Le texte de Jocelyn est tellement juste.
Il remet les priorit�s en priorit� justement.
On dirait que notre gouvernement fonctionne sur le m�me mode
d'action qu'il y a 40 ans, soit : Qu'un conflit avec lui est un
conflit qui se r�gle obligatoirement avec de l'argent; qu'il viendra
rechercher par nos imp�ts de toute fa�on.
Un changement dans la cadence de travail est pour
lui n�cessairement un moyen de pression o� une gr�ve. On dirait
que pour lui une apparence de ralentissement de travail, ne peut pas
�tre un retour � une cadence de travail plus humaine, plus ad�quate.
Il ne faut pas oublier que depuis des ann�es, il s'est fait sur nous
les m�decins autant omnis que sp�cialistes une pression subtile � en
faire toujours un peu plus. Maintenant avec des lois, on nous oblige �
en faire beaucoup trop.
Je crois que tous pr�sentement, nous roulons � 195 KM/H sur
une autoroute glac�e qui a une limite de 100. La r�ponse
gouvernementale est de nous obliger � d�passer cette limite encore
plus. Lorsque que l'accident va arriver, qui va se soucier de la
personne frapp�e, de sa famille restante et du pauvre m�decin qui aura
� vivre avec sa conscience pour le reste de ses jours ?
� bien y penser, combien accepterais une majoration des
actes, avec plus de la moiti� qui retourne en imp�t ( il ne faut
pas l'oublier ), en �change d'une cadence de travail plus humaine.
Pour moi,un rythme de travail demeurera toujours quelque chose de
personnel. Je veux toujours que si j'accepte de travailler
100 heures une p�riode, par apr�s j'aie le droit de revenir � 30
et m�me � z�ro. C'est l�gitime. En faire toujours plus, n'est pas
synonyme d'en faire toujours mieux.
De ce temps-ci, lorsque je dicute avec un sp�cialiste qui r�pond
trop promptement, j'arr�te la conversation en cours et lui demande
combien d'heures il vient de faire et combien de patients il vient de
voir, et surtout combien il se sent capable d'en voir. La r�ponse est
toujours hallucinante.
Je le dis souvent mais je crois que la solution
est qu'� partir de la base, il y ait revision en
profondeur des actes d�l�gu�s vers le haut de la
pyramide. Ce n'est pas tous les patients qui doivent �tre
vu obligatoirement par un m�decin. Une excellente infirmi�re (
comme beaucoup le sont) pourrait jouer un r�le plus �largi, et
non seulement dans un cadre de GMF. Pourquoi une infirmi�re qui a
exactement le m�me cours pourra faire un acte et pas
une autre? Au niveau m�dical, la seule chose qui limite nos actes
est: notre comp�tence personnelle, c'est � nous de juger si nous
pouvons le faire et non � d'autres de l'imposer. Pourquoi nos
infirmi�res qui sont des professionnelles autonomes selon la loi, ne
pourraient pas b�n�ficier du m�me traitement ? En cessant de voir les
40 grippes du jour, je suis disponible pour de l'enseignement, � leur
montrer comment reconna�tre ces fameuses 40 grippes. Je peux faire moi
aussi autres choses. Combiens de sp�cialistes se feraient un
plaisir de nous enseigner un peu de leur savoir pour �viter d'avoir
tous ces cas routiniers qui envahissent leur bureau ?
Confucius disait pourtant:
Donnez un poisson � quelqu'un, vous le bourrez
de mercure
Apprenez lui � p�cher, vous le bourrez d'Acide
gras Om�ga 3 pour le reste de ses jours. ( Dictons revu et corrig�
m�dicalement ).
Nos infirmi�res sont pr�tes � apprendre, nous
parlons de compl�mentarit� dans les t�ches. Je crois que c'est le
temps...
Reste � passer �a au garnement... c'est pas fait pan toute
.
-------Message
original-------
Date : 21 d�cembre,
2002 11:59:58
Sujet : URG-L:
(sans sujet)
Et v'lan ! Tr�s bien dit, concret
et frappant !
Fran�ois.
----- Original Message -----
Sent: Saturday, December 21,
2002 2:15 AM
Subject: URG-L: (sans
sujet)
Laura-Julie
Perreault cyberpresse
Bonjour Madame
Perreault,
Vous dites dans votre article "La patate chaude
lanc�e au Coll�ge des m�decins" (http://www.cyberpresse.ca/reseau/politique/0212/pol_102120171616.html)
"Le ministre croit qu'en continuant leurs
moyens de pression, les m�decins sp�cialistes peuvent briser une
clause de leur code de d�ontologie. Selon l'article 13 de ce code,
les m�decins ne peuvent participer � une �action concert�e� qui met
en danger la sant� des patients des h�pitaux du Qu�bec."
Or la
r�alit� nous indique clairement que le ministre a bougrement tort
sur ce point puisque c'est plut�t la situation contraire, i.e
l'acceptation des conditions de soins actuels, qui pourrait �tre
consid�r�e comme �tant une action concert�e qui met en danger la
sant� des patients des h�pitaux du Qu�bec.
Actuellement, un
anesth�siste accepte d'anesth�sier en m�me temps plusieurs patients
(dans des salles d'op�rations diff�rentes) afin de pouvoir r�pondre
� la demande trop grande pour le nombre d'anesth�sistes
disponibles... mais cela comporte pourtant certains
risques.
Les radiologistes font chacun des centaines de
lectures de radiographies par jour et des dizaines d'examens
�chographiques ou scanographiques, le tout � un rythme tellement
effarant (encore afin de tenter de r�pondre � la demande dans un
contexte de p�nurie voulu et provoquer par le gouvernement -- il
faut bien sauver des sous) que ce rythme ne peut que mettre les
b�n�ficiaires � risque d'erreur qui peuvent �tres lourdes de
cons�quences.
Et ainsi vont la plupart des autres secteurs de
la m�decine. Pourtant la population ne veut pas seulement des soins
de sant� accessibles, elle les veut aussi de qualit� et sans courir
de risque inutile.
La p�nurie de m�decin au Qu�bec n'est pas
un �v�nement accidentel. C'est un �v�nement planifi�, voulu et
tol�r� par notre cher gouvernement afin de sauver des dollards
(ensuite gaspiller dans d'autres secteurs tel la r�novation des
appartements du premier ministre Landry � coup de
millions).
Combien faudra-t-il encore de d�c�s et de
souffrances pour qu'on dise la v�rit�: le gouvernement a fait
consciemment le choix de diminuer l'accessibilit� au syst�me de
sant� afin de ne pas y investir les argents n�cessaires. Bien
s�r les termes employ�s par nos �lus et par les hauts fonctionnaires
diff�rent, mais la r�alit� parle d'elle m�me.
La diminution
de l'accessibilit� aux soins est une chose planifi�e, d�cid�e
strat�giquement, m�rement r�fl�chie, ..... PAR LE
GOUVERNEMENT
Combien des actions, coupures, d�cisions en
apparence folle, mais en r�alit� "bien" r�fl�chies, fermetures,
blocages de d�veloppement, etc. toutes venant "d'en haut" ont men�
directement et inexorablement � ce que l'on conna�t ?
Par
conscience professionnelle, les m�decins ont alors pris les bouch�es
doubles afin de tenter de r�pondre � la demande, mais cela ne peut
continuer tr�s longtemps sans provoquer un �puisement profond et un
d�s�quilibre encore plus grand de l'offre et de la
demande.
Et maintenant le ministre Legeault parle d'une loi
sp�ciale pour obliger les m�decins sp�cialiste � prioriser � nouveau
la quantit� sur la qualit� afin de sauver les apparences et mieux
camouffler le d�sastre qu'il a lui-m�me provoqu�. Cela ne porte
qu'un nom: de l'HYPOCRISIE.
Imaginer seulement un instant que
le gouvernement passe une loi sp�ciale pour obliger les enseignants
du primaires � accepter 60 enfants par classe par qu'il y aurait
p�nurie (planifi�e) de main d'oeuvre; qu'il passe une loi sp�ciale
pour obliger les compagnies a�riennes � accepter dans leur avions le
double du nombre de passager habituelle parce qu'il y aurait une
p�nurie (planifi� par le gouvernement) de pilote; qu'il passe une
loi sp�ciale obligeant les journalistes, les ouvriers de la
construction, les policiers (etc) � travailler au moins 30 heures
par semaine en temps suppl�mentaire (mais pay�s � taux
simple) en raison d'une p�nurie (planifi�e par le gouvernement) de
travailleur. Croyez-vous que cela serait acceptable?
Les
m�decins sp�cialistes se battent actuellement pour l'am�lioration
des conditions de travail et ce n'est qu'en am�liorant ces
conditions que le Qu�bec fr�nera l'exode des m�decins (exode
actuelle et celle � venir, possiblement encore plus importante) vers
d'autres provinces ou d'autres pays ... et en attira d'avantage
venant d'ailleurs.
Il est inacceptable que la population du
Qu�bec manque de soins, que des gens souffrent et meurent sur des
listes d'attente beaucoup trop longues comme c'est le cas
actuellement parce qu'il manque de ressources humaines et
d'�quipements diagnostiques et de traitement. Ce probl�me n'est pas
nouveau, le gouvernement (en place depuis 6 ans) le sait, et le
savait, ... et le tol�rait parce que �a permettait des �conomies.
Mais le ministre ne peut pas s'accuser lui-m�me (et ses
conseillers) et accuser son gouvernement de la d�t�rioration du
syst�me de sant� qu�b�cois parce que cela serait politiquement
suicidaire. Il pr�f�re donc mentir et bl�mer quelqu'un
d'autre.
Malheureusement, � chaque fois qu'il refuse les
solutions propos�es, il passe une loi sp�ciale. Et � chaque fois
qu'il passe une loi sp�ciale, il empire le probl�me.
Jocelyn
Moisan md omnipraticien
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