Intéressant Claude en effet. Des cas surprenants.

La Table des Chefs d'Urgence de Montréal s'est donné le mandat d'améliorer l'interface entre les centres pour personnes âgées et les urgences. Un comité a été mis sur pied avec des membres du DRMG et de la TCUM pour formuler des recommandations.

En toile de fond, il existe une petite étude montréalaise qui a démontré une diminution de 50% des transferts entre un petit foyer pour personnes autonomes de 30 patients et l'urgence en établissant une couverture de garde médicale.

Nous regardons aussi une piste de solution intéressante, déjà en place à l'Institut de Gériatrie de Montréal: une aile dédiée aux soins aigus, où sont d'abord traités les patients en décompensation avant d'envisager un transfert vers les urgences. Ceci aurait aussi un potentiel important d'attrait pour le recrutement de médecins, qui auraient ainsi une pratique plus intéressante et variée.

La notion de soins individualisés selon le niveau de soin est aussi discuté, et j'espère que certains protocoles pourront être élaborés.

Concernant la visite obligatoire avant le transfert, il y a des bémols: le manque de médecins, et la crainte de les voir démissionner, le manque de ressources et de plateau technique qui rend cette visite plus ou moins utile, le fait que les médecins ne connaissent pas nécessairement les patients, les pressions familiales pour un transfert vers des soins aigus. En particulier pour les cas de niveau 1, cette visite peut aussi retarder des soins nécessaires de façon significative. Tu le dis toi-même: <x-tad-bigger> "236 de ces 300 patients furent hospitalisés et de ce fait occupaient 2 lits dans notre CSSS. Ils restent en moyenne 9.7 jours." </x-tad-bigger>C'est 79% des patients qui avaient à priori une bonne raison de venir, et tu ne dis pas combien des 54 autres patients ont eu besoin de tests, consultations et si leur durée de séjour justifiait leur transfert. Une avenue à bien regarder dans ces cas est la pertinence de l'hospitalisation: le médecin de l'urgence est selon moi la personne la mieux placée pour décider quel patient peut être retourné au CHSLD. Il doit être au courant d'où vient le patient, des capacités du CHSLD (O2, solutés), du niveau de soins, des attentes de la famille... Le consultation en spécialité aboutit souvent en demande d'hospitalisation dans mon expérience car le spécialiste ne se pose pas ces questions et va au moins compliqué...l'admission. Il est concevable de diminuer ce 79% d'admissions.

Dans les foyers pour personnes plus autonomes, (les 1200 autres visites), il y a un bon potentiel de diminution de transferts. On constate aussi que ces foyers ont une couverture médicale limitée. Nous allons probablement recommander des fusions administratives pour qu'une garde médicale puisse être rémunérée, car il faut un nombre minimal de patients pour que les tarifs de garde en disponibilité s'appliquent. Les CMA pourront offrir un plateau technique à ces patients.

À suivre.<x-tad-bigger>
</x-tad-bigger>

Bernard Mathieu, MD
Le 05-02-13, à 11:44, Claude Rivard a écrit :

Je ne sais pas comment vous vivez ça vous la formation des CSSS, mais
Je commence à voir des effets bénéfiques pour l’urgence.

Nous sommes maintenant un CSSS regroupant 3 CLSC, 2 CHSLD et un CH.
Notre nouveau DG (un jeune fringant de 44 ans) a créé des “comités
pré-budgétaires” qui doivent analyser les facteurs générant du gaspillage
Dans divers services du CSSS et suggérer les correctifs à apporter.

L’urgence est une place PARFAITE pour voir le gaspillage car on voit
Passer pas mal toutes les aberrations du système.

On vient de trouver une aberration locale, mais qui risque de se
Retrouver ailleurs, alors je vous suggère de vérifier vos chiffres.

Les transferts des CHSLD et centres privés “nominalisés” ou
Bénéficiant d’un soutien supplémentaire du réseau public pour garder
Des patients plus lourds.

Nous avons 1500 de ces transferts annuellement.
Les raisons de transferts sont éloquentes:
-Perte d’autonomie????
-Confusion?????
-Décès (je vous jure, le doc du CHSLD ne voulait pas faire le constat)
-Déshydratation
-Installer sonde Foley ou soluté.
-Contrôle INR (mon préféré).

Le plus souvent avec des niveaux de soins 2 ou 3.

70% de ces transferts étaient hospitalisés.
La durée moyenne d’hospitalisation pour ces patients étaient de 7 jours.
Le plus souvent, les gens “allumaient” à l’étage après la visite de
L’infirmière de liaison en gériatrie qui disait que le patient était en
Ressource de longue durée et pouvait retourner à son Centre.

1000 hospitalisations de 7 jours...ça commence à faire des jours-lits ça!

Dorénavant:
-Visite médicale OBLIGATOIRE au CHSLD AVANT le transfert à l’urgence.
-Discussion du médecin du CHSLD avec le médecin de l’urgence avant le transfert.
-Patient CHSLD ou ressource privée identifié à l’urgence directement.
-Hospitalisation selon le niveau de soins voulus seulement.

Si on sauve 50% des hospitalisations, on devrait sûrement libérer encore
Plus de lits aigus sur les étages, ce qui ne peut que nous aider.

Simplement en se parlant à une même table, c’est incroyable les aberrations
Qu’on découvre.  Le plus intéressant est certainement de découvrir qu’une
Partie de nos coûts dépendent des efforts que doivent faire LES AUTRES pour
Faire en sorte que nous soyons plus efficaces.  Plus facile avec même CMDP et
Même CA.

Faite l’exercice chez vous, il risque d’être intéressant.

Salutations,

--
Claude Rivard, md
Chef du Département de Médecine d'Urgence
Centre de Santé et de Services Sociaux du Vieux-Longueuil et de Lajemmerais
Longueuil, Qc
[EMAIL PROTECTED]

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