Le 6 mai 06, à 21:16, Martin Pham-Dinh a écrit :
Je vous raconte l'histoire...très intéressante et révélatrice sur l'utilité de l'échographie à l'urgence.--
Dame de 28 ans, enceinte de 7 semaine vue à 22:00 vendredi soir pour douleur FID.
EDU: Pas de grossesse intrautérine, pas de liquide libre. BHCG 7,000.
Etant donné l'intensité inhabituelle de la douleur, j'opte pour une observation.
Je revois la patiente à minuit, SV normaux, soulagée par analgésie.
Avant de quitter, je remarque que la patiente est au lit 13, dans le fond de la salle d'urgence, petit coin obscur et sans surveillance de notre urgence désuette. Je décide de revoir la patiente qui est bien mais j'opte pour une approche prudente: SV Q2H et je dis à la patiente qu'on va peut-être la réveiller souvent mais c'est pour mieux la surveiller.
15 minutes plus tard, l'infirmière revient me voir. Elle va bien mais TA 80/50 avec pouls normal. Bof, peut-être effet 2aire de sa morphine? Néanmoins, bolus 500 ml salin et je demande qu'on ressorte notre grosse bertha (la machine d'écho dinosaure que nous avons et qui pèse 3 tonne).
Je revois la patiente qui me dit qu'elle ressent une chaleur à l'épaule Dr... Les pupilles de mon infirmière (d'expérience) se dilatent en me regardant en entendant ceci et je commence à avoir chaud, surtout j'ai hâte de voir ce qui va y avoir à l'écho: plein de liquide libre +++. Maudit, la patiente vient de rupturer sous mes yeux! Transfert réanimation, bolus 1000ml, 4 culots en réserve et le gynéco qui se fait un plaisir de venir opérer la patiente qui est partie pour la salle d'opération moins de 60 minutes après sa rupture....
Vive l'échographie! Je n'imagine pas comment j'aurais eu plus chaud sans échographie... à essayer de convaincre un gynecologue de venir une patiente sans échographie et/ou à essayer de convaincre un radiologiste de venir faire une échographie en pleine nuit.
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Georges Moret
