Les propos qui vont suivre ne sont qu'une r�flexion personnelle et ne constituent aucunement une prise de position fixe. En effet, je ne peux pas me consid�rer comme parfaitement au courant de tous les aspects de la profession m�dicale et des bouleversements potentiels sur la profession m�dicale que le projet de loi #114, �mis par le minist�re de la Sant� du Qu�bec, impliqueraient. J'aimerais toutefois qu'ils portent � soulever le questionnement pouvant potentiellement aider la communaut� �tudiante et m�dicale � �tablir sa position dans ce d�bat.
Donc, voici ce que je pense � ce sujet et les questionnements qui y sont associ�s. CONSID�RANT que le m�decin, dont la formation co�te des milliers de dollars aux contribuables et dont la profession vise � assurer le bien �tre de la population, �, malgr� le fait qu'il soit un individu libre et autonome, un certain engagement envers la soci�t� -- du moins, il est clair pour moi qu'en tant que futur m�decin, je ne serai pas uniquement qu'un travailleur autonome, mais une personne qui se doit d'avoir un r�le actif dans la soci�t� qu�b�coise pour l'aider, elle et les individus qui la composent, � se porter mieux dans un aspect global de sant� (soins au malade, pr�vention primaire, approches environnementales moins polluantes, �ducation, etc.); CONSID�RANT aussi que, selon la politique qu�b�coise, mais aussi canadienne, la population qu�b�coise favorise dans son ensemble une approche socialiste et, mandat� par cette m�me population, le gouvernement a pris l'engagement � assurer l'universalit� et l'accessibilit� des soins; CONSID�RANT enfin que la population, d'un certain point de vue, souffre relativement et parfois bien r�ellement � cause d'un syst�me de sant� en partie inad�quat d� � une p�nurie d'effectifs, mais aussi certainement d� � une gestions peut-�tre pas tout � fait efficace; COSID�RANT CES �L�MENTS DONC, IL ME SEMBLE QUE TOUT M�DECIN, SURTOUT SI NOUVELLEMENT FORM�, DEVRAIT, SELON SES COMP�TENCES, COMBLER LES BESOINS DE PERSONNEL QUI SE FONT SENTIR DANS LES R�GIONS OU LES SERVICES D'UNE R�GION LES PLUS TOUCH�S PAR LA P�NURIE. En ce sens donc, je ne suis pas en total d�saccord avec le projet de loi #114 �mis par le minist�re de la Sant� du Qu�bec. En effet, il me semble ad�quat que le m�decin, � la fin de sa formation majoritairement subventionn�e par le gouvernement par le biais des contribuables, soit MANDAT� par ce m�me gouvernement � exercer ses fonctions, pour une p�riode de temps d�termin�e, dans une r�gion d�sign�e comme une r�gion o� ses services professionnels sont requis afin de mieux subvenir aux besoins de la population. Je dis bien � mandat� �, et non pas � contraint �, puisqu'au d�part, c'est un choix libre et �clair� que celui de vouloir exercer le m�tier de m�decin, m�tier dont les param�tres sont en partie fix�s par le coll�ge des m�decins et en partie par le gouvernement qui r�pond aux demandes et besoins de la population. D'accord, pour ceux dont ces conditions de travail n'�taient pas pr�sentes par le pass� lors de leur formation, puisque de telles mesures peuvent, de fa�on compr�hensible, �tre per�ues comme contraignantes et n�cessiteront, si elle sont appliqu�es, des changements majeurs dans le mode de vie et de travail de plusieurs. Mais justement, quand les m�decins s'insurgent en �voquant qu'ils ne veulent pas se faire dire quoi faire, na�vement, je me dit que, pour plusieurs, avant tout, avant le fait qu'ils ne veulent pas d'un syst�me de sant� g�r� par des fonctionnaires qui � n'ont pas la comp�tence pour le faire � (propos tenus par le Dr Barette selon le texte de Alexandre Sirois, Cyberpresse, 04-09-2002), je me dit donc que plusieurs �voquent peut-�tre silencieusement, avant tout autre argument, la peur de perdre certains avantages que leur conf�rent le statut de travailleur autonome et les autres param�tres actuels qui d�finissent la profession de m�decin (voir aussi 2 paragraphes plus loin � ce propos). N�anmoins, je ne dit pas que la fa�on de faire que propose le gouvernement pour instaurer une telle m�thode soit la bonne ou que cette mesure soit la seule envisageable, et, si j'ai bien compris, c'est un des arguments avanc�s par les associations de m�decin pour entamer les discussions qui, � mon avis, font partie int�grante et sont essentielles � un processus d�mocratique sain et constructif. D'ailleurs, en citant les propos du Dr Barette dans le cadre de ma r�flexion, j'ai peut-�tre sem� l'apparence d'une na�ve confiance absolue accord�e aux fonctionnaires, mais c'est loin d'�tre le cas et, comme je me questionne aussi au sujet de cette probl�matique (malgr� que je n'aie aucune comp�tence pour prendre position), je vois l� un autre argument �voquant la n�cessit� d'une table de discussion entre les m�decins et le gouvernement. Par ailleurs, dans son texte paru dans Cyberpresse, Mr Sirois cite le pr�sident de la F�d�ration des m�decins sp�cialistes du Qu�bec, le Dr Dugr�, qui a �crit les propos suivant : � Les m�decins ne seront plus des travailleurs autonomes qui r�pondent aux besoins de leurs patients. Non. Ils seront des fonctionnaires qui devront fournir les seuls services que le minist�re (...) d�terminera, � l'endroit qu'il d�terminera et aux conditions qu'il d�terminera. � Que les m�decins soient, d'un point de vue l�gal, consid�r�s comme des fonctionnaires ou des travailleurs autonome, en quoi cela entraverait leur mandat de r�pondre aux besoins de leurs patients? Aussi, en quoi le fait de se faire mandater (ou imposer selon le point de vue retenu) un contrat de service dans une r�gion donn�e fait : 1) que le minist�re changera la fa�on de nous r�mun�rer, de ne plus nous consid�rer comme travailleurs autonome; 2) que d'�tre omnipraticien ou sp�cialiste � Pasp�biac sera de faire un m�tier diff�rent que si l'on �tait �tabli � Montr�al; 3) que le minist�re d�terminera � lui seul une liste de services exclusifs que le m�decin devra fournir? BREF, � MON AVIS, �TABLIR UNE POLITIQUE DE R�PARTITION DES EFFECTIFS NE VEUT PAS DIRE CHANGER LA NATURE, LA QUALIT�, ET LA MANI�RE DE FOURNIR DES SERVICES � LA POPULATION, MAIS BIEN D'ASSURER QUE CES SERVICES SOIENT DISPONIBLES DE FA�ON �GALE � TOUS LES QU�B�COIS ET QU�B�COISESES. Voil� mes r�flexions et questionnements � ce sujet. Je vous invite tous � fournir des commentaires � ce propos et vous remercie d'avance d'avoir pris le temps de me lire. Bien � vous, Luc Lapierre, M.Sc., B.Sc., �tudiant de 2e ann�e, Universit� de Montr�al
