont connues. Cinq Français ne valent pas 
plus que cinq Rwandais, ce sont vos ancêtres qui ont dit que tous les hommes 
naissent libres et égaux en droit. Ou bien va-t-on appliquer la loi « deux 
poids, deux mesures » ?
  La vérité c’est que depuis que Paul Kagamé est arrivé au pouvoir, et étant 
très au fait de la responsabilité et de la complicité de la France dans le 
génocide, ce dernier a pris ses distances vis-à-vis de la France. Cela s’est 
clairement traduit par la préférence du régime de Kagamé pour l’utilisation de 
l’anglais comme langue officielle au détriment du français, et surtout le 
rapprochement de Kagamé des USA et son éloignement de plus en plus de la France.
  "C’est bien fait pour sa gueule"
  L’Etat français veut faire payer à Kagamé son émancipation vis-à-vis de la 
France, et surtout pour les intérêts que la France a perdus et continue de 
perdre au Rwanda, à cause de la politique d’ignorance et d’éloignement de 
Kagamé vis-à-vis de la France. Pour ce faire, tous les moyens sont bons pour 
déstabiliser le régime Kagamé, si à l’intérieur on ne trouve pas une 
marionnette pour faire un coup d’Etat, tant qu’à faire, il y a les juridictions 
internationales.
  Seulement, la France s’y prend mal, tellement mal que sa requête auprès de 
Kofi Annan a été jugée irrecevable, car relevant du domaine juridique et non 
politique, n’entrant donc pas dans les prérogatives de l’ONU. Je souris, et je 
me dis que c’est bien fait pour la gueule de l’Etat français.
  Pardon, Monsieur Brugères, tant qu’à faire, il existe beaucoup de présidents 
africains assassinés dont les coupables ou les commanditaires sont inconnus 
jusqu’à nos jours ; sont de ceux-là : Sadate d’Egypte, Samora Machel du 
Mozambique, Thomas Sankara du Burkina Faso. Si vous voulez jouer au Muzungou 
civilisateur et épris de justice et de respect des droits humains, allez-y, 
fouillez, bêchez, trouvez-nous les coupables de ces assassinats aussi.
  Ce sont des citoyens universels, vous n’avez pas besoin qu’ils soient 
français pour investiguer ; leurs familles, pays et l’humanité vous en seront 
reconnaissants. Il y en a parmi eux qui ont même eu droit à des certificats de 
décès dignes d’un film mafieux. Allons, réveillez-vous, Monsieur le Gaulois et 
l’Etat français !
  "Je m’excuse pour les âmes sensibles"
  L’Afrique n’est plus la même qu’ont connue les explorateurs, les 
colonisateurs et autres. Elle a changé et mérite que vous intégriez cette donne 
dans votre vision et les rapports que vous entretenez avec elle. Je ne dis pas 
que Kagamé est un saint, loin de là, mais dans cette affaire de TPIR, je suis 
de ceux-là qui supportent et continueront de supporter Kagamé.
  En ce sens que votre géopolitique et les intérêts de votre pays ne peuvent 
pas continuer à endeuiller l’Afrique. Avez-vous seulement une idée de ce qui 
pourrait se passer de nouveau dans la région des Grands Lacs, si d’aventure 
Kagamé estime qu’il est sous pression ? Eh bien, à sa place, et en bon général, 
je créerais d’autres foyers de tension dans la région.
  Ainsi, la communauté internationale aurait une autre préoccupation que de le 
traduire devant le TPIR. Et ça, il en a les capacités ; s’il a pu aider Kabila 
Père à chasser Mobutu, et se défaire lui-même de la tutelle de Musseveni sans 
problème, replonger cette région de l’Afrique dans le chaos serait un jeu 
d’enfant pour lui.
  Votre équipage d’égoïstes qui travaillait pour Habyarimana n’a eu que ce 
qu’il méritait. Je m’excuse pour les âmes sensibles, mais c’est la triste 
vérité. Quand ça marchait, ils se remplissaient les poches, quand ç’a bardé, 
ils sont morts avec leur payeur. C’est la règle du jeu : quand on joue au 
casino on gagne très souvent, mais il faut accepter de perdre aussi.
  Retenez que ce sont des égarements de ce genre, et le manque de considération 
pour les autres, qui ont valu aux Américains l’antiaméricanisme dont ils sont 
victimes dans les pays arabes. Les Américains au moins font semblant d’apporter 
la démocratie et la liberté, même s’ils ont d’autres intérêts derrière la tête.
  Ils n’attendent pas qu’il y ait mort de citoyens américains pour débarquer, 
décréter des embargos ou faire prendre des sanctions par l’ONU ou la communauté 
internationale. J’oubliais, ils sont anglo-saxons, si bien que le côté 
gentleman demande un certain comportement tout de même.
  "Que le juge Bruguières nous aide à élucider l’affaire Norbert Zongo"
  A vouloir trop jouer aux donneurs de leçons aux « Nègres », prenez garde à ne 
pas développer l’anti « francisme » chez les francophones d’Afrique. Déjà que 
certains de vos députés pensent qu’il y a trop de Noirs dans l’équipe de 
football de France, vous ne deviez pas nous rappeler que votre équipage mort 
avec Habyarimana dépasse en importance les milliers de Rwandais morts au cours 
du génocide, ou ceux qui ont été victimes de la politique ethniciste et tribale 
d’Habyarimana.
  J’espère surtout que les soi-disant panafricanistes, au lieu de défendre des 
diables comme le « Boulanger » de la lagune Ebrié, élèveront la voix pour 
défendre la dignité des Rwandais morts parce que n’ayant pas bénéficié de 
l’assistance de la France pour leur protection. Pour ma part, je lancerai une 
pétition pour le soutien de Kagamé contre Le juge Muzungou, pas parce que je 
suis un fan de Kagamé ou un APK (Ami de Paul Kagamé), mais par principe de 
respect et de défense de la dignité africaine.
  Je m’expatrierai s’il le faut au Rwanda pour supporter le régime de Kagamé, 
comme nos aînés l’ont fait pour Sékou Touré et la Guinée dans le temps. Je 
déposerai la pétition auprès de l’Union africaine, pour demander le respect de 
l’immunité de chef d’Etat pour Kagamé à vie. Ainsi, même s’il quitte le 
pouvoir, « no worries », il sera tranquille et non inquiété par la France.
  Vraiment, si la honte pouvait vous tuer ; il n’y a pas longtemps, vous avez 
accepté les pétro-dollars de Khadaffi contre les morts de l’avion tombé dans le 
Ténéré, sans requête du Tribunal international pour juger le crime. Pour un 
équipage de pas plus de cinq personnes, vous voulez la tête de Kagamé. 
Peut-être que la centaine de morts français dans le désert du Ténéré était 
moins française que les membres de l’équipage de l’avion présidentiel 
d’Habyarimana. Ah ! j’oubliais, en fait Kagamé doit périr ou vous laisser le 
champ libre au Rwanda ; c’est simple à comprendre.
  Et comme l’Etat français s’engage à réveiller nos morts pour leurs propres 
intérêts, j’inviterai l’ambassadeur de France à transmettre ma requête auprès 
du gouvernement français. Cette requête concerne une investigation par le juge 
Brugères sur des morts non élucidées comme celles de Samora Machel, Thomas 
Sankara, Sadate, Norbert Zongo ; eux au moins ont mené une vie utile et 
positive pour leur pays et l’Afrique toute entière.
  Et surtout d’inculper les commanditaires ou coupables de ces assassinats à la 
Cour pénale de la Haye. Ensuite, inculpez Georges Bush, Dick Cheyney et Tony 
Blair pour génocide en Irak, ainsi vos ancêtres les Gaulois vous seraient 
reconnaissants et reposeraient en paix en sachant que vous défendez 
mondialement les droits de l’homme tels qu’il l’avait conçu.
  "Ne jetez pas l’huile sur le feu"
  Monsieur le juge, au regard de votre formation de juriste et votre fonction 
de juge, vous savez certainement qu’il existe une commission droits 
économiques, sociaux et culturels aux Nations unies. J’y déposerai une plainte 
contre l’Etat français, pour avoir perturbé la culture des pays francophones 
d’Afrique à travers la colonisation. Ce qui a eu pour conséquence le retard 
économique et social de ces pays. Comme on dit ici, « le sorcier oublie 
toujours, mais pas les parents de la victime ».
  Les Rwandais ont fait la paix des braves à travers le pardon, ne jetez pas de 
l’huile sur le feu, ou si vous préférez, ne remuez pas le couteau dans la plaie 
à peine guérie.
  Pour ma part, le jour que je serai aux commandes de ce pays, je ferais pis 
que Kagamé. Primo, je fermerais l’ambassade française, romprais toute relation 
avec l’Etat français jusqu’à ce que ce dernier apprenne à respecter les Etats 
africains. Le Chinois serait la première langue officielle de ces pays, car les 
Chinois sont les plus nombreux sur la planète, avec une économie en pleine 
croissance. L’anglais suivrait et tant pis pour la francophonie, chacun défend 
ses intérêts.
  Issaka Herman Traoré
Tel : 76-61-36-55
Email :[EMAIL PROTECTED]
  L’Observateur




  
 


                 Sharangabo Rufagari 
 
 


 
 
 
 
 
                                                









                                
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