Le Dimanche 8 septembre 2002, � 03:45 , Luc Lapierre a �crit :

> Les propos qui vont suivre ne sont qu'une r�flexion personnelle et ne
> constituent aucunement une prise de position fixe.  En effet, je ne
> peux pas me consid�rer comme parfaitement au courant de tous les
> aspects de la profession m�dicale et des bouleversements potentiels
> sur la profession m�dicale que le projet de loi #114, �mis par le
> minist�re de la Sant� du Qu�bec, impliqueraient.  J'aimerais toutefois
> qu'ils portent � soulever le questionnement pouvant potentiellement
> aider la communaut� �tudiante et m�dicale � �tablir sa position dans
> ce d�bat.
>
> Donc, voici ce que je pense � ce sujet et les questionnements qui y
> sont associ�s.
>
> CONSID�RANT que le m�decin, dont la formation co�te des milliers de
> dollars aux contribuables et dont la profession vise � assurer le bien
> �tre de la population, �, malgr� le fait qu'il soit un individu libre
> et autonome, un certain engagement envers la soci�t� -- du moins, il
> est clair pour moi qu'en tant que futur m�decin, je ne serai pas
> uniquement qu'un travailleur autonome, mais une personne qui se doit
> d'avoir un r�le actif dans la soci�t� qu�b�coise pour l'aider, elle et
> les individus qui la composent, � se porter mieux dans un aspect
> global de sant� (soins au malade, pr�vention primaire, approches
> environnementales moins polluantes, �ducation, etc.);
************
Je peux te garantir une chose, actif tu seras.
************
> CONSID�RANT  aussi que, selon la politique qu�b�coise, mais aussi
> canadienne, la population qu�b�coise favorise dans son ensemble une
> approche socialiste et, mandat� par cette m�me population, le
> gouvernement a pris l'engagement � assurer l'universalit� et
> l'accessibilit� des soins;
************
Correction, on va oublier l'approche socialiste ici.  Toutes les
d�cisions gouvernementales des derni�res ann�es concernant le
syst�me de sant� furent bas�es sur le respect du sacro-saint budget,
donc l'approche fut carr�ment capitaliste.  Si l'engagement r�el
�tait l'universalit� et l'accessibilit� des soins, le gouvernement aurait
investi dans les soins selon les besoins exprim�s par le r�seau pas
par son Conseil du Tr�sor.  Quand au mandat de la population, nous
sommes tous pr�ts � red�finir le mandat du gouvernement, demain!
************
> CONSID�RANT enfin que la population, d'un certain point de vue,
> souffre relativement et parfois bien r�ellement � cause d'un syst�me
> de sant� en partie inad�quat d� � une p�nurie d'effectifs, mais aussi
> certainement d� � une gestions peut-�tre pas tout � fait efficace;
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Nombre de fonctionnaires de la R�gie des soins de la r�gion de Toronto: 
90
Nombre d'habitants de cette r�gion: 4 millions pour 20 h�pitaux.
Nombre de fonctionnaires de la R�gie r�gionale de la Mont�r�gie: 450
Nombre d'habitants de la Mont�r�gie: 1.2 millions d'habitants pour 11 
h�pitaux.
Nombre de m�decins dans le r�seau, environ 15,000.
Nombre de fonctionnaires dans le r�seau de sant�, presque autant que de
m�decins.

Il est o� le probl�me de gestion tu crois?

Nombre de lits dans l'h�pital o� je travaille: 350
Nombre de chroniques dans ce m�me h�pital aujourd'hui: 65
Nombre de chroniques dans des lits que nous avons d� acheter dans le 
priv�: 60
Nombre d'heures en temps suppl�mentaires � l'urgence en 2000: 8000 hrs.
Nombre d'heures en temps suppl�mentaires � l'urgence en 2001: 15000 hrs.
On suppose qu'il manque 2000 m�decins dans le r�seau actuellement.
On suppose qu'il manque 5000 infirmi�res dans le r�seau actuellement.

La population souffre mais les budgets sont respect�s.
Les "probl�mes de gestion" existent, mais sont surtout de la poudre aux 
yeux
de la population pour leur faire avaler que les gens travaillant dans le 
r�seau
sont eux-m�mes responsables de ce qui leur arrive alors que la situation
nous est impos�e par le MSSS.
*****************************
> COSID�RANT CES �L�MENTS DONC, IL ME SEMBLE QUE TOUT M�DECIN, SURTOUT
> SI NOUVELLEMENT FORM�, DEVRAIT, SELON SES COMP�TENCES, COMBLER LES
> BESOINS DE PERSONNEL QUI SE FONT SENTIR DANS LES R�GIONS OU LES
> SERVICES D'UNE R�GION LES PLUS TOUCH�S PAR LA P�NURIE.
****************************
Ton tour arrive, tu es chanceux car lorsque tu obtiendras ton dipl�me tu
pourras aller combler les p�nuries � Montr�al et tu iras combler les
manque � St-Hyacinthe une fois par mois.
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>
> En ce sens donc, je ne suis pas en total d�saccord avec le projet de
> loi #114 �mis par le minist�re de la Sant� du Qu�bec.  En effet, il me
> semble ad�quat que le m�decin, � la fin de sa formation
> majoritairement subventionn�e par le gouvernement par le biais des
> contribuables, soit MANDAT� par ce m�me gouvernement � exercer ses
> fonctions, pour une p�riode de temps d�termin�e,  dans une r�gion
> d�sign�e comme une r�gion o� ses services professionnels sont requis
> afin de mieux subvenir aux besoins de la population.
> Je dis bien � mandat� �, et non pas � contraint �, puisqu'au d�part,
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Je crois qu'une lettre d'un huissier qui te force � aller travailler un 
autre
8 hrs apr�s une garde � l'urgence est une contrainte, pas un mandat.
Quand � la p�riode de temps...elle va chercher dans les 2 chiffres et
le gouvernement nomme cela "l'installation".
********************
> c'est un choix libre et �clair� que celui de vouloir exercer le m�tier
> de m�decin, m�tier dont les param�tres sont en partie fix�s par le
> coll�ge des m�decins et en partie par le gouvernement qui r�pond aux
> demandes et besoins de la population.  D'accord, pour ceux dont ces
> conditions de travail n'�taient pas pr�sentes par le pass� lors de
> leur formation, puisque de telles mesures peuvent, de fa�on
*********************
Quand j'ai commenc� � travailler en 1995, on ne manquait pas de
nurses ni de lits comme on en manque l� et la notion de patient
"orphelin" (sans m�decin de famille) n'existait pas.  Les
patients pouvaient mourir en haut dans un lit plut�t que dans
nos corridors.  Ce sont surtout
ces conditions de travail l� qui me d�rangent.
*********************
> compr�hensible, �tre per�ues comme contraignantes et n�cessiteront, si
> elle sont appliqu�es, des changements majeurs dans le mode de vie et
> de travail de plusieurs.  Mais justement, quand les m�decins
> s'insurgent en �voquant qu'ils ne veulent pas se faire dire quoi
> faire, na�vement, je me dit que, pour plusieurs, avant tout, avant le
> fait qu'ils ne veulent pas d'un syst�me de sant� g�r� par des
> fonctionnaires qui � n'ont pas la comp�tence pour le faire � (propos
> tenus par le Dr Barette selon le texte de Alexandre Sirois,
> Cyberpresse, 04-09-2002), je me dit donc que plusieurs �voquent
> peut-�tre silencieusement, avant tout autre argument, la peur de
> perdre certains avantages que leur conf�rent le statut de travailleur
> autonome et les autres param�tres actuels qui d�finissent la
> profession de m�decin (voir aussi 2 paragraphes plus loin � ce
> propos).
> N�anmoins, je ne dit pas que la fa�on de faire que propose le
> gouvernement pour instaurer une telle m�thode soit la bonne ou que
> cette mesure soit la seule envisageable, et, si j'ai bien compris,
> c'est un des arguments avanc�s par les associations de m�decin pour
> entamer les discussions qui, � mon avis, font partie int�grante et
> sont essentielles � un processus d�mocratique sain et constructif.
*******************
La loi 114 n'est pas un argument, c'est une loi.
Les documents de travail fournis aux omnis et aux sp�cialistes viennent
du MSSS et viennent �liminer notre statut de travailleur autonome.
Notre peur est que pour conserver ce statut, beaucoup de mes
confr�res et consoeurs vont aller ailleurs ou encore se d�saffilier
de la RAMQ.  Laissant les m�decins qui restent encore plus dans
la merde.  On va achever un syst�me moribond.
********************
> D'ailleurs, en citant les propos du Dr Barette dans le cadre de ma
> r�flexion, j'ai peut-�tre sem� l'apparence d'une na�ve confiance
> absolue accord�e aux fonctionnaires, mais c'est loin d'�tre le cas et,
> comme je me questionne aussi au sujet de cette probl�matique (malgr�
> que je n'aie aucune comp�tence pour prendre position), je vois l� un
> autre argument �voquant la n�cessit� d'une table de discussion entre
> les m�decins et le gouvernement.
>
> Par ailleurs, dans son texte paru dans Cyberpresse, Mr Sirois cite le
> pr�sident de la F�d�ration des m�decins sp�cialistes du Qu�bec, le Dr
> Dugr�, qui a �crit les propos suivant :
>
> � Les m�decins ne seront plus des travailleurs autonomes qui r�pondent
> aux besoins de leurs patients. Non. Ils seront des fonctionnaires qui
> devront fournir les seuls services que le minist�re (...) d�terminera,
> � l'endroit qu'il d�terminera et aux conditions qu'il d�terminera. �
>
> Que les m�decins soient, d'un point de vue l�gal, consid�r�s comme des
> fonctionnaires ou des travailleurs autonome, en quoi cela entraverait
> leur mandat de r�pondre aux besoins de leurs patients?  Aussi, en quoi
> le fait de se faire mandater (ou imposer selon le point de vue retenu)
> un contrat de service dans une r�gion donn�e fait :
***********************
Un contrat est par d�finition une entente entre deux parties d�finissant
les responsabilit�s de chacunes des parties.  Nulle part dans les
documents de travail donn�s aux diff�rentes f�d�rations on ne
retrouve les responsabilit�s du MSSS qui sont pourtant claires.  Le
MSSS ne signera jamais un contrat dans lequel on lui dit de remplir
son mandat avec des demandes claires d'effectifs nursing et de lits.
Il ne signera pas car il n'a simplement pas les ressources.  Donnez
nous les ressources pour travailler convenablement et vous aurez
des urgences ouvertes en tout temps.

Finalement, un fonctionnaire travaille la semaine de jour avec une
convention n�goci�e.  Un m�decin hospitalier a d�j� un contrat,
la garde.  C'est ce qui permet d'avoir des m�decins 24/7 dans un
h�pital.  Si le MSSS veut faire de nous des fonctionnaires il va
falloir n�gocier.  Mais comme les n�gociations seraient longues,
ardues et co�teraient cher au MSSS, il fonctionne par voie de loi
sp�ciale.  D�sol�, inacceptable.
**************************
>  1) que le
> minist�re changera la fa�on de nous r�mun�rer, de ne plus nous
> consid�rer comme travailleurs autonome; 2) que d'�tre omnipraticien ou
> sp�cialiste � Pasp�biac sera de faire un m�tier diff�rent que si l'on
> �tait �tabli � Montr�al; 3) que le minist�re d�terminera � lui seul
> une liste de services exclusifs que le m�decin devra fournir?
>
> BREF, � MON AVIS, �TABLIR UNE POLITIQUE DE R�PARTITION DES EFFECTIFS
> NE VEUT PAS DIRE CHANGER LA NATURE, LA QUALIT�, ET LA MANI�RE DE
> FOURNIR DES SERVICES � LA POPULATION, MAIS BIEN D'ASSURER QUE CES
> SERVICES SOIENT DISPONIBLES DE FA�ON �GALE � TOUS LES QU�B�COIS ET
> QU�B�COISESES.
************************
Justement, les services ne sont plus disponibles de fa�on �gale depuis 
longtemps.
Nous avons une obligation de moyens, pas de r�sultats.
On travaille actuellement sans moyens car le syst�me est en faillite 
partout.
On aimerait avoir la parit� en salaire avec les provinces les plus
pauvres du Canada, mais je crois qu'on aimerait AVANT avoir assez de 
nurses,
de lits et de salles d'op�ration pour pouvoir faire notre travail.  La 
politique de
r�partition des effectifs m�dicaux n'est qu'un moyen de forcer les 
m�decins
� travailler dans un syst�me compl�tement dysfonctionnel sans mettre un
sou de plus dans le r�seau sauf pour cr�er une autre structure 
bureaucratique
contr�lante, le D�partement r�gional de M�decine Sp�cialis�e.

J'esp�re ne pas avoir trop d�gonfl� ta baloune, tu veux faire quoi d�j�?

Claude Rivard, md
Chef du D�partement de M�decine d'Urgence
CH Pierre-Boucher
Longueuil, Qc
>
> Voil� mes r�flexions et questionnements � ce sujet.  Je vous invite
> tous � fournir des commentaires � ce propos et vous remercie d'avance
> d'avoir pris le temps de me lire.
>
> Bien � vous,
> Luc Lapierre, M.Sc., B.Sc., �tudiant de 2e ann�e, Universit� de
> Montr�al
>

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