D'accord avec le discours d'Alain.  Mais en pratique lorsque c'est le temps d'appliquer, c'est plut�t $$$ qui guide les choix.  Les docteurs ne sont pas le groupe le plus solidaire ( ils sont m�me en g�n�ral plut�t individualistes...) et ont toujours fonctionn�s � la "carotte".  S�rement qu'avec une majoration substantielle de la r�mun�ration, certains ralentiraient un peu, maintiendraient le m�me salaire en travaillant moins .  Mais plusieurs garderaient leur vitesse de croisi�re de 195 km/h sur la glace pour am�liorer leurs revenus.  Combien d'augmentation faudrait-il pour que les m�decins se garantissent une meilleure qualit� de vie en dehors du revenu maximum?
 
Il y a quelques ann�es, notre centre �tait � effectif maximum. (gardes combl�es).  Nous avions des possibilit�s de recrutement suppl�mentaire.  Plusieurs effectuaient 16-18-20 gardes /mois.  J'ai sugg�r� de limiter le nombre de gardes maximum � 14. (peu de m�decins persistent plus de 10 ans � 20 gardes par mois dans une urgence lourde.)  J'ai sugg�r� � certains de diversifier un peu leur pratique pour am�liorer le milieu.  Plus de profondeur dans l"�quipe.  Plus de formations et d'implication dans le milieu.  Plus de personnes pour faire face aux f�ri�s, � la maladie et aux d�missions.  Quelques centres � moins de 30-40 minutes de route avaient besoin de d�pannage.  R�sultats:  Rejet � la forte majorit�.  Pratiquement personne n'�tait pr�t � sacrifier un moindre risque de perte de revenu !  6 mois plus tard 2 temps pleins ont d�missionn�s pour des raisons familiales. P�nurie !
 
En ces temps de morosit�, de n�gociation et de crise g�n�ralis�e dans le monde m�dical, les voeux pieux abondent et les r�ves de travail ralenti touche la corde de notre pr�-burn-out chronique.  Accompagn� de fortes revendications salariales !  En fait un docteur, �a travaille toujours � la limite entre le burn-out et le revenu maximal, �tat qu'il appelle l'�quilibre.  D�s que la balance bascule d'un c�t� ou de l'autre c'est la crise.
 
Bref prenez du bon temps en famille pour les quelques maigres jours  de cong� que vous avez dans le temps des f�tes.  Profitez de la vie ! D�pensez votre argent d�rement gagn�e pour rendre les v�tres heureux !!! Et rappelons-nous que notre pr�sence aupr�s de nos familles constitue probablement le cadeau le plus pr�cieux que nous pouvons leur offrir !
 
JOYEUX NO�L !  Heureux temps des F�tes !
Et esp�rons une meilleure ann�e 2003 dans nos urgences et notre bonheur !
 
Fran�ois.
 
Sent: Sunday, December 22, 2002 8:14 AM
Subject: URG-L: R�f. : URG-L: (sans sujet)

Le texte de Jocelyn est tellement juste.
Il remet les priorit�s en priorit� justement.
 
On dirait que notre gouvernement fonctionne sur le m�me mode d'action qu'il y a 40 ans, soit : Qu'un conflit avec lui est un conflit qui se r�gle obligatoirement avec de l'argent; qu'il viendra rechercher par nos imp�ts de toute fa�on.
 
Un changement dans la cadence de travail est pour lui n�cessairement un moyen de pression o� une gr�ve. On dirait que pour lui une apparence de ralentissement de travail, ne peut pas �tre un retour � une cadence de travail plus humaine, plus ad�quate. Il ne faut pas oublier que depuis des ann�es, il s'est fait sur nous les m�decins autant omnis que sp�cialistes une pression subtile � en faire toujours un peu plus. Maintenant avec des lois, on nous oblige � en faire beaucoup trop.
 
Je crois que tous pr�sentement, nous roulons � 195 KM/H sur une autoroute glac�e qui a une limite de 100. La r�ponse gouvernementale est de nous obliger � d�passer cette limite encore plus. Lorsque que l'accident va arriver, qui va se soucier de la personne frapp�e, de sa famille restante et du pauvre m�decin qui aura � vivre avec sa conscience pour le reste de ses jours ?
 
� bien y penser, combien accepterais une majoration des actes, avec plus de la moiti� qui retourne en imp�t ( il ne faut pas l'oublier ), en �change d'une cadence de travail plus humaine. Pour moi,un rythme de travail demeurera toujours quelque chose de personnel. Je veux toujours que si j'accepte de travailler 100 heures une p�riode, par apr�s j'aie le droit de revenir � 30 et m�me � z�ro. C'est l�gitime. En faire toujours plus, n'est pas synonyme d'en faire toujours mieux.
 
De ce temps-ci, lorsque je dicute avec un sp�cialiste qui r�pond trop promptement, j'arr�te la conversation en cours et lui demande combien d'heures il vient de faire et combien de patients il vient de voir, et surtout combien il se sent capable d'en voir. La r�ponse est toujours hallucinante.
 
Je le dis souvent mais je crois que la solution est qu'� partir de la base, il y ait revision en profondeur des actes d�l�gu�s vers le haut de la pyramide. Ce n'est pas tous les patients qui doivent �tre vu obligatoirement par un m�decin. Une excellente infirmi�re ( comme beaucoup le sont) pourrait jouer un r�le plus �largi, et non seulement dans un cadre de GMF. Pourquoi une infirmi�re qui a exactement le m�me cours pourra faire un acte et pas une autre? Au niveau m�dical, la seule chose qui limite nos actes est: notre comp�tence personnelle, c'est � nous de juger si nous pouvons le faire et non � d'autres de l'imposer. Pourquoi nos infirmi�res qui sont des professionnelles autonomes selon la loi, ne pourraient pas b�n�ficier du m�me traitement ? En cessant de voir les 40 grippes du jour, je suis disponible pour de l'enseignement, � leur montrer comment reconna�tre ces fameuses 40 grippes. Je peux faire moi aussi autres choses.  Combiens de sp�cialistes se feraient un plaisir de nous enseigner un peu de leur savoir pour �viter d'avoir tous ces cas routiniers qui envahissent leur bureau ?
 
Confucius disait pourtant:
 
    Donnez un poisson � quelqu'un, vous le bourrez de mercure
    Apprenez lui � p�cher, vous le bourrez d'Acide gras Om�ga 3 pour le reste de ses jours. ( Dictons revu et corrig� m�dicalement ).
 
   Nos infirmi�res sont pr�tes � apprendre, nous parlons de compl�mentarit� dans les t�ches. Je crois que c'est le temps...
 
Reste � passer �a au garnement... c'est pas fait pan toute .
 
-------Message original-------
 
Date : 21 d�cembre, 2002 11:59:58
Sujet : URG-L: (sans sujet)
 
Et v'lan !  Tr�s bien dit, concret et frappant !
 
Fran�ois.
----- Original Message -----
Sent: Saturday, December 21, 2002 2:15 AM
Subject: URG-L: (sans sujet)

Laura-Julie Perreault
cyberpresse

Bonjour Madame Perreault,

Vous dites dans votre article "La patate chaude lanc�e au Coll�ge des m�decins" (http://www.cyberpresse.ca/reseau/politique/0212/pol_102120171616.html)

"Le ministre croit qu'en continuant leurs moyens de pression, les m�decins sp�cialistes peuvent briser une clause de leur code de d�ontologie. Selon l'article 13 de ce code, les m�decins ne peuvent participer � une �action concert�e� qui met en danger la sant� des patients des h�pitaux du Qu�bec."


Or la r�alit� nous indique clairement que le ministre a bougrement tort sur ce point puisque c'est plut�t la situation contraire, i.e l'acceptation des conditions de soins actuels, qui pourrait �tre consid�r�e comme �tant une action concert�e qui met en danger la sant� des patients des h�pitaux du Qu�bec.

Actuellement, un anesth�siste accepte d'anesth�sier en m�me temps plusieurs patients (dans des salles d'op�rations diff�rentes) afin de pouvoir r�pondre � la demande trop grande pour le nombre d'anesth�sistes disponibles... mais cela comporte pourtant certains risques.

Les radiologistes font chacun des centaines de lectures de radiographies par jour  et des dizaines d'examens �chographiques ou scanographiques, le tout � un rythme tellement effarant (encore afin de tenter de r�pondre � la demande dans un contexte de p�nurie voulu et provoquer par le gouvernement -- il faut bien sauver des sous) que ce rythme ne peut que mettre les b�n�ficiaires � risque d'erreur qui peuvent �tres lourdes de cons�quences.

Et ainsi vont la plupart des autres secteurs de la m�decine. Pourtant la population ne veut pas seulement des soins de sant� accessibles, elle les veut aussi de qualit� et sans courir de risque inutile.

La p�nurie de m�decin au Qu�bec n'est pas un �v�nement accidentel. C'est un �v�nement planifi�, voulu et tol�r� par notre cher gouvernement afin de sauver des dollards (ensuite gaspiller dans d'autres secteurs tel la r�novation des appartements du premier ministre Landry � coup de millions).

Combien faudra-t-il encore de d�c�s et de souffrances pour qu'on dise la v�rit�: le gouvernement a fait consciemment le choix de diminuer l'accessibilit� au syst�me de sant� afin de ne pas y investir les argents n�cessaires. Bien s�r les termes employ�s par nos �lus et par les hauts fonctionnaires diff�rent, mais la r�alit� parle d'elle m�me.

La diminution de l'accessibilit� aux soins est une chose planifi�e, d�cid�e strat�giquement, m�rement r�fl�chie,  ..... PAR LE GOUVERNEMENT

Combien des actions, coupures, d�cisions en apparence folle, mais en r�alit� "bien" r�fl�chies, fermetures, blocages de d�veloppement, etc. toutes venant "d'en haut" ont men� directement et inexorablement � ce que l'on conna�t ?

Par conscience professionnelle, les m�decins ont alors pris les bouch�es doubles afin de tenter de r�pondre � la demande, mais cela ne peut continuer tr�s longtemps sans provoquer un �puisement profond et un d�s�quilibre encore plus grand de l'offre et de la demande.

Et maintenant le ministre Legeault parle d'une loi sp�ciale pour obliger les m�decins sp�cialiste � prioriser � nouveau la quantit� sur la qualit� afin de sauver les apparences et mieux camouffler le d�sastre qu'il a lui-m�me provoqu�. Cela ne porte qu'un nom: de l'HYPOCRISIE.

Imaginer seulement un instant que le gouvernement passe une loi sp�ciale pour obliger les enseignants du primaires � accepter 60 enfants par classe par qu'il y aurait p�nurie (planifi�e) de main d'oeuvre; qu'il passe une loi sp�ciale pour obliger les compagnies a�riennes � accepter dans leur avions le double du nombre de passager habituelle parce qu'il y aurait une p�nurie (planifi� par le gouvernement) de pilote; qu'il passe une loi sp�ciale obligeant les journalistes, les ouvriers de la construction, les policiers (etc) � travailler au moins 30 heures par semaine en temps suppl�mentaire (mais pay�s � taux simple) en raison d'une p�nurie (planifi�e par le gouvernement) de travailleur. Croyez-vous que cela serait acceptable?

Les m�decins sp�cialistes se battent actuellement pour l'am�lioration des conditions de travail et ce n'est qu'en am�liorant ces conditions que le Qu�bec fr�nera l'exode des m�decins (exode actuelle et celle � venir, possiblement encore plus importante) vers d'autres provinces ou d'autres pays ... et en attira d'avantage venant d'ailleurs.

Il est inacceptable que la population du Qu�bec manque de soins, que des gens souffrent et meurent sur des listes d'attente beaucoup trop longues comme c'est le cas actuellement parce qu'il manque de ressources humaines et d'�quipements diagnostiques et de traitement. Ce probl�me n'est pas nouveau, le gouvernement (en place depuis 6 ans) le sait, et le savait, ... et le tol�rait parce que �a permettait des �conomies.

Mais le ministre ne peut pas s'accuser lui-m�me (et ses conseillers) et accuser son gouvernement de la d�t�rioration du syst�me de sant� qu�b�cois parce que cela serait politiquement suicidaire. Il pr�f�re donc mentir et bl�mer quelqu'un d'autre.

Malheureusement, � chaque fois qu'il refuse les solutions propos�es, il passe une loi sp�ciale. Et � chaque fois qu'il passe une loi sp�ciale, il empire le probl�me.

Jocelyn Moisan md
omnipraticien

 

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