lien de l'article de La Presse:  
http://cyberpresse.ca/apps/pbcs.dll/article?AID=/20070620/CPMONDE/706200623/-1/CPMONDE&template=printart&print=1

voir texte plus bas:

Je ne peux pas juger du triage au centre hospitalier qui a été fait,  mais pour 
avoir occupé le poste de Préposé aux appels d'urgence à Urgences-santé il y a 
une douzaine d'années,  je peux porter un jugement sur le préposé du 9-1-1.

Premièrement,  il n'est pas expliqué clairement si l'appel a été transféré du 
9-1-1 au système de triage d'appels urgent du SMU.  J'en doute fortement,  car 
la conversation rapportée dans l'article n'est pas celle d'une personne formée 
en fonction du système Clawson.  Une telle interaction négative et agressive 
avec un appelant résulterait en une suspension immédiate,  et un retour en 
formation.

Il reste donc l'explication que le préposé du 9-1-1 a outrepassé sa compétence, 
 et aurait dû tout simplement basculer l'appel aux préposé du SMU,  qui ont la 
formation pour traiter ce type d'appel.  J'ai déjà traité un appel dans les 
mêmes conditions en provenance d'un grand hôpital de Montréal,  i.e.  un 
patient avec problèmes de comportement qui appelait le 9-1-1 à partir d'une 
cabine téléphonique,  de l'intérieur du CH,  avec menaces de suicide.  Je n'ai 
pas eu le choix de faire affecter une équipe de paramédics,  avec explications, 
 pendant que  mon chef d'équipe tentait de communiquer avec le personnel de 
l'hôpital,  car l'afficheur du Bell ne  pouvait localiser de quel appareil 
provenait l'appel !  Et c'était effectivement un patient du CH !

Plus récemment,  à titre de paramédic,  j'ai été affecté en face d'une urgence 
de CH de Montréal,  pour un patient en attente de voir un médecin,  et qui 
voulait qu'on l'amène dans un autre CH,  car il était las d'attendre !  Il a 
donc utilisé son cellulaire -- mobile,  pour les cousins... -- On l'a gentiment 
retourné à l'intérieur...


André Beaulieu
paramédic
Montréal


  ----- Original Message ----- 
  From: Fayez Abboud 
  To: [email protected] 
  Sent: Wednesday, June 20, 2007 7:48 PM
  Subject: URG-L: USA


  Je ne sais pas si vs avez lu cet article ds la Presse ce matin,sur ce qui 
s'est passé,ds la salle d'attente d'une urgence d'un hôpital public à LA,ou une 
mère hispanophone de 3 enfants a carrément creuvé,sous caméra,d'une perforation 
intestinale sans que personne ne lui porte secours...

  Nos pb m'ont paru subitement minimes par rapport à çà!

  J'ai bien dis LA et non pas Sierra Leonne(ou probablement ce ne serai pas 
passer)

  F


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              Le mercredi 20 juin 2007


              États-Unis: Une malade agonise par terre aux urgences

              Nicolas Bérubé

              Los Angeles

              L'appel fait au 911 est arrivé peu avant 2h du matin. 
L'enregistrement n'est pas de la meilleure qualité, mais la conversation est 
claire.

              «Ma femme est par terre en train de mourir et les infirmières 
l'ignorent!» dit un homme, pris de panique.

              Après avoir compris que le couple se trouve dans un hôpital, le 
préposé du 911 lui répond de contacter un docteur ou une infirmière.

              «Je ne peux pas envoyer les ambulanciers pour la chercher. Votre 
femme est déjà à l'hôpital», dit le préposé.

              Au bout d'un moment, l'homme raccroche.

              Huit minutes plus tard, une femme non identifiée appelle au 911.

              «Il y a une femme qui gémit par terre, les infirmières ne font 
rien.»

              «Madame, vous devez contacter la direction de l'hôpital si vous 
avez une plainte. Le 911 est réservé aux appels d'urgence.»

              «Non, vous ne comprenez pas. C'est une urgence.»

              «Non, madame, ce n'est pas une urgence.»

              «Oui, c'est une urgence.»

              «Non, ce n'est pas une urgence.»

              «Que dieu vous condamne pour avoir agi comme vous venez d'agir», 
dit la femme, avant de raccrocher.

              «Non, négatif madame. C'est à vous que ça devrait arriver», lui 
répond le préposé du 911.

              Edith Isabel Rodriguez, 43 ans, est morte 30 minutes plus tard, 
seule, sur le plancher de la salle d'attente du Martin Luther King Jr.-Harbor 
Hospital, à Los Angeles. Elle laisse dans le deuil trois enfants, un mari 
estomaqué, et des millions de concitoyens incrédules, qui se demandent 
aujourd'hui comment pareille absurdité a pu se produire en 2007, en plein coeur 
d'une métropole américaine.

              Edith Isabel Rodriguez a visité l'hôpital plusieurs fois durant 
les jours précédant sa mort, dans la nuit du 9 mai.

              À chaque visite, elle se plaignait de maux de ventre difficiles à 
supporter. Le 8 mai, un médecin a diagnostiqué des pierres aux reins, lui 
prescrivant des antidouleurs et du repos. Elle était rentrée à la maison, mais 
la douleur est devenue si insupportable que Mme Rodriguez est retournée aux 
urgences en pleine nuit. Elle s'est effondrée devant l'entrée de l'hôpital.

              Ce sont des policiers qui l'ont trouvée là. Ils l'ont assise dans 
un fauteuil roulant et l'ont amenée à l'intérieur. Selon le rapport des 
policiers, une infirmière a dit à la patiente: «Vous avez déjà été vue par un 
médecin. Il n'y a rien d'autre que l'on puisse faire pour vous.»

              Dans l'esprit du personnel ce soir-là, Mme Rodriguez était une 
patiente qui se plaint pour rien. Elle est donc restée dans son fauteuil 
roulant, ignorée de tous. Au bout de 15 minutes, elle s'est couchée par terre 
en position foetale, hurlant de douleur, et s'est mise à vomir du sang.

              Une caméra de surveillance a filmé Mme Rodriguez au sol. La vidéo 
montre un concierge en train de passer la serpillière autour d'elle, nettoyant 
le plancher avant de quitter la salle.

              Son conjoint, Jose Prado, est arrivé et l'a vue par terre. Il a 
tenté d'aller chercher une infirmière et d'alerter le 911. Sans succès.

              Edith Isabel Rodriguez est morte quelques minutes plus tard. Une 
autopsie a révélé qu'elle avait succombé à une perforation de l'intestin. Elle 
avait passé 45 minutes par terre sans que personne n'intervienne.



              Enquête du L.A.Times



              Situé dans le quartier Watts, Martin Luther King Jr.-Harbor 
Hospital est surtout fréquenté par des Noirs et les latinos. Les rues du 
secteur ne sont pas sûres, de jour comme de soir. D'innombrables patients 
arrivent avec des blessures de balles, résultats des fusillades entre gangs, 
qui sont monnaie courante dans le secteur.

              La mort de Mme Rodriguez a péniblement rappelé aux résidants de 
Los Angeles à quel point leur ville est divisée par des frontières raciales et 
socio-économiques. Un tel drame n'aurait pu se produire dans un quartier habité 
par des riches, ou par des gens de la classe moyenne.

              «Je suis estomaqué, a dit le superviseur du comté, Zev 
Yaroslavsky, en conférence de presse. La vidéo montre que personne n'a fait son 
travail correctement. Cette femme était vraisemblablement en douleur. Pourquoi 
personne n'a rien fait? C'est scandaleux.»

              C'est une enquête du Los Angeles Times qui a permis de rendre 
publics les détails de l'histoire et les bandes sonores du 911 la semaine 
dernière. Depuis, l'infirmière responsable du triage qui était de garde ce 
soir-là a donné sa démission. Le directeur de l'établissement a été «réassigné 
à d'autres tâches», selon un communiqué émis par l'hôpital.

              Le frère de la victime, Eddie Sanchez, est encore sous le choc. 
«C'est incroyable de faire ça à quelqu'un. C'est inhumain» a-t-il dit à La 
Presse.

              M. Sanchez s'est rendu devant le Martin Luther King Jr.-Harbor 
Hospital lundi pour donner des entrevues aux médias. Selon lui, le centre 
hospitalier a perdu toute crédibilité dans cette affaire. «Ils ont traité ma 
soeur comme une moins que rien. On ne laisse pas les gens se tordre de douleur 
par terre comme ça. Il va falloir qu'il y ait des changements dans cet hôpital.»

              Pour Najee Ali, organisateur communautaire dans le quartier 
Watts, l'hôpital devrait être fermé temporairement, le temps d'entraîner le 
personnel et de changer d'administration. «Quand on voit un degré 
d'incompétence pareil, c'est la seule chose qui puisse être faite pour regagner 
la confiance des gens.»

              La direction de l'hôpital, qui n'accorde pas d'entrevues aux 
médias, a 30 jours pour faire des changements, sans quoi les fonds fédéraux 
seront suprimés et l'établissement devra fermer ses portes.

              Pour joindre notre journaliste [EMAIL PROTECTED]




             
       

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