Je vous raconte l'histoire...très intéressante et révélatrice sur l'utilité de l'échographie à l'urgence.
Dame de 28 ans,
enceinte de 7 semaine vue à 22:00 vendredi soir pour douleur FID.
EDU: Pas de
grossesse intrautérine, pas de liquide libre. BHCG
7,000.
Etant donné
l'intensité inhabituelle de la douleur, j'opte pour une
observation.
Je revois la
patiente à minuit, SV normaux, soulagée par analgésie.
Avant de quitter, je
remarque que la patiente est au lit 13, dans le fond de la salle d'urgence,
petit coin obscur et sans surveillance de notre urgence désuette. Je
décide de revoir la patiente qui est bien mais j'opte pour une approche
prudente: SV Q2H et je dis à la patiente qu'on va peut-être la réveiller souvent
mais c'est pour mieux la surveiller.
15 minutes plus
tard, l'infirmière revient me voir. Elle va bien mais TA 80/50 avec pouls
normal. Bof, peut-être effet 2aire de sa morphine? Néanmoins, bolus
500 ml salin et je demande qu'on ressorte notre grosse bertha (la machine d'écho
dinosaure que nous avons et qui pèse 3 tonne).
Je revois la
patiente qui me dit qu'elle ressent une chaleur à l'épaule Dr... Les pupilles de
mon infirmière (d'expérience) se dilatent en me regardant en entendant ceci et
je commence à avoir chaud, surtout j'ai hâte de voir ce qui va y avoir à
l'écho: plein de liquide libre +++. Maudit, la patiente vient de rupturer sous
mes yeux! Transfert réanimation, bolus 1000ml, 4 culots en réserve et le
gynéco qui se fait un plaisir de venir opérer la patiente qui est partie pour la
salle d'opération moins de 60 minutes après sa rupture....
Vive
l'échographie! Je n'imagine pas comment j'aurais eu plus chaud sans
échographie... à essayer de convaincre un gynecologue de venir une patiente sans
échographie et/ou à essayer de convaincre un radiologiste de venir faire une
échographie en pleine nuit.
